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IDEO : Les Domaines Oubliés

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La fin d'une errance

aux portes de limbes
Les contrées d'Ideo : Parcourez les contrées d'Ideo, découvrez et contez ce qu'il se passe aux quatres coins de ces domaines oubliés...

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Thaïs Rwenaln
Balance du Saint-Royaume
Royaume de Keldar

le Mirion 7 Goliarmos du 1561ème cycle à 09h57

*** Mais que foutait-t-il là ?
La Balance du Saint Royaume, ou plutôt la Chancelière, comme beaucoup continuaient de l’appeler, se redressa. Elle avait senti sa présence toute proche, vers l’Ouest. D’un geste de la tête, elle indiqua la direction à son équipage, une dizaine d’hommes d’armes de l’Inquisition, qui se remit en route. Elle qui autrefois se déplaçait uniquement escortée de son garde du corps ne lésinait plus sur sa sécurité, et les cavaliers qui l’accompagnaient de noir vêtus dégageaient une aura menaçante sur tous ceux approchant le convoi.
L’équipée avait quitté Gardebois la veille. Après une courte halte, la troupe traversa Montargent (où l’Inquisition était également des plus actives) à vitesse de petit trot avant de prendre la porte Ouest. Rares étaient les fidèles sur cette route, dont la destination était les Terres du Juste sous occupation kohrienne. Quelques pauvres ères qui partaient chercher du bois dans la forêt proche ; les prochaines lunes allaient encore être froides. De fait, la voirie était délabrée, des nids de poule risquaient de piéger les sabots des chevaux quand la boue menaçait de les faire glisser. Quelques pavés, signes du glorieux passé de cette artère qui allait de Blancastel à Kival, achevaient de donner à cette route sa silhouette irrégulière. Aussi la troupe réduit l’allure.
Il n’était pas loin. Les sens affûtés de la Chancelière le lui disait. Effectivement, il n’avaient pas parcouru une lieue sur le chemin cahoteux que les échos d’un combat leur parvint.
D’un nouveau signe de la tête, la troupe mit pied à terre. Deux hommes se postèrent avec les chevaux tandis que les huit autres et la Chancelière s’enfonçaient dans les bois à pas de loups en direction du chahut. Loups il y avait, mais lorsqu’ils arrivèrent, il n’en restait plus. Dans une petite clairière à l’écart de la route un homme se tenait debout, épée au clair, au milieu d’une meute décimée. Face à lui se tenait une araignée géante, probablement attirée par les éclats du précédent combat. L’homme hésitait. Il aurait pu écraser l’insecte gigantal d’un revers, mais il retenait son geste. Peut-être voyait-il autour de lui ces huit ombres l’entourer comme un étau et se préparait à un combat à l’issue autrement plus hasardeuse, peut-être était-il simplement fatigué de son précédent affrontement.
C’était bien lui. La Chancelière incanta faiblement, et lança deux terribles boules de magie vers l’arachnide, qui surpris par cette attaque ne put les éviter. La tarentule se crispa de douleur alors que son corps se liquéfiait littéralement. Bientôt il ne resta qu’un agglomérat de pattes repliées et contorsionnées et les yeux trop nombreux de l’araignée se couvrirent d’un voile vide et trouble.
Le silence retomba, l’homme n’avait pas bougé. Neuf silhouettes étaient désormais bien visibles autour de lui. L’une d’entre elle s’avança alors, et retirant sa capuche, laissa pleuvoir les flammes de sa chevelure sur ses épaules. ***


Paladin de Tyr, dit-elle, sobrement.
Je vous dérange dans votre chasse ?
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Requiem
Keldarien, Paladin
Royaume de Keldar

le Valkin 9 Goliarmos du 1561ème cycle à 09h17



Ainsi donc elle était de retour. Ce retour que je m'étais promis de repousser à jamais.
Depuis l'annonce du retour de la Chancelère Rwenaln, mes pensées, trop nombreuses pour un esprit qui s'était considérablement névrosé ces derniers temps, se heurtaient à mes promesses.

