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136 Joueurs sur Ideo (4412 inscrits) : 74 humains (2280), 35 elfes (1384), 27 orcs (748) | 12 joueurs connectés | Liste des joueurs | IDEO V3.1.0

La mort, le néant et l’éternel.

Les contrées d'Ideo : Parcourez les contrées d'Ideo, découvrez et contez ce qu'il se passe aux quatres coins de ces domaines oubliés...

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Tébaldeo Lyriel
Kohrien
Empire de Kohr

le Lüdik 15 Calinior du 1550ème cycle à 20h21

Oraison

Je rêvais parfois d’une immense étendue baignée de soleil, horizon d’un camp d’été sans limites, juste le bleu et l’ambre qui se touchent, presque violement. Un peu plus loin, apparaîssant doucement, une robe blanche.

Le rêve était silencieux, et le sourire que je voyais alors me faisait presque pleurer. Un rêve de soleil, où ce visage pouvait me regarder sans détour, pleine lumière du sentiment, sans mystères, sans se cacher, sans masque. Rêve impossible en un mot, rêve d’être l’unique attention de l’être qu’on aime.

Je ne sais pourquoi ce rêve me revient maintenant, la boue et la fange étant pour mon regard les seuls éléments de ma réalité. Qui était cette personne ? Je ne m’en rappelle plus. Je la reconnaitrais sûrement si je la pouvais voir.

Mais mes yeux parcourent cette lande désolée et obscure, et seule la brume épaisse autour. L’immensité est close, la plénitude est enfermée dans cette étrange vision d’un paysage où tout semble corrompu et éteint.

Un étrange malaise étreint la poitrine, une sorte de suffocation. On voudrait respirer, mais on ne peut plus, on ne sait plus comment faire. L’angoisse va grandissante. On sent son cœur battre, on aimerait bien qu’il batte ainsi toujours, mais on ne sait pourquoi, ça n’est plus possible. La panique croit, on voudrait fuit, on ne comprend pas, on sent qu’il est trop tard. Trop tard pour quoi ? On sent l’infini du vide se refermer tout autour, on voudrait hurler…

Ne plus penser, ne plus penser, ne plus penser…

Tout autour, la pénombre qui enveloppe. Pas la nuit, pas le noir, mais quelque chose de beaucoup plus profond, quelque chose de bien moins réel. Ce n’est, justement pas, quelque chose.

On continue.
Est-ce vous ou moi ?
Si je parle et que vous écoutez, c’est que, quelque part, nous sommes ensemble. J’espère que nous le sommes. Je ne sais pourquoi, mais je l’espère.

Il y a quelque chose, là-bas, qui semble plus clair. C’est une main. Incrédule, j’approche du corps, car c’en est un. C’est un jeune homme, allongé dans la vase du marais, sur le côté. Dans la boue sombre, son visage très pâle contraste, et sa main, la même main qui nous a attirés, repose à côté de sa lèvre, comme s’il dormait.

La peau est maculée de cette eau noirâtre du marais, qui s’est mêlée à du sang séché. Il y a dans cette palette une sorte d’harmonie insidieuse. Le pâle délavé du visage, le liquide noir qui souille la toile, le rouge profond et friable. La forme se dissout dans ces teintes évanescentes et cassantes.

On ne sait comment, mais au malaise se mêle une sorte de tendresse, une sorte de pointe douloureuse dans la poitrine, pleine de compassion et de désespoir. Ce visage d’enfant, cette posture simple, cette joue livide. Il y a comme une absurde interrogation feutrée dans ce visage qui me fait face.

Je le connais.

Je connais ce menton, je connais ces cheveux sombres, je connais ce cadavre. Ce cadavre, c’est moi.

Je ferme les yeux, mais il est trop tard, la vision m’a pénétré jusqu’au plus profond de mon être. Je serai mort, un jour, semblable à ce cadavre, je serai ce corps qui va pourrir et disparaître. Je suis déjà ce visage exangue, je suis déjà voué au néant.

Je ne veux pas.
Je ne veux pas.

Je ne veux pas mourir.

S’il vous plaît, aidez moi. S’il vous plaît, écoutez moi. Je ne veux pas mourir. Je ne veux pas disparaître. Il n’y a rien de noble ni de beau dans ce cri. Je ne veux pas, j’ai peur et je sens l’infini du vide se refermer déjà sur moi. Comment faire ? Comment ?

Ne me laissez pas. J’ai fermé les yeux, mais l’image reste en moi, la conscience fait son office, et déjà l’innocence est perdue. Déjà la mort s’est emparée de moi, déjà je me sais condamné, comme nous tous.

N’y a-t-il personne, autour de moi ? Ne vous rendez-vous pas compte de ce qui nous attend ?

Je regarde mes mains, et déjà, je disparais. La vie n’est plus là, je ne suis qu’un reflet, un souvenir peut-être. Je ne suis déjà plus qu’une pensée, vestige peut-être de ce corps mort. Je vis certainement mes derniers instants. Je vais disparaître. La consience qui était ma personnalité s’achève, et le néant est partout, invincible et atroce.

Je ne vais pas mourir comme vous mourrez un jour, je meurs, je suis déjà mort, je suis déjà du passé, englouti dans le temps, renvoyé au néant. L’éternité me fait face, je vais me dissoudre et de « je » il n’y aura plus trace. Il n’y aura plus que l’éternité, et les siècles et les siècles à venir que je ne verrai pas.

Tous ces siècles que je ne verrai pas. C’est impossible.

Dieu ! Déesse ! Quelqu’un ! Quelque chose !
Retenez moi, s’il vous plaît… Je ne sais pas ce que j’ai fait pour mériter ça. N’étais-je qu’un cœur qui a battu, n’étais-je que cette volute de conscience sans raison ni sans but, déjà évanouie ?

Alors pourquoi tout ça ? Pourquoi la peur ? Pourquoi me laisser seul face au néant ?

Qu’ai-je fait dans ma vie qui me laisse là, seul face au néant de la mort ? Mais pourquoi ?
Ce n’est plus de la peur, ni de l’angoisse, ni de la panique. C’est l’atroce réalité métaphysique, insondable, l’horreur du non-être qui me déchire et me dissout.

Je vais mourir.
Seul.

N’y aura-t-il personne pour me retenir ?
Et ma vie, ma misérable vie… Une fraction de rien dans le néant. Absurde, nulle, fugace, moins peut-être.

Mais qui comprendra ma peur ? La partager ne la fera pas disparaître. Mais… Mais je me rappelle. Je me rappelle…

Mourir n'excuse rien. Et, je vous l'assure, ne résout pas grand chose non plus...
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Tébaldeo Lyriel
Kohrien
Empire de Kohr

le Mirion 17 Calinior du 1550ème cycle à 21h00

Je me rappelle une nuit, une clairière. Je me rappelle la lune au dessus et les flocons glacés. Je me rappelle mon cœur qui battait alors, je me rappelle une émotion qui me dépasse. Je me rappelle…

Oui, il y avait la lune, douce et maternelle, il y avait la nuit, complice. Il y avait… sa vie résumée. Sa vie légitimée. Sa vie retrouvée. Il s’était dit, à ce moment, qu’il saurait, le soir de sa vie venue, ce dont il se rappelerait.

