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IDEO : Les Domaines Oubliés

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La fin d'une errance

aux portes de limbes
Les contrées d'Ideo : Parcourez les contrées d'Ideo, découvrez et contez ce qu'il se passe aux quatres coins de ces domaines oubliés...

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Thaïs Rwenaln
Balance du Saint-Royaume
Royaume de Keldar

le Mirion 7 Goliarmos du 1561ème cycle à 09h57

*** Mais que foutait-t-il là ?
La Balance du Saint Royaume, ou plutôt la Chancelière, comme beaucoup continuaient de l’appeler, se redressa. Elle avait senti sa présence toute proche, vers l’Ouest. D’un geste de la tête, elle indiqua la direction à son équipage, une dizaine d’hommes d’armes de l’Inquisition, qui se remit en route. Elle qui autrefois se déplaçait uniquement escortée de son garde du corps ne lésinait plus sur sa sécurité, et les cavaliers qui l’accompagnaient de noir vêtus dégageaient une aura menaçante sur tous ceux approchant le convoi.
L’équipée avait quitté Gardebois la veille. Après une courte halte, la troupe traversa Montargent (où l’Inquisition était également des plus actives) à vitesse de petit trot avant de prendre la porte Ouest. Rares étaient les fidèles sur cette route, dont la destination était les Terres du Juste sous occupation kohrienne. Quelques pauvres ères qui partaient chercher du bois dans la forêt proche ; les prochaines lunes allaient encore être froides. De fait, la voirie était délabrée, des nids de poule risquaient de piéger les sabots des chevaux quand la boue menaçait de les faire glisser. Quelques pavés, signes du glorieux passé de cette artère qui allait de Blancastel à Kival, achevaient de donner à cette route sa silhouette irrégulière. Aussi la troupe réduit l’allure.
Il n’était pas loin. Les sens affûtés de la Chancelière le lui disait. Effectivement, il n’avaient pas parcouru une lieue sur le chemin cahoteux que les échos d’un combat leur parvint.
D’un nouveau signe de la tête, la troupe mit pied à terre. Deux hommes se postèrent avec les chevaux tandis que les huit autres et la Chancelière s’enfonçaient dans les bois à pas de loups en direction du chahut. Loups il y avait, mais lorsqu’ils arrivèrent, il n’en restait plus. Dans une petite clairière à l’écart de la route un homme se tenait debout, épée au clair, au milieu d’une meute décimée. Face à lui se tenait une araignée géante, probablement attirée par les éclats du précédent combat. L’homme hésitait. Il aurait pu écraser l’insecte gigantal d’un revers, mais il retenait son geste. Peut-être voyait-il autour de lui ces huit ombres l’entourer comme un étau et se préparait à un combat à l’issue autrement plus hasardeuse, peut-être était-il simplement fatigué de son précédent affrontement.
C’était bien lui. La Chancelière incanta faiblement, et lança deux terribles boules de magie vers l’arachnide, qui surpris par cette attaque ne put les éviter. La tarentule se crispa de douleur alors que son corps se liquéfiait littéralement. Bientôt il ne resta qu’un agglomérat de pattes repliées et contorsionnées et les yeux trop nombreux de l’araignée se couvrirent d’un voile vide et trouble.
Le silence retomba, l’homme n’avait pas bougé. Neuf silhouettes étaient désormais bien visibles autour de lui. L’une d’entre elle s’avança alors, et retirant sa capuche, laissa pleuvoir les flammes de sa chevelure sur ses épaules. ***


Paladin de Tyr, dit-elle, sobrement.
Je vous dérange dans votre chasse ?
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Requiem
Keldarien, Paladin
Royaume de Keldar

le Valkin 9 Goliarmos du 1561ème cycle à 09h17



Ainsi donc elle était de retour. Ce retour que je m'étais promis de repousser à jamais.
Depuis l'annonce du retour de la Chancelère Rwenaln, mes pensées, trop nombreuses pour un esprit qui s'était considérablement névrosé ces derniers temps, se heurtaient à mes promesses.

Oui, mais voilà. Les choses étaient telles que plus rien n'était certain. Pas même la promesse d'un paladin. Le Royaume survivait tant bien que mal, accusant dans la plupart des sphères, qu'elles soient du peuple ou dirigeante, une léthargie généralisée qui lentement réduisait l’espérance de vie d'un Royaume décrépit. Et tout le monde semblait convenir de cette fin annoncée.

Mais elle, elle était de retour. Comme surgie de nulle part, revenue d'entre les morts probablement. Rappelée par Keldar ou par son destin, par les deux peut-être. Bref, elle repointait le bout de son nez et aspirait à ce que rapidement le monde redécouvre son visage. De flammes, de feu, de sang.