Oui, mais voilà. Les choses étaient telles que plus rien n'était certain. Pas même la promesse d'un paladin. Le Royaume survivait tant bien que mal, accusant dans la plupart des sphères, qu'elles soient du peuple ou dirigeante, une léthargie généralisée qui lentement réduisait l’espérance de vie d'un Royaume décrépit. Et tout le monde semblait convenir de cette fin annoncée.

Mais elle, elle était de retour. Comme surgie de nulle part, revenue d'entre les morts probablement. Rappelée par Keldar ou par son destin, par les deux peut-être. Bref, elle repointait le bout de son nez et aspirait à ce que rapidement le monde redécouvre son visage. De flammes, de feu, de sang.

Il fait froid dans cette forêt. L'hiver y est sûrement pour quelque chose.
Recroquevillé dans un long manteau marron, j'avançais au gré des rencontres à travers bois. Plusieurs affrontements avaient eu lieu, mêlant les coups de griffes et les morsures de mes adversaires aux coups d'une épée que je voulais de nouveau voir affûtée. Au cas où elle ne viendrait qu'à resservir.
Plusieurs corps gisaient donc sur mon chemin, encore chauds. De toutes créatures, de toutes espèces, grandes, petites, parfois humaines ; personne ne les pleureraient. Elles n'étaient que des cibles d'entraînement, permettant de retrouver le goût du combat. Mais elles semblaient et étaient trop inférieures. Malgré plusieurs mois, plusieurs cycles même sans toucher une lame, les gestes revenaient d'eux même, comme guidés par un sens du combat qui lui, était resté intact.
Et c'était bien le seul. Car depuis des lustres, je m'étais enfermé. Chez moi déjà, mais aussi dans des livres et parfois dans l'alcool. Tout ce qui me permettait de débrancher mon cerveau, échappatoires souvent empoisonnés, étaient bons et je m'en servais et resservais avec beaucoup d'appétit..


Mais elle, elle était de retour. Et il fallait l'être aussi. Personne ne m'avait dicté quoi que ce soit. Mais naturellement, cela devait être. Et la première phase de ce retour était l'entraînement. Revenir à une condition physique digne des éperons de mon armure. Et il y avait du boulot.


Face à l'araignée, autre adversaire inférieur, je décidais de combattre autrement. La pauvre bête n'avait aucune chance si je m’efforçais de garder la même attitude au combat. Je ne connaissais que trop bien ses points faibles et savais quand et comment la frapper mortellement. Le jeu n'en valait pas la chandelle.


Il fallait changer. Et tout en gardant l'épée en main, je fermais les yeux.
Lorsque ce sens nous quitte, l'esprit prend le relais et le corps chercher à corriger cette inattention de tout instant. L’araignée, elle, attendrait tout faux pas toute ouverture, toute mauvaise garde,pour attaquer. Le combat s'exprimerait alors sous une autre forme, et je réapprendrais le danger, l'instinct primaire du survivant.

Yeux fermement clos, je relâchais mes épaules et tentais de retrouver une respiration plus lente, plus posée et donc moins bruyante. Je forçais mes sens à se mettre en éveil. L'ouï déjà, qui me permettrait de juger la position de mon adversaire. Sa direction et la distance qui nous séparerait. L'odorat ensuite, qui...

Mais pas le temps de finir de disserter : deux boules de magie traversèrent bois et vinrent anéantir mon adversaire.


Je tournais la tête et ouvris les yeux en direction de l'auteur de cette attaque.
Une crinière hurlante comme un brasier se découvrait ici, en ces bois humides et froids, loin de Gardebois, loin de Montargent. Pour ainsi dire loin de tout.
A ces questions, je répondais par l'ironie, tâchant de ne pas faire apparaître ma surprise de la revoir :


La pauvre araignée semble bien plus dérangée que moi, désormais.

Mais comment m'avait-elle repéré ? Si loin de tout ?

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Thaïs Rwenaln
Balance du Saint-Royaume
Royaume de Keldar

le Solior 10 Goliarmos du 1561ème cycle à 19h29

*** S’approchant de l’ancien Hiérarque, la Chancelière put contempler de plus près celui qui avait compté pendant longtemps parmi les grands de ce Royaume.