Et là, il se rappelait.

Il avait écrit quelque chose, juste avant de mourir, juste avant de fermer les yeux et de se désagréger dans le néant inifini. Il n’avait pas eu peur, à ce moment là.

Alors pourquoi maintenant ?
Pourquoi la terreur ? Pourquoi la détresse ? Pourquoi, alors que la vie s’en allait et lui avec, pourquoi cette panique atroce de se sentir enfermé dans le vide, de se sentir disparaître à jamais ?

Disparaître. Ne plus exister. Rien. Englouti dans le passé et le vide infini.

Seul.
Seul face au vide. Seul et absurde.

Cette impression de se désagréger. Lentement mais sûrement. Ne pas comprendre, ne pas savoir ce qu’on fait là, à un moment donné, à une époque donnée. Diffuse, la vie qui se perd. On sent l’absence de sensation s’immiscer dans la poitrine, s’engouffrer dans la conscience, et ce vide, ce vide infini, encore une fois, qui décolle la nuque et qui déchire le voile.

Le voile de la réalité, déchiré, et l’infini noir et sans fond partout autour.

On passe sa vie à la manquer. A l’attendre. On traverse sa vie et on tombe dans le rien. Torture de l’éternité, qu’on devrait vouloir et aimer, mais on ne peut pas. Trop faibles, trop humains, trop petits.

La vie, pleine de visages sans noms, de petites passions mesquines, et de gens qui se retrouvent, au moment de mourir, seuls face à l’éternité qui les interroge. Qui peut prétendre avoir fait ou compris ?

J’ai cru avoir compris. Avoir trouvé. Et je suis seul. Dans la mort, je suis seul. On est toujours seuls dans l’éternité, à ne pas voir tous les siècles se dérouler.

J’avais cru. J’étais croyant je crois. J’avais ma foi et mon amour. Ma foi et mon Amour.

Mon Amour… Où es tu à présent ?

Mourir n'excuse rien. Et, je vous l'assure, ne résout pas grand chose non plus...
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Tébaldeo Lyriel
Kohrien
Empire de Kohr

le Joriol 25 Calinior du 1550ème cycle à 22h50

Le pire est (ou était) la médiocrité. On tend à l'idéal, on se bat, chaque jour, pour rendre la vie pus belle et plus intense, on essaye de croire, d'avoir la foi, surtout la foi en l'homme, la foi en la pensée, la gentillesse, la grandeur qui peut naître en tous.

Moqueries.

Ceux que l'on croit aider te crachent dans la main, et te renvoient à ton idéal désincarné, impossible et vain. Tu voudrais voir le bien autour de toi, et tous te renvoient, te lancent au visage leur égoïsme, leur pragmatisme.

On a peur alors, on se demande si tout cela a un sens, si on ne l'a pas seulement rêvé. On doute, on étouffe, on sent la mort proche, et surtout, le sentiement de n'avoir rien fait, rien pu faire, on se demande même si l'on pouvait faire, espérer seulement faire quelque chose.

On sent le néant, pas même grimaçant, pas même effrayant ou douloureux. Juste le vide absolu et silencieux, plus que silencieux, le vide qui avale tout, qui te mange et te digère, et la peur, la peur surtout, l'impression de tomber, d'être si petit face au monde et à sa ridicule mesquinerie.

On voudrait crier, mais on sait que personne n'entendra ou ne se retournera. Suis-je le seul à avoir peur ? Suis-je le seul à subir l'angoisse ?

J'aimerais qu'on me réponde. S'il vous plaît, quelqu'un.

S'il vous plaît.

Je voudrais juste savoir...
Savoir si rien n'a de sens.





Et puis un jour.
Un jour.

Encore ce visage. Je me souviens.
Je revois ce visage. Je sens ce parfum, je sens ce contact. Je sens
quelque chose.

Je sens... Je ressens... Je sens qu'il existe quelque chose comme ce que j'imaginais depuis toujours sans le rencontrer. Je comprends, ou plutôt, je pourrais comprendre, mais incrédule, après toutes ces années, je cligne des yeux.

J'écoute mon coeur qui bat pour la première fois comme il aurait toujours dû battre. Je sens quelque chose en moi qui s'éveille ou se réveille. Le temps disparaît, se retourne sur lui même, et l'absolu semble être soudain quelque chose. Quelque chose.

Je sens en moi un écho, une résonance. Il y a, elle est.

Elle est.

J'étais sauvé.
A ce moment, oui, j'étais sauvé.

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Tébaldeo Lyriel
Kohrien
Empire de Kohr

le Valkin 26 Calinior du 1550ème cycle à 21h35

J'ai cru, en mourant, ne pas avoir de regrets. Mourir sans regrets, la chose la plus belle qui soit, certainement. Pouvoir ce dire : ce soir, je disparais, pour toujours, je disparais, mais je pars le coeur léger. Pouvoir se dire qu'on n'existera plus, mais que précisément, il n'y avait plus à vivre.

Pouvoir se dire, au moment ultime, qu'on a vécu. Qui peut prétendre avoir eu une vie remplie, quand tant de choses ont été manquées, ont été perdues ou détruites ? Je n'ai pas cette force. J'ai peur, je ne peux pas me retourner sur ma vie en disant que voilà, c'était bien, mais qu'il n'y avait rien d'autre à faire ou à dire.

J'ai cru, bien sûr. J'ai cru. D'aucuns disent que dès lors qu'on a goûté au bonheur, plus rien ne compte. Si le bonheur est cette totalité, cette plénitude à laquelle il n'y a rien à rajouter, alors oui, on peut mourir en ayant touché l'absolu.

J'aurais dû mourir comme ça, ayant touché l'absolu, ayant goûté à la plus merveilleuse chose de l'incarnation, ayant connu ce que tellement peu peuvent seulement entrapercevoir.

On parle d'amour. Souvent, tout le temps. en fait, très peu connaissent le sens de ce mot. Mais si je l'ai connu, pourquoi la peur, pourquoi les regrets, pourquoi la mort finalement ? Pourquoi sombrer et hurler de terreur devant le néant ?

Peut-être pour l'avoir vu, sans y avoir eu droit, justement.
Peut-être pour l'avoir effleuré, sans l'avoir étreint.
Peut-être pour avoir aimé, sans avoir eu le droit de dire à tous que j'aimais.

Mais j'aurais voulu, j'aurais voulu... J'aurais voulu tant de choses en fait...

J'aurais mieux aimé, tout d'abord, mieux connaître ces gens qui m'ont touché.

Siocna, étrange et généreux ami d'un soir. Est-il encore possible, de nos jours, de trouver quelqu'un qui donne sans savoir, sans compter, sans dissimuler ?
Oui, l'amitié existe, je l'ai rencontrée.

Gabrielle, discrète et subtile interlocutrice. Jamais rencontrée, jamais connue. Mais si juste, si vraie, si gentille. Peut-on encore de nos jours, discuter vraiment, partager sans imposer, sans vouloir gagner ou dominer ?
Oui, la sagesse existe, je l'ai rencontrée.

