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IDEO : Les Domaines Oubliés

107 Joueurs sur Ideo (4344 inscrits) : 57 humains (2242), 27 elfes (1362), 23 orcs (740) | 4 joueurs connectés | Liste des joueurs | IDEO V3.1.0

Divagations oniriques

Le Monde des Rêves : Les rêves sont un moyen d'échapper à la réalité quotidienne. On peut rencontrer d'autres rêveurs dans le monde des rêves, mais ces rencontres floues, si elles sont parfois enrichissantes n'ont jamais valeur de communication. Pas de diplomatie ni de serments ici car les rêves sont avant tout ... des rêves.

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Alantas
Aspirant diplomate
Empire de Kohr

le Dolink 22 Rastel du 1561ème cycle à 04h29

Mon esprit divague, vaque, graisseux. Les vagues passent, grâce aux dieux, m'estomaquent. Je résiste à l'alcool... Pourtant, il renverse parfois les barrières et prend le contrôle, complet dérèglement. Voyons... Les pigeons piaulent. Les violons s'affolent. Les avons volent... ? Je ne sais plus...

Dormir ou bondir, repos ou sursaut. Le combat de la vie en quelques pintes. Hydromel et cervoise se mêlent. Du désert ne restent que chimères. De Sardân vains verres devins. Coule liqueur, m’écœure.

Reste-t-il encore en Kohr du cor, aux frontières de ce monde tiers ? Naguère, ravages de guerre. En cet âge, guère de rage. L'état de paix, vile utopie, endort l'Empire. Pis, tas de villes empirent, apaisées. La bassesse crue éteinte se drape d'une teinte écrue.

Où donc est la gloire qui prit le blanc castel ? Où sont de l'écarlate légion les étendards ?

Je rêve ? Maudit pendentif !

Alantas Ilverin
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Alantas
Aspirant diplomate
Empire de Kohr

le Malina 1 Dilannel du 1561ème cycle à 03h08

Où suis-je ?

D'une confortable chambre d'auberge dominienne, me voilà dans la brume pestilentielle des marais, asphyxié de relents méphitiques. Dans la vase glissent de méfiantes ombres, au ciel se hisse l'orage, ô désespoir !

Je vole entre les cimes des pins livides, dépeints. Les luxuriantes couleurs du jour ont déserté. Reste une toile obscure, où s'est tapi le mal, qu'éclaire un tapis d'étoiles, nocturne luxure.

Des âmes hésitantes revenues d'ailleurs trébuchent dans la fange de bon gré, malgré la magie dérangeante qui leur a pour jamais le repos arraché.

Dans la foule des morts, de jais encadré, un visage familier, harmonieux, s'impose. Qu'est-il arrivé, par tous les sages ? Ne mérité-je pas mieux que ce maudit présage ? Qu'on me laisse une pause, au milieu de la houle... Faut-il abandonner, embrasser la faucheuse ? Ce dernier sacrement, vrai don d'éternité, y plonger paraît doux, ultime volupté. Que vaut la déshérence, le cadeau des vivants, quand toute leur essence aspire au néant ?

Il faut que je m'éveille, j'ai déjà rêvé trop. Adieu, cher sommeil, demain me lève tôt.

Alantas Ilverin
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Alantas
Aspirant diplomate
Empire de Kohr

le Lüdik 26 Filandor du 1561ème cycle à 20h52

Petite fleur éclose, clos les flots du malheur. Bourgeon printanier, tocsin du renouveau, croît et perpétue ton règne millénaire sur les horizons de la terre. L'ennemi saisonnier est vaincu, son manteau d'ivoire, de vie maculé, rampe devant ta gloire. Fragile pousse, tige frémissante aux nervures blessées, tu annonces du zénith la fièvre, des beaux jours la lumière. Héraut du temps béni des lambins crépuscules, frêle victime de la bise attardée, tu te dresses aux cieux, vaillant affront à l'hiver.

Mais prends garde, adorable, une voûte en cache une autre moins douce. L'une te gorge de délicieux rayons et de clapotis enchanteurs. L'autre, ignorante extrémité d'un fâcheux inattentif, est danger mortel.

Elle approche déjà, enfant planté en terre, harnachée de cuir, l'infâme voûte plantaire. Et toi, miraculeuse infirme, tu naquis sans défense, armée seulement de tes espoirs, couverte déjà de ton linceul de jade.


Qu'est-ce que je fais là ? Je rêve ? Il est temps de se réveiller. J'ai plein de choses à faire et de bains à prendre.

Alantas Ilverin
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Alantas
Kohrien, Ambassadeur Impérial
Empire de Kohr

le Mirion 9 Logalios du 1562ème cycle à 08h31

Où suis-je ?

Dans un autre monde, sur une perle verte, dans un écrin d’indigo pur balayé de traces pastel où des nuages fatigués jettent leurs ombres.

Je rêve…

Je vois une terre plissée, façonnée de raides falaises et de ravines d’où jaillissent de turquoises cascades, sculptée dans la glaise magmatique par un démiurge fou ; terre palétuvier, qui lance en grondant ses noires racines vers les abysses, navire de jade ancré à l’océan.

Je rêve…

Je nage dans une eau diaphane où miroitent de ravissants rayons, et autour de moi voguent des poissons multicolores entre les coraux. Je respire, et le sable scintille, et chaque geste forme des tourbillons de poussière dorée.

Je rêve…

Je marche sur le flanc de montagnes élevées en remparts autour de trésors fleuris. Il fait chaud, humide, bon. Et dans ces cirques prévus pour de bien trop grands fauves, je me sens petit.

Je rêve…

Il y a une fête, sur le sable au bord de l’eau, et tous les humains de l’endroit sont descendus pour célébrer. Je ne sais pas ce que je fais au milieu d’eux, mais ils sont là, ils sont heureux, ils rient, chantent et dansent, s’embrassent. Ils sont venus de près, de loin, d’ici et d’ailleurs, pour quoi au juste ? Peu importe. Ils sont là et m’entourent. Et dans le tiède soir iodé, les échos de joyeuses musiques résonnent à l’unisson du clapotis des vagues. On boit, on discute, on s’emporte, on se réconcilie, on oublie hier et demain. Au firmament brillent des lucioles. Et puis c’est le moment… On se prend dans les bras, on démarre des feux qui éclatent en l’air, on se souhaite plein de choses, on s’aime, juste un peu trop, le temps d’un instant. Et je regarde vers le ciel, où flottent langoureusement des dizaines de lanternes magiques. Et je pleure… Parce qu’avec tout ça, ils n’ont pas assez... Parce que c’est trop, et ça ne suffit pas… Parce qu’ils allument encore d’autres étoiles… Parce qu’un infinitésimal instant, je ressens l’insoutenable beauté du monde.

Celle que je trouverai en me réveillant, derrière des paupières closes.

Alantas Ilverin

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