Il avait changé. C’était une évidence, cinq années les séparaient de leur dernière rencontre. Cinq longues années pour Requiem, qui avait subi les assauts du temps comme la caresse du vent sur une falaise, qui, rafale après rafale taillait la pierre grain de sable après grain de sable, arrachant à la matière solide ses aspérités, pour ne laisser qu’un paysage lisse et friable sur lequel le courant d’air puisse glisser sans rencontrer de résistance, un monument inerte, témoin de cette muraille passée qui barrait les orages, et aujourd’hui n’arrivait même plus à endiguer le crachin quotidien qui lui glissait sur la peau avec indifférence, creusant quelques rides au passage.
Le gamin d’hier n’était plus. Restait un jeune homme dans la force de l’âge et pourtant déjà fatigué. Son grand manteau brun dans lequel il flottait semblait porter sa silhouette. La Chancelière se fit la réflexion que le Paladin était à l’image de ce Royaume, portant une tâche plus lourde que lui qui avait fini par écraser son enthousiasme juvénil.

Deux paires d’yeux s’affrontaient dans un combat presque inégal. Les uns soulignés par des cernes couleur suie rougeoyaient de fatigue, ceux de la Chancelière brûlaient du feu de la renaissance, prêts à foudroyer l’importun qui avait osé la réveiller de son sommeil éternel, les sourcils froncés comme pour souligner cette fureur dont même la mort n’avait réussi à la déposséder. La Chancelière n’avait pas changé physiquement, elle arborait le même masque de sévérité qu’autrefois. Mais pourtant, cette façade n’avait l’épaisseur que d’une feuille de papier, cachant le vide d’une mort aussi inattendue que traumatisante pour Thaïs. Son retour à la vie amenait encore plus de questions que sa défaite qui l’en avait arrachée.

Cinq années qui pour la Chancelière n’étaient qu’un battement de paupière. Elle, que les limbes avaient protégée du vieillissement. Elle, qui avait été l’aînée du Hiérarques devait avoir le même âge désormais. Celle qui avait contrôlé les ficelles du Royaume se retrouvait tel un pantin désarticulé ballotée dans des jeux de pouvoirs qu’elle ne comprenait pas. Elle se retrouvait dans un monde qui n’était plus le sien, et où le temps avait soufflé tout ce qui lui était connu. Dès son retour, elle s’était efforcée de rassembler les lambeaux de son passé éparpillés. L’Inquisition, son titre de Chancelière, le Hiérarque, étaient les pièces maîtresses de son échiquier, mais elle ne reconnaissait ni les règles, ni le plateau, ni même les pièces. Ses sentiments envers Requiem avaient toujours été contrastés. La déférence y tutoyait la provocation, la confidence cajolait la défiance, l’admiration forniquait avec le mépris. Cinq ans après, l’homme qui se tenait devant-elle, Thaïs le regardait avec neutralité. Les choses étaient telles que plus rien n’était certain. ***


Je vous ai cherché, Paladin. Votre nom évoque désormais celui d’un ermite décrépit emmuré vivant.
Je vous ai cherché dans Gardebois, mais l’annonce de mon retour a dû vous parvenir, vous veniez de quitter votre taudis, votre thé était encore tiède.
Que fuyez-vous ?


*** Le Royaume ? L’Ordre ? Vos responsabilités ? Votre passé ? Votre présent ? Votre futur ?
L’interrogation était réelle, et la Chancelière semblait avoir abattu son masque de fer qui creusait jusqu’ici une distance avec son ancien complice du Conclave.
***
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Requiem
Keldarien, Paladin
Royaume de Keldar

le Malina 26 Joriamel du 1561ème cycle à 19h34




Mes yeux ne pouvaient quitter le sol. Me sentant comme un enfant sermonné par un parent, je l'écoutais religieusement, honteux et mal à l'aise, sans jamais oser relever la tête sous peine de croiser le regard de l'adulte autoritaire.
Je contemplais le sol. Les mots de la chancelière battaient comme un vent de tempête, faisant envoler toutes les illusions dont je pouvais encore me bercer. Mais derrière le mensonge qui bâtissait ces dernières années et dont je m'étais persuadé, la réalité refaisait surface. Inattendue, violente. Elle me rappelait qui j'étais actuellement. Clochard déchu.