Nathanaël, érudit et brillant penseur. Poète et rhéteur, tranchant et pénétrant comme une lame. Que j'aurais aimé m'entretenir avec lui. Peut-on encore, de nos jours, être émerveillé par la verve et le talent ?
Oui, l'intelligence existe, je l'ai rencontrée.

Allan, jeune, franc, plein de vie et d'idéaux. Ambitieux, altruiste, voulant aider par la pensée. Des projets fous et rêveurs, tout ce que j'aime dans cette vie. Peut-on encore de nos jours, croire suffisamment pour ne pas être cynique et espérer encore que l'esprit a encore sa place en ce monde ?
Oui, l'idéal existe, je l'ai rencontré.

Toutes ces parts de moi, toutes ces traces de l'universel, tout ce que j'ai été ou aurait voulu être. Que je regrette de ne pas avoir pu partager ces années que je ne vivrai pas avec vous.

Cléïs... Cléïs surtout. Cléïs mon amour, Cléïs ma vie, mon âme et ma passion. Je ne suis plus qu'un misérable souvenir, et pourtant, tu me manques tellement, tu es si loin de moi maintenant. Je ne pensais pas qu'un fantôme pouvait pleurer, juste avant de disparaître. Il s'en est fallu d'un rien, j'aurais pu être heureux avec toi. J'aurais pu être un homme comblé, et vraiment mourir pour toi, ou avec toi. Tout, si tu avais été là.
Oui, l'amour existe, je l'ai vécu.

Mais tellement de regrets, tellement de tristesse, toute une vie manquée, toute une vie perdue, juste un absurde ratage, comme tant d'autres. Et le néant au bout du chemin, la mort sans réponse, et la peur, la peur toujours, la peur éternelle.

Et toi Flaïy ?
Qu'en penses tu de tout ça ? Que penses tu de moi, moi qui meurs aujourd'hui ? Toi mon double, toi mon frère, toi que je n'ai pas pu sauver.

Flaïy, si tu savais comme je regrette...
Pourras tu un jour m'excuser, me pardonner ? J'aurais tellement voulu réussir à te retenir.

Tu avais besoin de moi, et là encore, j'ai échoué. J'aurais pu t'aider, peut-être. Mais on ne se change pas le destin, n'est-ce pas ? Je meurs ce soir, dans la peur et la solitude, et cette amertume est si grande...

Je meurs seul, loin de celle que j'aime, et je me rends compte que je n'ai jamais su garder près de moi ceux qui ont compté pour moi...

Je suis désolé, Flaïy.
Tellement désolé.

Mourir n'excuse rien. Et, je vous l'assure, ne résout pas grand chose non plus...
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Flaiy D'Ollaz
Acolyte Nécromant
Maîtres Nécromants

le Solior 27 Calinior du 1550ème cycle à 09h02

*** [ RP écrit par le joueur de Flaiy ] ***


De la souffrance.

Un appel.

Un appel à la souffrance.

Je suis encore ici.

Tu ne veux plus jamais souffrir.

Il y a un appel...

Pourquoi y répondre?

un appel au milieu du silence...

Je n'entends que le silence pourtant. Au milieu du néant.

à chaque fois que j'appelais... il n'y avait que l'écho

nous nous souvenons encore
Qu'il y avait quelque chose par-delà le silence.




La carcasse émergeait lentement de la vase. Son sein fendu laissait entrevoir un coeur où des légions de larves et de mouches diverses semblaient s'être logées. A travers la chair calcinée et mutilée on pouvait aisément deviner l'ossature craquelée, parfois incomplète... et à quant à son visage, si c'était un homme, il revenait de loin. Les yeux hallucinés à moitié clos tout comme la bouche aux lèvres tremblantes, s'écartant parfois en de longs sourires et grimaces offrant la vue d'une grande partie de la dentition de l'être, tel un enragé, ne donnait guère une allure gentilhomme à ce triste spectacle bipède.

Plusieurs fois il s'écroula lors de sa progression, disparaissant dans le funeste piège du marais, semblant se noyer.
Puis il se relevait à nouveau, et continuait à déambuler mécaniquement, continuellement.

Sur ce qui restait de sa cape et son plastron, ici un aigle à deux têtes surmontant deux initiales, et là une tête de mort crachant des flammes.

Les hordes damnées observaient cet étrange voyageur, attentive. Certaines fusaient sur lui dans de surnaturelles et stridentes vociférations, le molestaient et le lacéraient furieusement. D'autres le suivaient à distance, formant dès lors un silencieux cortège. Lui marchait encore, comme s'il ne voyait pas ceux qui l'entouraient.
Enfin la boue se fit moins profonde et il gagna un banc de terre. Une plainte, bien que faible, attira pour la première fois son attention, arrêtant son inlassable avancée.
Un jeune garçon cuirassé de la tête aux pieds, portant les couleurs impériales.
La fièvre nacrait sa peau, la peur affolait ses yeux.


"S'il vous plaît... aidez-moi." lâcha-t-il avec peine, fixant d'un air désespéré celui qui menait le cortège.

Ce dernier le considéra un instant, l'oeil froid et la moue crispée en une grimace animale.

"Bienvenue chez ceux qui ne comptent plus leurs jours." répondit-il simplement d'une voix neutre. Et il reprit sa route.

Au loin, un autre corps. Celui-là ne bougeait plus.

L'appréhension.

Le pas du nécromant se fait plus rapide, et son souffle plus rauque. Il se détache avec hâte de sa suite funèbre, et son élan se transforme bientôt en une course maladroite et effrénée.
Arrivé devant le macchabé, il tombe à genoux. Quelques insectes chutent de sa cage thoracique.

La souffrance.
La mém
oire... Ma vie.

*** Un hurlement de douleur brisa pendant quelques moments le silence du marais. ***


Je... je me souviens. Je sais... qui tu es. Je sais.... que tu m'appelais.

*** L'immortel tente de se relever et tibube avant de s'écrouler dans la fange, puis se recroqueville, tremblant. ***


Il y a des images et des musiques... qui envahissent à nouveau mon esprit. Après mon éternité de ténèbres et de silence. Il y a des... ces choses là, qui vous font rire ou vous font pleurer. Je... je ne sais pas... c'est encore pire qu'une naissance. Je suis quelque part entre le chaos et le néant. Et il n'y a plus que la souffrance. Je n'étais plus là... je n'étais même plus... peut-être même m'étais-je presque, enfin, détruit? Ou peut-être même que ce genre de haute sémantique n'avait plus aucun sens là où j'étais...
Mon corps me fait à nouveau mal... et mon âme saigne.
Je ne peux plus. Je ne veux pas, non, je ne veux plus, je ne veux PLUS JAMAIS VIVRE CA!! Je... je dois oublier! je dois à nouveau disparaître, et... mais... il est...

Tébaldeo Lyriel.

