Fermer
 
Encore 0 msg
 
 
     

IDEO : Les Domaines Oubliés

138 Joueurs sur Ideo (4396 inscrits) : 76 humains (2273), 32 elfes (1377), 30 orcs (746) | 3 joueurs connectés | Liste des joueurs | IDEO V3.1.0

Des pages dans les blés

Les contrées d'Ideo : Parcourez les contrées d'Ideo, découvrez et contez ce qu'il se passe aux quatres coins de ces domaines oubliés...

Page [1]


Actualiser Retour à la liste des sujets
Information détaillées
Alhaar
Keldarien, Chapelain, ~ Inquisiteur au Temple ~
Royaume de Keldar

le Mirion 9 Solianas du 1560ème cycle à 02h26

Le vent zénithal soufflait sur les Hautes Landes, parcourant de sa caresse les terres du royaume baignées par le solior. C'était une douceur chaude et rafraîchissante à la fois, qui faisait frissonner les branches des arbres, murmurer les buissons et soupirer les hommes de contentement. Quant aux blés... Ah ! Les blés. Ils chantaient doucement au gré des ondes éoliennes, ployant délicatement sous la tendre poussée de l'air, dessinant le rythme enamouré du monde pour lui-même, appuyant de leurs riches épis le tendre contact de ce souffle généreux sur les joues du jeune homme.
Et Alhaar s'étira de satisfaction.

Il aimait le monde et le monde, là-bas, à cette heure-ci, le lui rendait bien. Allongé dans un champ, le dos nonchalamment appuyé sur un bardas, il avait ramené ses deux mains sous sa nuque et observait le ciel de la fenêtre mouvante que lui prodiguaient les épis dorés. Ces derniers allaient et venaient, pliant parfois jusqu'à lui, comme de très fins doigts qui aspiraient à le toucher, à lui retirer sa légère tenue, déjà passablement froissée, et se retiraient soudainement, comme mut par la pudeur d'un jouvenceau. C'était alors qu'une nouvelle bouffée d'air s'engouffrait entre les joncs, soulevant la chemise, comme pour mieux le dénuder, révélant son ventre blanc et parfaitement taillé par l'effort et la jeunesse. Et les milles doigts blonds du champs revenaient à la charge, appréciant d'un frôlement cette chair qui s'était invitée au milieu d'eux. Puis repartaient à nouveau.
Un ballet langoureux, récurrent, qui lui donnait parfois quelques frissons et le plaisir de se sentir vivant.

Là-haut, sur le canevas azur, ce même souffle poussait doucement un petit nuage qui cheminait vers l'est. Seul, étiolé, blanc. Alhaar ne le quittait pas des yeux, l'accompagnant en pensée vers les terres de l'aurore, vers la justice du monde.
Il bailla.

Le temps était trop doux pour ne pas en profiter et aurait appelé à un somme légitime, s'il ne venait justement de se réveiller.

L'une de ses mains se sépara de l'autre et alla tâtonner vers l'intérieur du sac. La pénétration fut hasardeuse dans cette position. Et pourtant quelques instants plus tard les doigts du jeune homme s'en extirpaient, enserrant un livre et une petite bourse. Le premier vint rapidement tomber sur la poitrine du blondinet. La seconde main, en renfort de la première, s'occupa d'ouvrir l'escarcelle pour en retirer l'écusson de l'ancien Ordre Ecclésiastique. Il resta un instant suspendu sous son regard clair avant de voler dans les blés. Un deuxième sceau sorti à son tour. Celui de l'ancienne Inquisition. Il n'y eut aucun regard cette fois et l'emblème pris un chemin similaire du précédent.
La poche de toile se retrouva soudainement à l'envers, secouée sans ménagement, et livra à proximité du livre le reste de son contenu : quelques keldors, un pendentif, un mèche de cheveux enrubannée, une pierre à feu et une petite opale.
Sans se déranger, keldors, pierres et mèche finirent par retourner dans leur contenant. Le pendentif resta un instant en suspend, balancé par la brise et les gestes lestes du jeune homme, et il y retourna aussi.

Alhaar commença à fredonner. Quelques notes éparses, des bruits de gorges isolés, joyeux et légers cependant, comme les prémisses d'une rengaine habituelle. La besace tomba à ses côtés. Et alors que la mélopée montait, il prit le livre et l'ouvrit.

Il avait le sourire de celui qui se complaît dans ce qu'il fait. Ses yeux pétillaient. Et là, chantonnant dans son champ de blé aux portes de Montargent, il se remettait à la page, littéralement.

La Justice est belle !
Belle et terrible !
Thème

Page [1]


Actualiser Retour à la liste des forums Remonter en haut de page