Le regard fixé au sol boisé, le sermon m'avait semblé durer une éternité. Je contemplais le sol, inlassablement. Encore aujourd'hui, je saurais décrire précisément les brindilles et feuilles qui s'imbriquaient, se recouvraient, qui matelassaient le sol de cette forêt, cette fraîche journée là. Et pourtant, je suis encore incapable de comprendre comment j'avais meublé mes 5 dernières années. Cruel paradoxe d'un rare instant de quelques secondes, plein, face à cinq années de vide.

Mes muscles étaient crispés d'un agacement que je ne savais contrôler. Mes lèvres, lorsque Thais eut fini, se froissèrent pour laisser sortir quelques mots emmenés d'une voix plus souterraine que caverneuse.


La rumeur.

Les muscles de mon cou se délièrent pour me laisser tourner la tête de quelques degrés. Menton doucement relevé, mes yeux grisés glissèrent sur le corps de la chancelière, de haut en bas, et s'arrêtèrent sur son cou d'où déjà flottaient quelques mèches rouquinâtres.

Était-ce seulement elle ? Que cherchait-elle alors ?
Que justifiait ce retour ?

Mes yeux continuèrent leur ascension sans que je ne puisse rien contrôler. Et son visage. Toujours aussi dur et coloré. La chancelière était face à moi, revenue d'entre les morts.


Mais j'ai trouvé celle que je cherchais.

Le regard cerné par la fatigue et les joues creusées par la malnutrition, j'observais médusé ce visage qui avait manqué ces cinq derniers cycles. Au Royaume, et à moi.

Enfin...

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Thaïs Rwenaln
Balance du Saint-Royaume
Royaume de Keldar

le Solior 30 Joriamel du 1561ème cycle à 18h43

Mais c'est pas vrai, il est ivre ?

C'était véritablement ce que lui évoquait l'ancien Hiérarque du Royaume. Il semblait flou, ses propos, sa silhouette ... son aura même semblait s'étioler.

Sire de Tyr, Je me demande véritablement qui de vous ou de moi revient de l'au-delà... Il me semble à vous voir qu'il s'est passé bien plus de temps qu'en réalité A moins que ces années n'aient été plus agressives à votre égard.


Un semblant de tendresse ou de pitié traversa les yeux de la Chancelière. A quoi s'était-elle attendu en partant à la recherche d'un fuyard ?

J'ai peur que vous n'ayez tous vos esprits, et cela m'ennuie terriblement. Je n'aimerais pas avoir fait ce voyage en vain, aussi j'espère que vous pourrez m'apportez les réponses que je suis venues chercher ...

Mais les questions de Thaïs se résumaient en une grosse interrogation, qui s’étendait sur elle comme une nappe brune, sans qu'elle ne sache par quel bout la prendre.

Je suis depuis mon retour, pleinement tournée vers l'avenir. Le mien, celui du Royaume. Ce présent ne m'intéresse pas. Je ne le connais pas et n'aspire pas à le connaitre. Il pourra me suivre, mais je n'entends pas l'attendre. S'il s'oppose à moi, je l'écraserai. Viendra ainsi un moment où il n'existera plus, et vous verrez que personne ne se souviendra de ces cinq cycles, effacés de la mémoire collective.

Un pont entre le passé et le futur, tel était son projet.

Mais avant de me consacrer pleinement à cet avenir, il me reste quelques détails à éclaircir ...
Que s'est-il passé cher Hierarque ?
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Requiem
Keldarien, Paladin
Royaume de Keldar

le Dolink 1 Fagilias du 1561ème cycle à 18h12


Ma main droite tremblait, comme perturbée par la présence de celle que j'avais cru morte il y a si longtemps. Et pourtant, elle n'avait pas changé. Ni physiquement, ni moralement. Son caractère de fer résonnait dans chacun des mots qu'elle prononçait, comme si elle a accentuait leur sens.

Celui que vous cherchez est bien face à vous, Chancelière.

Je posais ma main tremblante sur le pommeau de mon épée qui se découvrait dans ce long manteau crasseux qui me recouvrait. La blancheur scintillante du métal rappelait l'appartenance de son porteur à l'Ordre Paladin.