***
Et il se tortillait sur le sol depuis un bon moment en pensant cela, cherchant vainement à inspirer, fouettant l'air vicié de ses bras décharnés.
***


Mais qui étais-je?? Qu'est-ce qui a pu m'amener dans un état pareil??! Quelle était cette vie que je crains tant?? Fuyai-je le passé... ou avançai-je vers un horizon, oxymore en soi haha, mais tellement représentatif de ce que je ressens... et je ris? Je peux encore me surprendre? Et je... Je...

*** Il arrêta de se débattre, épuisé. ***


Il n'y a que la paix qui pourrait me faire périr... et ce repos, ce luxe, l'attendrai-je, un jour? Dois-je? Tébaldeo... Que fais-tu là? Tu... je le dis, tu dissipas ma douleur, un temps. Et ce...

Tu es mort. Dois-je constater, certes guère dans l'étonnement, que ce monde des dieux est toujours aussi injuste?

*** Il se releva, chancelant encore avant de reprendre un peu d'aplomb, le regard profondément affligé. Des morts-vivants s'approchaient alors du corps du jeune homme. ***


"Arrière, déjections. Puisque je suis là, je ne laisserai personne souiller le cadavre immaculé de mon plus profond lien."

*** Et sur ces mots il... ***


Ah, que faire, de fait? Comment détruit-on les autres, déjà... Ah oui, c'est cela.

*** Il incanta un maléfice de brasier, qui fit reculer la sombre masse. ***


Il n'y a pourtant rien de plus simple au monde.

*** Un deuxième sortilège, qui rompt définitivement la troupe mortifère.
Précautionneusement, le mage prend la dépouille du jeune idéaliste dans ses bras, et avise une grotte à proximité. ***


Je suis Flaïy D'Ollaz après tout, ou du moins l'étais-je.

Et sur cette fatidique bien qu'un brin teintée de cynisme affirmation, le comte des pendus s'avança à pas mesurés vers l'antre. Au contact de ce corps glacé, en baissant ses yeux sur le visage aux traits détendus de celui qu'il voulait protéger, il sentit alors le saisir une intense réminiscence, où sonnaient de lucides déclarations et où s'affichaient de lointaines images.
Cette fois ce n'était pas de la souffrance. Comme le goût du regret, peut-être.
Lorsqu'il franchit le seuil de la caverne, il interrogea le silence, presque paralysé


"Tu es là?"

Son souffle se brisa en ce qui semblait être un sanglot.
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Tébaldeo Lyriel
Kohrien
Empire de Kohr

le Solior 27 Calinior du 1550ème cycle à 23h34

On voudrait ne plus vivre, mais ne plus vivre est cette peur même. On ne peut pas fuir la vie, car c'est justement ce qu'on craint plus que tout. Alors on continue, péniblement, on fait semblant d'endurer.

La vérité, c'est que tant de souffrance n'est pas supportable. Tant de terreur pour nous autres mortels, c'est bien plus qu'on ne devrait en supporter. Je vois mon cadavre là, et tout d'un coup, je ne sais plus. Entre le néant et le désespoir, y -t-il une horreur préférable à l'autre ?

C'est étrange... Toutes ces pensées. J'ai l'impression de les avoir déjà entendues. Flaïy, tu sais, parfois, je me dis que nos places auraient dûes être changées. Je suis si faible, j'ai honte de moi. Toi, tu es allé au bout de tes peurs et de ton désespoir.

Il y avait de la noblesse dans ce que tu faisais. Moi, je ne suis qu'un pauvre fantôme qui refuse de mourir. Peur et faiblesse. Je ne suis rien. Si tu veux tout savoir, sans elle, sans celle qui est tout pour moi, je ne suis rien, je ne suis plus rien.

Je ne me reconnais plus. Je suis si misérable... Et j'ai si peur. Si peur et si mal. Je crois que si tu étais là... J'aimerais bien que tu sois là.


*** Alors que le comte des pendus déposait le corps sans vie dans la caverne, on pouvait presque distinguer, au dessus du cadavre... rien. Pas encore. ***


Je ne sais pas pourquoi... Pourquoi je m'accroche comme ça. Je ne comprends pas pourquoi ça résiste comme ça.

"Qu'on en finisse !"

*** Léger frémissement de l'air ***


Peut-être que je n'ai pas eu encore assez peur. Peut-être qu'il faut goûter sa terreur jusqu'au bout, sentir l'amer dans sa bouche, sa vie qui s'éteint doucement, se rendre compte que le néant est là, juste derrière, que dans une seconde, ce sera le vide, le vide absolu, et que l'infini noir et opaque sera partout autour.

J'ai peur. J'ai atrocement peur. Je ne sais pas pourquoi je dois souffrir comme ça. J'ai fait quelque chose de mal ? J'ai vécu ? C'est ça le mal ? Flaïy... Je comprends ta souffrance je crois. Est-ce qu'à l'époque, j'aurais pu te tenir le même discours ?

Est-ce que lorsqu'on a tout perdu, lorsqu'on est séparé de sa vie, est-ce qu'on peut encore tendre la main ? J'aurais tellement besoin de quelqu'un qui me comprenne. Quelqu'un à qui je puisse parler sincèrement, au moins une fois, avant de mourir. Juste une fois.


*** Il y a Flaïy, qui regarde le corps, seul dans sa détresse.
Il y a Tébaldeo, qui regarde le corps, seul dans sa détresse.

Ils lèvent finalement les yeux. ***


Quand je regarde devant moi, je peux presque te voir. Je me rappelle bien de toi, de ton visage, de tes yeux surtout. Ta tristesse si profonde, et la souffrance surtout. Est-ce un reflet de moi-même que j'aperçois en cet instant ? Est-ce juste mon imagination ?

J'aimerais tellement que ce dernier rêve soit vrai. J'aimerais tellement que tu ne sois pas un dernier soupir, une dernière vision avant le néant... Si tu étais vraiment là, près de moi. As-tu vu toi aussi ton reflet avant de mourir ? J'aurais dû être là pour toi à ce moment.

Pardonne moi. Pardonne moi de t'imaginer, de ne pas avoir la force de partir seul. Seul sans elle. Mon double blessé. J'aurais dû mourir avec toi. Avant tout ça.


*** Un souffle qui se brise comme un sanglot.

Le mort et l'éternel se regardent. ***

Mourir n'excuse rien. Et, je vous l'assure, ne résout pas grand chose non plus...
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Flaiy D'Ollaz
Acolyte Nécromant
Maîtres Nécromants

le Lüdik 29 Calinior du 1550ème cycle à 12h20

Mourir?

Pourquoi gis-tu ici, ô mon frère? Tu n'étais pas fait pour le trépas... C'était à la laideur et à la sottise qui font ce que ce monde est -un coupe-gorge où le fort ne sait commettre que les yeux fermés et ou le faible attend dans les mêmes atours; de s'estomper devant ta pureté.

A celui qui vit avec les dieux on peut sans crainte le guider sur les voies de la raison... mais pour celui qui sera parmi les hommes, il serait folie de lui inculquer autre chose que le plaisir d'écraser les autres.

Hélas. Comment puis-je dire cela? La cruauté n'est définitivement pas chose à ta mesure; toi tu parvenais encore à garder les yeux ouverts ici-bas par les lumières de la sagesse et de la transcendance.