Il fait froid dans cette forêt. L'hiver y est sûrement pour quelque chose.
Recroquevillé dans un long manteau marron, j'avançais au gré des rencontres à travers bois. Plusieurs affrontements avaient eu lieu, mêlant les coups de griffes et les morsures de mes adversaires aux coups d'une épée que je voulais de nouveau voir affûtée. Au cas où elle ne viendrait qu'à resservir.
Plusieurs corps gisaient donc sur mon chemin, encore chauds. De toutes créatures, de toutes espèces, grandes, petites, parfois humaines ; personne ne les pleureraient. Elles n'étaient que des cibles d'entraînement, permettant de retrouver le goût du combat. Mais elles semblaient et étaient trop inférieures. Malgré plusieurs mois, plusieurs cycles même sans toucher une lame, les gestes revenaient d'eux même, comme guidés par un sens du combat qui lui, était resté intact.
Et c'était bien le seul. Car depuis des lustres, je m'étais enfermé. Chez moi déjà, mais aussi dans des livres et parfois dans l'alcool. Tout ce qui me permettait de débrancher mon cerveau, échappatoires souvent empoisonnés, étaient bons et je m'en servais et resservais avec beaucoup d'appétit..


Mais elle, elle était de retour. Et il fallait l'être aussi. Personne ne m'avait dicté quoi que ce soit. Mais naturellement, cela devait être. Et la première phase de ce retour était l'entraînement. Revenir à une condition physique digne des éperons de mon armure. Et il y avait du boulot.


Face à l'araignée, autre adversaire inférieur, je décidais de combattre autrement. La pauvre bête n'avait aucune chance si je m’efforçais de garder la même attitude au combat. Je ne connaissais que trop bien ses points faibles et savais quand et comment la frapper mortellement. Le jeu n'en valait pas la chandelle.


Il fallait changer. Et tout en gardant l'épée en main, je fermais les yeux.
Lorsque ce sens nous quitte, l'esprit prend le relais et le corps chercher à corriger cette inattention de tout instant. L’araignée, elle, attendrait tout faux pas toute ouverture, toute mauvaise garde,pour attaquer. Le combat s'exprimerait alors sous une autre forme, et je réapprendrais le danger, l'instinct primaire du survivant.

Yeux fermement clos, je relâchais mes épaules et tentais de retrouver une respiration plus lente, plus posée et donc moins bruyante. Je forçais mes sens à se mettre en éveil. L'ouï déjà, qui me permettrait de juger la position de mon adversaire. Sa direction et la distance qui nous séparerait. L'odorat ensuite, qui...

Mais pas le temps de finir de disserter : deux boules de magie traversèrent bois et vinrent anéantir mon adversaire.


Je tournais la tête et ouvris les yeux en direction de l'auteur de cette attaque.
Une crinière hurlante comme un brasier se découvrait ici, en ces bois humides et froids, loin de Gardebois, loin de Montargent. Pour ainsi dire loin de tout.
A ces questions, je répondais par l'ironie, tâchant de ne pas faire apparaître ma surprise de la revoir :


La pauvre araignée semble bien plus dérangée que moi, désormais.

Mais comment m'avait-elle repéré ? Si loin de tout ?

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Thaïs Rwenaln
Balance du Saint-Royaume
Royaume de Keldar

le Solior 10 Goliarmos du 1561ème cycle à 19h29

*** S’approchant de l’ancien Hiérarque, la Chancelière put contempler de plus près celui qui avait compté pendant longtemps parmi les grands de ce Royaume.

Il avait changé. C’était une évidence, cinq années les séparaient de leur dernière rencontre. Cinq longues années pour Requiem, qui avait subi les assauts du temps comme la caresse du vent sur une falaise, qui, rafale après rafale taillait la pierre grain de sable après grain de sable, arrachant à la matière solide ses aspérités, pour ne laisser qu’un paysage lisse et friable sur lequel le courant d’air puisse glisser sans rencontrer de résistance, un monument inerte, témoin de cette muraille passée qui barrait les orages, et aujourd’hui n’arrivait même plus à endiguer le crachin quotidien qui lui glissait sur la peau avec indifférence, creusant quelques rides au passage.
Le gamin d’hier n’était plus. Restait un jeune homme dans la force de l’âge et pourtant déjà fatigué. Son grand manteau brun dans lequel il flottait semblait porter sa silhouette. La Chancelière se fit la réflexion que le Paladin était à l’image de ce Royaume, portant une tâche plus lourde que lui qui avait fini par écraser son enthousiasme juvénil.