Habité par le conviction que j'assistais un tournant dans ma vie et dans celle du Royaume, je redressais le buste. Mes respirations chaotiques s'apaisèrent pour trouver un souffle lent et continu. Mes yeux, hagards, perdus dans l'immensité de la forêt, se posèrent alors sur mon interlocutrice. Regard dur, fier. Un regard qui n'avait pas servi depuis tellement longtemps.


Nous pourrions prendre le temps de discuter en chemin, si vous le voulez.
Ce Royaume ne va pas bien, et j'en connais les causes. Nous n'avons pas une minute à perdre.


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Thaïs Rwenaln
Balance du Saint-Royaume
Royaume de Keldar

le Lüdik 2 Fagilias du 1561ème cycle à 22h54

En chemin ? Mais vers où ?
La Chancelière peinait de plus en plus à trouver de la cohérence dans le discours du Paladin, son discours était aussi décousu que les habits. Les huit gardes qui accompagnaient Thaïs se lançaient quelques regards, l'air d'hésiter. Et si elle perdait son temps avec un fou ? Tout ce temps inutile ... Elle faillit abandonner.
Croisant le regard de Requiem, Thaïs y décela néanmoins une lueur qui lui inspira confiance. Pas grand chose, simplement la sensation que l'esprit facétieux et sibyllin de l'ancien Hiérarque n'était pas mort, et qu'il préférait certainement s'entourer d'énigme que se livrer au jeu cru et sans ambages de Thaïs.

Soit, je vous suis.

C'était tant un renoncement à sa posture dominatrice qu'une main tendue. Un geste plein d'ambivalence pour la Chancelière qui concédait à une inversion des rôles. Car elle devenait captive des intentions de Requiem désormais. Elle se tourna vers l'un des gardes :

Brewillion, rentrez à Montargent à pieds, le Paladin prendra votre destrier. Le reste avec moi. Si nous sommes pressés autant partir sur le champ.

Ne vous faites pas de soucis pour Brewillion, la ville ne devait guère être à plus de dix lieux de marche. Par contre, le reste de la troupe ignorait toujours la destination.

Vers où allons nous, Hierarque ?
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Requiem
Keldarien, Paladin
Royaume de Keldar

le Valkin 6 Fagilias du 1561ème cycle à 19h12


...

Mutin pendant quelques secondes, mon visage pâle contrastait avec celui de la chancelière, vif, intense et brûlant. Elle avait retrouvé cette flamme que j'avais perdu depuis un moment, sans savoir si elle allait pouvoir se rallumer un jour.
Car face à : "
Vers où allons-nous, Hierarque ? ", jamais mon esprit n'avait semblé si vide d'idée. Jadis premier décideur du Royaume, aujourd'hui incapable de me projeter plus loin que demain.

Ces derniers cycles étaient enfers. L'enfer de passer de la lumière à l'ombre, presque du jour au lendemain. L'enfer de ne plus reconnaître le Royaume qui dans ses décisions profanait les fondements du passé. L'enfer de ne plus se reconnaître dans ce qui était entrepris. Et même ne plus me reconnaître dans ce que j'entreprenais.
Depuis le feuilleton Supras et la nomination de cet ancien Kohrien au titre de Paladin ; décision contre laquelle je m'étais insurgé et avais perdu mes galons de Hiérarque ; la descente aux enfers avait été rapide et douloureuse.

Reclus dans mon manoir de Gardebois, ayant perdu jusqu'à mon titre le plus cher de Seigneur des Landes, j'observais en spectateur impuissant mon Royaume qui s'effondrait. Lentement, bouffé de l'intérieur par quelques opportunistes qui avaient su gravir les échelons du Royaume sans mal.

Jusqu'à cet épisode Gaharro, pauvre orphelin d'à peine dix cycles que l'Inquisition voulait brûler pour seul crime d'avoir tenté de se défendre. Je ne m'y reconnaissais plus...