Quelle fièvre as-pu bien t'amener en ces champs sordides?



*** Le comte massa l'une de ses tempes, soudain arraché à son état contemplatif par une douleur aigue dans le crâne. ***


On dirait que certaines ombres ont senti que j'étais encore là.

*** Puis il prend le poignet de Tébaldeo et serre sa main livide dans ses paumes écorchées. ***


J'aurais voulu être là, Tébaldeo. J'aurais voulu être là quand les morts t'ont entouré, quand ils t'ont fait rendre ton dernier souffle. Pour les empêcher.
J'aurais donné des ordres, les premiers destinés à protéger quelqu'un.
Peut-être que j'aurais du les exterminer, et cela aurait été la première fois que j'aurais tué pour protéger quelqu'un que j'aime.

Cela aurait-il donné un sens à mon ire?
Je l'ignore. Mais je ne peux pas souffrir le fait de te voir étendu là, immobile devant moi.

Et si je te redonnais la vie??!

Mais... pourrais-je seulement infliger semblable noire magie sur un homme aussi vertueux qu'il fut?

Je me sens si faible... Toi tu demeures pur dans la mort, et moi je demeure encore abject et maudit dans l'éternité. Même quand tu me rejoins dans l'absolu, tout nous sépare encore! Comme une malédiction... Peut-être... peut-être aurais-je du, à l'aune du bouleversement qu'a entraîné ma première rencontre avec toi... peut-être aurais-je du te suivre dans les sables de Yesod, au lieu de m'éloigner vers de nouveaux meurtres et conflits. Que serait-il advenu..? Mon désespoir est-il si grand que je me met à tergiverser sur un passé qui n'a jamais eu lieu?

Vers quoi tendions-nous, au final? Nous voilà là où le soleil ne brille plus, et ce monde est toujours aussi sale.

Je me sens totalement aliéné. Et ce n'est pas l'envie de redevenir ce que j'étais qui m'anime... Mais que puis-je devenir en dehors de ce qui m'a façonné, de ma vie?

Je ne suis voué qu'au néant, à présent.

Je n'ai jamais vraiment compris ce qui m'a poussé des toits de Dominia jusqu'aux Marais maudits.
Tout comme je n'ai jamais vraiment compris que je ne faisais que des ronds dans l'eau.

Et que je coulais toujours un peu plus.



Avons-nous enfin atteint le fond de l'abysse?
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Tébaldeo Lyriel
Kohrien
Empire de Kohr

le Dolink 4 Filandor du 1550ème cycle à 19h05

Que faire à présent ?

Il est là, il ne me voit pas. Il est là, celui que je pensais disparu à jamais. Il est là, et je suis mort. Je l'ai appelé, par delà le trépas, il m'a entendu, et il a été présent pour moi. Ai-je le droit de l'abandonner maintenant ?

Qui suis-je pour pleurer sur mon sort ? Qui suis-je, monstre d'égoïsme, pour avoir peur de ce qui nous attend tous ?

Mais pourtant, je ne sais pas, je ne comprends pas... Tous semblent si confiants, si petits dans leurs préocupations stériles. Ils étaient là, à te juger, à avoir peur de toi, ils étaient là à hurler comme des chiens après ce qu'ils ne pouvaient comprendre.

Est-ce qu'après tout, tu ne serais pas celui qui a vraiment compris ce que le mot "Humanité" veut dire ? Tant de laideur, de bassesse... Je leur ressemble. N'y a-t-il aucun moyen d'échapper à ce destin ? N'être qu'un minable, et mourir misérablement ?

L'Humanité n'est qu'une fange innommable, où les artistes sont condamnés à la solitude et la tristesse. Je n'ai plus la foi Flaïy. Je n'y crois plus. A quoi sert d'aider ces gens, tous ces gens, qui ne sont justement, que des "gens"... Qui une fois servis, repus, retournent à leur laideur.

Avons nous atteint le fond de l'abysse ? Y a-t-il seulement un fond à cette vacuité ?

Et si le néant n'était pas simplement cette vie entière ? J'ai peur Flaïy. J'ai peur alors que tu souffres. Je suis à côté de toi, et je ne peux même pas soulager ta peine.

N'est-ce pas un signe ? Dois-je vivre à nouveau, tant que je peux encore ? N'est-il pas trop tôt pour renoncer ? Ce monde, tu l'as vu comme moi. Il n'est presque rien qui puisse être sauvé ici bas. Alors pourquoi ai-je si peur de quitter cette terre ? Pourquoi suis-je si terrifié à l'idée de disparaître ?

Sommes nous tous si faibles qu'il nous faille pleurer chaque jour et gémir sur notre sort, et au soir de notre vie, ne même pas avoir la dignité de partir convenablement.

Je ne sais plus ce que je dis. Ca n'a aucun sens, mes pensées passent et je ne fais rien pour les retenir.


*** Le fantôme s'arrête un instant. Il regarde ce corps étendu, puis le nécromant en train de lui saisir le poignet. ***


C'est étrange, la première fois que nous nous sommes rencontrés, tu avais saisi mon poignet de cette manière. A l'époque, j'étais un jeune homme étrange, j'avais senti des choses... Vu des choses...

Tout comme maintenant, je peux presque sentir tes pensées. Je peux presque voir en toi les choses qui nous unissent et que je comprends sans que tu les formules.

Je suis tellement troublé à présent. Te revoir comme ça, au moment de mourir... alors que je suis déjà mort en fait. Je ne sais plus quoi penser. Je ne sais ce que je vais devenir.


Mais, je me demande...

Si ça avait marché cette fois là, pourquoi pas maintenant ?


*** Le fantôme déplace un bras qui n'en est pas un vers le nécromant. La présence éthérée se déplace insensiblement, et la main du spectre se matérialise presque, alors que la main du mort approche celle du nécromant.

L'âme de Tébaldeo, autant qu'il est concevable d'imagnier une âme avoir un contact avec de la matière, touche la main de Flaïy... ***

Mourir n'excuse rien. Et, je vous l'assure, ne résout pas grand chose non plus...
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Flaiy D'Ollaz
Acolyte Nécromant
Maîtres Nécromants

le Valkin 9 Filandor du 1550ème cycle à 21h53

Un flottement.
Un souffle ou presque une calme respiration sur le dos de sa main traversée de brûlures et de cicatrices.

"Tu es là?"

Des souvenirs qui reviennent tranquillement, comme un cadavre peut remonter doucement à la surface d'une onde paisible.
Les montagnes de Yesod... Iles de neige au milieu du sable.

Gouttes de nacre dans un océan d'ocre.
Cette image, tenace, d'un Flaïy déjà proche de la mort, tout de noir vêtu, et d'un Tébaldeo Lyriel inquiet et curieux, encore proche de l'innocence.
Une main gantée de jais qui serre avec force la main captive de l'idéaliste sur sa poitrine cuirassée.