Deux paires d’yeux s’affrontaient dans un combat presque inégal. Les uns soulignés par des cernes couleur suie rougeoyaient de fatigue, ceux de la Chancelière brûlaient du feu de la renaissance, prêts à foudroyer l’importun qui avait osé la réveiller de son sommeil éternel, les sourcils froncés comme pour souligner cette fureur dont même la mort n’avait réussi à la déposséder. La Chancelière n’avait pas changé physiquement, elle arborait le même masque de sévérité qu’autrefois. Mais pourtant, cette façade n’avait l’épaisseur que d’une feuille de papier, cachant le vide d’une mort aussi inattendue que traumatisante pour Thaïs. Son retour à la vie amenait encore plus de questions que sa défaite qui l’en avait arrachée.

Cinq années qui pour la Chancelière n’étaient qu’un battement de paupière. Elle, que les limbes avaient protégée du vieillissement. Elle, qui avait été l’aînée du Hiérarques devait avoir le même âge désormais. Celle qui avait contrôlé les ficelles du Royaume se retrouvait tel un pantin désarticulé ballotée dans des jeux de pouvoirs qu’elle ne comprenait pas. Elle se retrouvait dans un monde qui n’était plus le sien, et où le temps avait soufflé tout ce qui lui était connu. Dès son retour, elle s’était efforcée de rassembler les lambeaux de son passé éparpillés. L’Inquisition, son titre de Chancelière, le Hiérarque, étaient les pièces maîtresses de son échiquier, mais elle ne reconnaissait ni les règles, ni le plateau, ni même les pièces. Ses sentiments envers Requiem avaient toujours été contrastés. La déférence y tutoyait la provocation, la confidence cajolait la défiance, l’admiration forniquait avec le mépris. Cinq ans après, l’homme qui se tenait devant-elle, Thaïs le regardait avec neutralité. Les choses étaient telles que plus rien n’était certain. ***


Je vous ai cherché, Paladin. Votre nom évoque désormais celui d’un ermite décrépit emmuré vivant.
Je vous ai cherché dans Gardebois, mais l’annonce de mon retour a dû vous parvenir, vous veniez de quitter votre taudis, votre thé était encore tiède.
Que fuyez-vous ?


*** Le Royaume ? L’Ordre ? Vos responsabilités ? Votre passé ? Votre présent ? Votre futur ?
L’interrogation était réelle, et la Chancelière semblait avoir abattu son masque de fer qui creusait jusqu’ici une distance avec son ancien complice du Conclave.
***
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Requiem
Keldarien, Paladin
Royaume de Keldar

le Malina 26 Joriamel du 1561ème cycle à 19h34




Mes yeux ne pouvaient quitter le sol. Me sentant comme un enfant sermonné par un parent, je l'écoutais religieusement, honteux et mal à l'aise, sans jamais oser relever la tête sous peine de croiser le regard de l'adulte autoritaire.
Je contemplais le sol. Les mots de la chancelière battaient comme un vent de tempête, faisant envoler toutes les illusions dont je pouvais encore me bercer. Mais derrière le mensonge qui bâtissait ces dernières années et dont je m'étais persuadé, la réalité refaisait surface. Inattendue, violente. Elle me rappelait qui j'étais actuellement. Clochard déchu.

Le regard fixé au sol boisé, le sermon m'avait semblé durer une éternité. Je contemplais le sol, inlassablement. Encore aujourd'hui, je saurais décrire précisément les brindilles et feuilles qui s'imbriquaient, se recouvraient, qui matelassaient le sol de cette forêt, cette fraîche journée là. Et pourtant, je suis encore incapable de comprendre comment j'avais meublé mes 5 dernières années. Cruel paradoxe d'un rare instant de quelques secondes, plein, face à cinq années de vide.

Mes muscles étaient crispés d'un agacement que je ne savais contrôler. Mes lèvres, lorsque Thais eut fini, se froissèrent pour laisser sortir quelques mots emmenés d'une voix plus souterraine que caverneuse.


La rumeur.

Les muscles de mon cou se délièrent pour me laisser tourner la tête de quelques degrés. Menton doucement relevé, mes yeux grisés glissèrent sur le corps de la chancelière, de haut en bas, et s'arrêtèrent sur son cou d'où déjà flottaient quelques mèches rouquinâtres.

Était-ce seulement elle ? Que cherchait-elle alors ?
Que justifiait ce retour ?

Mes yeux continuèrent leur ascension sans que je ne puisse rien contrôler. Et son visage. Toujours aussi dur et coloré. La chancelière était face à moi, revenue d'entre les morts.


Mais j'ai trouvé celle que je cherchais.

Le regard cerné par la fatigue et les joues creusées par la malnutrition, j'observais médusé ce visage qui avait manqué ces cinq derniers cycles. Au Royaume, et à moi.