Au delà des noms et des visages que j'avais appris à détester, chaque soir en lisant les nouvelles du Livre de Keldar, l'un revenait sans cesse. Et pourtant, il n'y avait pas de trace, pas ou peu d'intervention. Mais elle régnait en secret.
Arrivée de nulle part, remplaçante fantôme d'un Rédemption déjà bien absent, dirigeant dans l'ombre et au gré de décisions inconnues un peuple mourant qui ne savait pas quoi et contre qui protester. Invisible mais toxique, la reine autoproclamée se faisait adouber reine sans que personne ne cherche à en redire. Véritable avatar de Keldar ou sorcière ayant pour seule mission de faire pourrir le Royaume de l'intérieur ? Le doute était permis.


L'ïle des Roys.

Sur place, nous saurions la trouver.
Probablement entourée d'une horde de protecteurs tous plus puissants les uns que les autres qui ne nous laisseraient pas l'approcher. Mais qu'importe, il fallait savoir. Qui est véritablement Clotide de Douarse ?


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Thaïs Rwenaln
Balance du Saint-Royaume
Royaume de Keldar

le Lüdik 10 Tilomias du 1561ème cycle à 19h17

*** Et ils partirent, d'un coin les plus reculés du Royaume vers son centre névralgique, comme s'il eut fallu descendre au plus profond de la terre pour trouver le chemin vers les cieux, au plus près des enfers pour toucher la Sainte Vérité.

C'était en quelque sorte la voie qu'ils devaient emprunter tous les deux pour exorciser leur passé, pour l'un sa piteuse déchéance, pour l'autre sa tragique disparition. C'était le chemin de retour vers leur gloire. Pourtant une ombre grave planait sur leur triomphe à venir.

Thaïs n'était guère surprise par cette destination. Eut-elle à choisir, elle aurait certainement fait le même choix. Les raisons des difficultés rencontrées par le Royaume n'étaient pas à aller chercher au delà des frontières. Elles étaient là, toutes proches, dans ce lien supposé unir tous les keldariens, qui lâche, pendouillait mollement avec l'élégance d'un boyau de porc, à défaut de prendre au tripes chaque fidèle. Un lien qu'il fallait renouer, tisser solidement, si on voulait que ce Royaume cesse de se briser à la moindre péripétie ; et ce n'était pas en forçant à l'extrême sur ce fil déjà distendu, en éparpillant les fidèles vers Kohr, vers les marais, ou que sais-je, qu'il pourrait devenir plus solide et plus fort.

Chemin faisant donc, la Chancelière partageait ces considérations avec son compagnon de chevauchée. Elle ne craignait pas de parler à voix haute, et peut-être pour une fois parlait-elle de manière très ouverte et sincère de son ressenti sur les maux du Royaume. Du moins en donnait-elle l'impression. Les propos qu'elle tenait étaient toujours clairsemés d'ésotérisme et les grands silences qui les suivaient laissaient libre court aux extrapolations.

Tous deux, ils devisèrent. Chemin faisant, ils passèrent Montargent, Gardebois, avant de foncer vers l'Est. Ils ne s'arrêtaient que peu, s'offrant seulement quelques heures de répit. Lorsqu'enfin Waldemen apparut à l'horizon, ils consentirent à baisser l'allure. Plutôt que s'y arrêter, ils campèrent aux abords, souhaitant sans doute rester discrets. Ils n'avaient rien à y faire de particulier. Il n'y avait d'ailleurs jamais rien à faire à Waldemen, si bien que ses habitants passaient leur temps à colporter les commérages, choses qui ne sauraient profiter à nos protagonistes.

Des commérages, ils y en avait nombre sur cette complicité insolite. S'il était de notoriété que la Chancelière et le Hiérarque partageaient des vues radicalement différentes, l'un comme l'autre rêvait de grandeur pour ce Royaume, et ils chérissaient cette même ambition comme un enfant né d'une liaison illégitime, si bien qu'à la mort de la Chancelière, certains supposèrent que le Hiérarque avait commandité l'assassinat, quand d'autres juraient qu'il était ivre de chagrin. La vérité était loin de ces extrêmes. Elle avait le goût acre et ingrat d'un gâchis qu'ils tentaient aujourd'hui de réparer.

Le lendemain, ils furent en vue du guet, menant à l'Île des Roys. Thaïs se tourna alors vers Requiem.
***

- Et maintenant ?

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