Mais il y a d'autres images qui défilent. Des marches solitaires au clair de Lune de toit en toit à Dominia, des patrouilles silencieuses dans des villes endormies, des opéras majestueux en compagnie de l'élite de la société, des voyages, des chasses et des guerres.
Peu de tueries cette fois... Bien sûr, elles sont présentes. Immanquables dans la vie de quelqu'un qui a plus souvent incanté d'immolations que serré des mains. Mais il y a toujours cette rencontre au milieu du désert qui revient, comme un éternel agréable refrain, qu'on réécoute à chaque fois pour revivre encore et encore ses notes les plus exquises.


*** Le comte esquissait ce qui semblait être un sourire nostalgique, les yeux clos, dodelinant de la tête. ***


Je me souviens parfaitement de ce premier contact... Plus que je ne t'avais montré l'horreur de mes actes, toi tu m'avais montré l'horreur de mon existence. D'habitude quand les gens tombaient en désaccord avec mes pratiques, me considéraient négativement; comme anathème je leur jetais mon mépris le plus cordial. Mais ici... Quelle rhétorique aurait bien pu avoir cours et surtout sens face à une telle clairvoyance?
Briser le dogme, comme l'on déchire un voile; et montrer qu'il y a de la vérité au-delà de sa perception.

"N'il y avait-il rien par-delà la montagne que j'ai mis tout une vie à gravir, bon sang n'y avait-il rien?
- Il n'y avait même pas de montagne."

C'est ce que m'avait dit un mystique que j'avais fait incarcérer... et c'est ce que je lui avais répondu. Comment aurais-je pu me douter, à l'époque, qu'un tel échange s'appliquait à ma propre vie? La montagne d'ossements que j'ai gravi, c'est moi-même qui l'ait édifié. Aurais-je pu filer droit sur la plaine?
Ai-je choisi le mauvais horizon? Suis-je toujours aussi bassement homme?

Ce souvenir... Plus que je ne le ressens, je le revis. Je... je, ...


Tu es là.

Tu es ici... tu es à côté de moi. Tu m'entends..? Tu me vois..?
Bien sûr... "La matière n'est pas grand chose", comme disait ce vieux grimoire de nécromancie.

O spectre de souffrance, aliénée réminiscence
De tes jours ton coeur ne bat plus la cadence, mais de ceux-ci je devine encore le sens.

Tébaldeo... Toi aussi tu te souviens de notre rencontre?
A l'époque, tout et tous nos opposaient, et nous ne pouvions que nous rapprocher. Aujourd'hui nous sommes si proches... Mais la mort a fait jeu de nous séparer d'une autre manière.

Je pense... comprendre ce que tu vis actuellement. Ce doit être comme un voyage astral... la mort est loin d'être impénétrable, crois-moi, ahah...


*** Le choc, le soudain lien que Flaïy sentait se tisser avec la conscience de celui qu'il estimait, semblait lui avoir donné une certaine excitation. Ses doigts tremblaient et son visage défiguré s'illuminait parfois de fugaces et étranges sourires. ***


E... et... et dire que ta place était, était... au plus haut des cieux, dans les Edens les plus célestes, oui... Que fais-tu... que fais-tu ici, que fais-tu ici... en spectre??

*** Le sourire s'avéra être une grimace d'incompréhension et de douleur. ***


Comment... comment ne pas haïr les dieux? Est-ce cela le repos accordé aux âmes élevées? Ou bien... ou bien, il y a quelque chose qui te retient ici-bas, Tébaldeo... je ne sais pas...

Que vas-tu devenir?

non... que veux-tu devenir?

Je t'y aiderai. De toutes mes forces.
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Tébaldeo Lyriel
Kohrien
Empire de Kohr

le Solior 10 Filandor du 1550ème cycle à 16h12

« Je t’entends Flaïy… Je t’entends et je te vois. »

Le fantôme était de plus en plus visible à présent. Imaginez… Imaginez un voile translucide, plus fin que cela encore, une sorte de tissu vaporeux, plus subtil encore que la plus douce des caresses. Imaginez une forme qu’on ne peut que deviner, les traits seulement d’un visage qu’on aurait esquissé au crayon, dont les ombres mouvantes se devineraient en focntion de la manière dont tourne la tête.

Imaginez seulement une présence, bien plus réelle que toute la lourdeur du monde, bien plus évanescente qu’un souffle, mais bien plus visible que tout le reste. Aux frontières de l’imagination et du sensible, entre la lueur et la pénombre…

Tébaldeo le visionnaire, Tébaldeo le mystique, Tébaldeo le théologien, Tébaldeo le croyant… Tébaldeo le spectre. L’âme-en-peine se regarda incrédule, d’un air de profonde tristesse. Flaïy pouvait la voir parfaitement à présent.

Tébaldeo leva alors les yeux sur le nécromant, et sourit doucement. Il y avait dans ce sourire toute la joie de retrouver un ami perdu, la tristesse un peu fautive de ne plus être celui qu’on était, l’émotion qu’on retient et la gêne des retrouvailles.


« Cela faisait bien longtemps, mon ami. »

Un silence s’installa un moment. L’âme-en-peine aurait bien été en peine de dire s’il parlait, si leurs esprits seulement s’entendaient… Mais au fond, il n’en avait que faire. La seule chose qui lui importait, c’était de le revoir. Il avait retrouvé Flaïy, par delà leurs morts à tous deux.

Et il trouvait ça très beau en fait. Il aurait pleuré s’il était vivant, mais là, il se sentait juste ému, triste et joyeux à la fois. Une âme a des émotions, au cas où vous l’ignoriez.


"Je me souviens bien de notre rencontre Flaïy… J’y ai pensé souvent tu sais. J’aurais peut-être dû te retenir à ce moment. Je sais bien qu’on ne refait aps le destin… Malheureusement."

Le fantôme eût soudainement une terrible expression de souffrance, puis s’apaisa.

"Tu me vois n’est-ce pas ? Tu m’entends ? Je ne sais pas vraiment ce que je fais là, ni ce que je suis devenu, coincé entre l’immatériel et le tangible. Mais ça n’est pas très important, j’ai pu te revoir, je suis heureux…

Il serait absurde de te demander si tu vas bien, depuis tout ce temps, non ?"

Sorte de rire tragique insonore.

« Je ne sais pas quoi ajouter, pour le moment… Il y aurait tant de choses à dire, à raconter. Sache juste, et c’est le plus important, que je suis immensément heureux de te revoir. »

Mourir n'excuse rien. Et, je vous l'assure, ne résout pas grand chose non plus...
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Flaiy D'Ollaz
Acolyte Nécromant
Maîtres Nécromants

le Joriol 15 Filandor du 1550ème cycle à 15h08

"Oui.

C'est vrai, Tébaldeo. Moi aussi je suis heureux de t'entendre, et de te discerner, au-delà de l'immatériel... Un peu de miel dans le vinaigre de l'immortalité. Ca fait passer la pilule. Les sourires au lieu des grincements de dents, quelque fois.
Comme je te l'ai déjà dit... Ce que je... disons, ce que je suis devenu, pour l'éternité; est quelque chose d'assez horrible. Mais j'ai passé l'heure et l'envie de m'apitoyer sur mon sort.

Je n'ai même plus de sort! Mais toi... Le tien me préoccupe, Tébaldeo. Il est le seul, d'ailleurs. Une chance que tu n'aies pas été transformé en zombie, hein?"

Il ricana, amer, passant une main dans sa chevelure pâle.

"Voilà le cynisme qui revient. C'est peut-être bon signe?"

L'évocation du cynisme lui fit instantanément penser à Darkassur. Qu'était-il devenu, lui? Sûrement également prisonnier de l'immortalité, lui aussi... Ou peut-être avait-il trouvé un moyen de se détruire. Qui sait?

"Il est très réconfortant pour moi de te voir à nouveau, mon ami. Cela signifie pour moi que même par-delà le néant, il a su demeurer de ma misérable existence, quelque chose... Quelque chose de beau et de fort. La similitude, la compréhension, l'amitié... La fraternité. La vérité, en fait. Ou du moins sa quête.

Nos parcours et nos absolus... que sont-ils devenus? Sont-ils aussi disparus que nos respirations, ici-bas? Peut-être que tu as laissé une image de justice chez ceux que tu as rencontré, Tébaldeo... pour ma part je ne sais guère si il y a encore des maudits pour tuer au nom d'une vieille devise parlant de peur... Le combat est déjà fini, et ce n'était guère dans l'esprit de mes jeunes années de ramer quand la mer prend le dessus... et quand le capitaine a été englouti.
Ces jeunes gens ont-ils compris la moindre chose à mes lois..?
Non, en fait il n'y avait rien à comprendre. Il fallait juste détruire et obéir, et c'est cela qui nous conférait une telle force et une telle détermination.

Que de regards en arrière, pour ceux qui n'ont plus d'avenir...
La mort n'est-elle pas pleinement révélatrice du non-sens même de nos jours sur terre, ô mon frère?

Enfin... tu es là. Et la mort peut bien faire, elle ne nous retirera pas le plaisir de nous rencontrer, ahah!

La mort... ou la non-mort, en fait..."
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Tébaldeo Lyriel
Kohrien
Empire de Kohr

le Joriol 15 Filandor du 1550ème cycle à 16h07

Tellement de justesse dans tout ce que le nécromant disait. Tellement de justesse amère et lucide.

"La lucidité... Un des pires fléaux de l'incarnation, à n'en pas douter..."

Tébaldeo n'avait pas vraiment pris conscience d'avoir pensé ces mots "à haute voix"... Mais Flaïy avait pu les entendre en tout cas.

"Comme cette fois là, mon ami. Comme cette fois là où nous nous rencontrâmes, je me reconnais tellement dans ces paroles. Me les aurais tu volé à même l'esprit ? Oui effectivemment :
Que de regards en arrière, pour ceux qui n'ont plus d'avenir..."

Le fantôme "s'assit" à côté de son corps. La peur n'avait pas disparu, l'acuité du néant était plus terrible que jamais. Le sentiment de s'évaporer, de n'être plus rien... Mais comme les hommes sont très doués pour se mentir à eux-même, pour se cacher ce qui les effraie, Tébaldeo évitait simplement d'y penser. Il laissait cette sourde douleur dans sa poitrine, et revivait tous ces souvenirs.

"Oui, la mort est ce qui nous révèle à nous même. Si la civilisation est un verni, si la morale est une façade, la mort nous révèle tels que nous sommes vraiment.

Et je me rends compte à quel point j'ai peur. A quel point je suis misérable. Peut-être n'avais-je pas la foi assez forte ? Peut-être que mes questions, au contraire, m'ont emmené trop loin ? Bienheureux les simples d'esprit n'est-ce pas ?

Ce n'est pas toi qui me dirait le contraire..."

Non-rire amer.

"Oui, le cynisme, la conscience aiguë de la nature des hommes. Tu as toujours été doué pour leur jeter à la figure. C'est ce que j'admirais chez toi. La vérité. Pas ce mensonge déguisé dont tous se parent en prétendant à la morale...

Des beaux mots vides de sens. Des grands mots pour recouvrir la bêtise et la méchanceté.

Mais toi, tu avais un absolu. Moi aussi, j'avais le même. Je pensais que l'homme, les hommes, pouvaient prétendre au divin, prétendre à dépasser la laideur. J'ai vraiment voulu le croire. J'ai aimé... J'ai voulu croire en nous, croire en nous tous.

Mais il faut croire qu'à notre crépuscule, nous ne sommes que néant..."

Le dalliste leva les yeux sur son frère spirituel. Leurs yeux se rencontrèrent.

"Quoi que... Pas tout à fait. Comme tu le dis si bien, il reste quelque chose que le néant ne peut engloutir. Il reste toujours quelque chose. Je voudrais qu'il reste quelque chose...

La voix du spectre n'était plus qu'un accord brisé. Il regardait au loin, dans des souvenirs auxquels lui seul avait accès.

"Flaïy... La mort me fait ce dernier cadeau. Te voir, te parler. J'ai la chance de te rencontrer là maintenant. Si j'étais le même foutu optimiste qu'autrefois, je dirais que le destin se fout de moi encore. Qu'il veut me dire que c'est une chance à saisir. Encore une...

Tu sais, ces instants qui sont des tournants de la fatalité. Ces moments qu'on voit passer devant soi. Est-ce la douce Providence ? Est-ce le cruel Hasard ? C'est à toi de me répondre je crois...

Est-ce que c'est une dernière chance pour moi ou un ultime adieu ? Est-ce un adieu ou un renouveau ? Est-ce qu'il reste...

Tébaldeo regarda le Comte des Pendus à nouveau.

"Est-ce qu'il reste un espoir ? Est-ce qu'il reste de l'espoir ? Est-ce qu'il reste seulement encore ici bas quelque chose qui en vaille la peine ?"
Mourir n'excuse rien. Et, je vous l'assure, ne résout pas grand chose non plus...
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Flaiy D'Ollaz
Acolyte Nécromant
Maîtres Nécromants

le Joriol 22 Filandor du 1550ème cycle à 16h25


"J'avais des espoirs...
- Des espoirs.

J'avais des espoirs, des rêves... des certitudes...

- Des rêves. Des espoirs, des rêves et des certitudes."

L'elfe était devenu songeur, le visage pris dans une de ses mains.
Comment dire... comment lui dire? Pour lui, le temps avait tout effacé. Comme les tempêtes qui déplacent les dunes, il avait effacé tous les repères.


"Tébaldeo..."

Il chercha à capter le regard du spectre, toujours agenouillé au sol.

"L'espoir, l'ambition... quel que soit le nom qu'on puisse donner à ce qui n'est qu'une autre manière d'avoir peur, plus douce... Non, il n'y a rien à attendre de la vie. Comme chaque flèche, chaque carreau, chaque sortilège a son billet, l'existence ne tend qu'à la mort. En dehors de cette affirmation, il n'y a rien. L'immortalité, l'absolu, la transcendance... tout cela n'est certainement pas dans la vie. Nous l'avons cherché, et nous n'avons pu que sentir la fumée à travers nos doigts... Je ne sais même pas si il y a quelque chose dans la mort, je ne me souviens pas de cette brève disparition que j'ai connu.

Je ne sais rien, au final. Et je n'en apprendrai pas plus. Je n'attends plus rien. Je voudrais être entièrement détruit. Annihilé. Eradiqué à jamais. Mais...

Ah. Pfff... Tout n'est que non-sens, ici. Qu'est-ce qu'être détruit, au final? Qu'est-ce qu'être disparu? Perdus au milieu de la nuit, je sens qu'il n'y aura jamais d'aube.

Je ne sais pas... peut-être vivre sans chercher de réponses. Accepter l'obscurantisme. Se laisser exister, simplement. Comme... comme les autres. Ou détruire. Les détruire."

Il y eut un flottement, et Flaïy demeura quelques instants muet, l'oeil fixe, perdu dans le vague.

"L'absurdité ne me faisait pas souffrir quand je tuais. Tendre au néant... ce n'est peut-être pas pire que de tendre à la fatalité du trépas."

Il regarde l'écusson représentant un aigle à deux têtes ornant sa poitrine.

"Il y a le pouvoir, toujours immuable, toujours enivrant, toujours éphémère mais toujours *là*."

Puis il jette un coup d'oeil à une tête de mort crachant des flammes sur son épaule. Elle surmontait deux lettres, "CN".

"Il y a les causes qui ont ta sympathie, et qui valent la peine d'agir, de tuer, de mourir... Car elles peuvent atteindre quelque chose bien au-delà de la vie et de la mort."

Enfin, il extirpe de son ceinturon un archet brisé, qu'il caresse doucement, un sourire naissant aux lèvres.

"Et il y a l'Art. Et il justifie à lui seul certaines respirations."

Flaïy D'Ollaz inspire et expire longuement, soudain moins morose, comme s'il s'était souvenu de quelque chose de profondément soulageant.
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Tébaldeo Lyriel
Kohrien
Empire de Kohr

le Dolink 25 Filandor du 1550ème cycle à 10h41

Le spectre hocha la tête doucement. Chacun était perdu dans ses pensées, dans ses rêves détruits ou perdus, dans le souvenir, parfois mordant, parfois réconfortant, de ce qu'on a vécu et qui forme un passé.

"Le pouvoir, une cause à défendre, l'Art... Oui, peut-être. Peut-être que je manquais tout simplement d'ambition. Peut-être que j'aurais dû, effectivemment, chercher un but grand et terrible et le servir de toute mon âme.

Dédier ma vie à un idéal plus concret, réel, sensible. Peut-être suis-je passé à côté de l'essentiel après tout. Peut-être que je serais parti le coeur léger en mourant à la guerre ou pour un dieu.

Long silence.

"Mais je suis mort pour une femme..."

Sourire triste. Tébaldeo eut cet air enfantin qu'il avait lors de leur première rencontre, cet air terrible de l'innocence qui n'est pas tout à fait morte sous la poussière de la résignation.

"Flaïy... As-tu déjà aimé quelqu'un ?"
Mourir n'excuse rien. Et, je vous l'assure, ne résout pas grand chose non plus...
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Flaiy D'Ollaz
Acolyte Nécromant
Maîtres Nécromants

le Lüdik 3 Volganor du 1550ème cycle à 16h12

"Flaïy... As-tu déjà aimé quelqu'un ?"

Aimer quelqu'un... Bien des éphèbes et des putains avaient partagée sa couche, mais pour ce qui était de vraiment éprouver de l'amour...
Le comte Flaïy D'Ollaz, aimer profondément quelqu'un? Difficile d'imaginer pareil personnage à une cérémonie de mariage ou en conjoint aimant et prévenant.

Et pourtant... La cruauté n'a jamais exclue la passion. Les mains du meurtrier peuvent très bien tour à tour actionner le mécanisme d'une arbalète et caresser une hanche.

Il y a eu de l'attachement...


"Il y a eu une réelle envie de protéger..." murmura brusquement le comte sans vraiment s'en rendre compte. Il jeta un regard en biais, profondément amer, au spectre de Tébaldeo, regard qui contrastait étrangement avec un sourire pincé amusé.

"Oui... Il y a eu ce qu'on peut appeler une comtesse D'Ollaz... quelqu'un qui m'intriguait beaucoup, car je lui trouvais certaines similitudes... avec mon parcours, avec ma fatalité..."

L'homme releva le menton, passant un doigt sur sa gorge lardée de cicatrices.

"Bien entendu, ça n'a pas marché. Les relations que j'ai entretenues avec mon entourage ont toujours été, bizarrement, soit vampiriques, soit mortifères."

Léger rire cristallin.

"Difficile de partager sa vie avec l'archange de l'immolation. Damnation, qu'est-ce que je raffole de ces titres plus pompeux les uns que les autres qu'ont ma attribués, héhé. Peut-être que je ne cherchais qu'un miroir? Un autre moi, dans le regard d'une autre..? Je ne sais pas. Je ne sais pas... Peut-être, après tout, peut-être... Je ne suis pas sûr de vraiment vouloir savoir ce que c'était..."

Et Flaïy d'hausser les épaules, puis de river ses yeux sur le sol en se frottant distraitement la nuque.

"Il y a un poète qui a dit: 'J'haïs et j'aime... Qui peut me dire pourquoi?'. Je pense que cela résume beaucoup de choses. Ces choses... Il y a de ces choses qui sont comme de jolis décors à élever pour cacher le néant qui nous entourent... J'aspirais à quelque chose au-delà de ces considérations, mais je m'arrangeais toujours pour rendre l'existence plus supportable... Pas totalement inhumain. Pour le meilleur et pour le pire."
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Tébaldeo Lyriel
Kohrien
Empire de Kohr

le Malina 11 Volganor du 1550ème cycle à 19h51

Tébaldeo écoutait, comme dans un rêve. Il ne comprenait que trop bien. Il aurait voulu répondre, mais les mots étaient bloqués dans sa gorge. Il aurait aimé parler lui aussi, il aurait aimé se confier.

Mais il sentait que ce n'était plus vraiment le moment, il sentait surtout qu'il n'en avait plus vraiment envie. Il n'avait plus vraiment envie de rien en fait... Peut-être finalement, que la vie était une question de croyance.

Croire en l'amour éternel, ou dans l'usure des jours.
Croire aux dieux bienveillants, ou à la cruauté du hasard.
Croire en l'autre, ou croire en la solitude.

Continuer toujours ou poser les armes.
En somme.

Il aurait voulu parler à Flaïy, lui dire, l'aider... Peut-être qu'il n'en avait plus la force, en fait. Peut-être qu'il n'attendait qu'une chose et qu'il n'arrivait plus à attendre.

C'est bête, pensa-t-il, alors que tant de choses restent à vivre.


"Tu sais, Flaïy... Je crois que je suis juste fatigué. Je vais me reposer un peu."

Des mots terribles.

"Veille sur mon corps encore un peu, s'il te plaît... Peut-être qu'un jour, quelqu'un viendra le chercher. J'aimerais qu'il ne soit pas habité par un autre à ce moment alors..."

Petit rire.

"A bientôt ami. Peut-être...

Mais cela ne dépend plus de nous à présent.
Adieu."
Mourir n'excuse rien. Et, je vous l'assure, ne résout pas grand chose non plus...

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