Enfin...

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Thaïs Rwenaln
Balance du Saint-Royaume
Royaume de Keldar

le Solior 30 Joriamel du 1561ème cycle à 18h43

Mais c'est pas vrai, il est ivre ?

C'était véritablement ce que lui évoquait l'ancien Hiérarque du Royaume. Il semblait flou, ses propos, sa silhouette ... son aura même semblait s'étioler.

Sire de Tyr, Je me demande véritablement qui de vous ou de moi revient de l'au-delà... Il me semble à vous voir qu'il s'est passé bien plus de temps qu'en réalité A moins que ces années n'aient été plus agressives à votre égard.


Un semblant de tendresse ou de pitié traversa les yeux de la Chancelière. A quoi s'était-elle attendu en partant à la recherche d'un fuyard ?

J'ai peur que vous n'ayez tous vos esprits, et cela m'ennuie terriblement. Je n'aimerais pas avoir fait ce voyage en vain, aussi j'espère que vous pourrez m'apportez les réponses que je suis venues chercher ...

Mais les questions de Thaïs se résumaient en une grosse interrogation, qui s’étendait sur elle comme une nappe brune, sans qu'elle ne sache par quel bout la prendre.

Je suis depuis mon retour, pleinement tournée vers l'avenir. Le mien, celui du Royaume. Ce présent ne m'intéresse pas. Je ne le connais pas et n'aspire pas à le connaitre. Il pourra me suivre, mais je n'entends pas l'attendre. S'il s'oppose à moi, je l'écraserai. Viendra ainsi un moment où il n'existera plus, et vous verrez que personne ne se souviendra de ces cinq cycles, effacés de la mémoire collective.

Un pont entre le passé et le futur, tel était son projet.

Mais avant de me consacrer pleinement à cet avenir, il me reste quelques détails à éclaircir ...
Que s'est-il passé cher Hierarque ?
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Requiem
Keldarien, Paladin
Royaume de Keldar

le Dolink 1 Fagilias du 1561ème cycle à 18h12


Ma main droite tremblait, comme perturbée par la présence de celle que j'avais cru morte il y a si longtemps. Et pourtant, elle n'avait pas changé. Ni physiquement, ni moralement. Son caractère de fer résonnait dans chacun des mots qu'elle prononçait, comme si elle a accentuait leur sens.

Celui que vous cherchez est bien face à vous, Chancelière.

Je posais ma main tremblante sur le pommeau de mon épée qui se découvrait dans ce long manteau crasseux qui me recouvrait. La blancheur scintillante du métal rappelait l'appartenance de son porteur à l'Ordre Paladin.

Habité par le conviction que j'assistais un tournant dans ma vie et dans celle du Royaume, je redressais le buste. Mes respirations chaotiques s'apaisèrent pour trouver un souffle lent et continu. Mes yeux, hagards, perdus dans l'immensité de la forêt, se posèrent alors sur mon interlocutrice. Regard dur, fier. Un regard qui n'avait pas servi depuis tellement longtemps.


Nous pourrions prendre le temps de discuter en chemin, si vous le voulez.
Ce Royaume ne va pas bien, et j'en connais les causes. Nous n'avons pas une minute à perdre.


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Thaïs Rwenaln
Balance du Saint-Royaume
Royaume de Keldar

le Lüdik 2 Fagilias du 1561ème cycle à 22h54

En chemin ? Mais vers où ?
La Chancelière peinait de plus en plus à trouver de la cohérence dans le discours du Paladin, son discours était aussi décousu que les habits. Les huit gardes qui accompagnaient Thaïs se lançaient quelques regards, l'air d'hésiter. Et si elle perdait son temps avec un fou ? Tout ce temps inutile ... Elle faillit abandonner.
Croisant le regard de Requiem, Thaïs y décela néanmoins une lueur qui lui inspira confiance. Pas grand chose, simplement la sensation que l'esprit facétieux et sibyllin de l'ancien Hiérarque n'était pas mort, et qu'il préférait certainement s'entourer d'énigme que se livrer au jeu cru et sans ambages de Thaïs.

Soit, je vous suis.

C'était tant un renoncement à sa posture dominatrice qu'une main tendue. Un geste plein d'ambivalence pour la Chancelière qui concédait à une inversion des rôles. Car elle devenait captive des intentions de Requiem désormais. Elle se tourna vers l'un des gardes :

Brewillion, rentrez à Montargent à pieds, le Paladin prendra votre destrier. Le reste avec moi. Si nous sommes pressés autant partir sur le champ.

Ne vous faites pas de soucis pour Brewillion, la ville ne devait guère être à plus de dix lieux de marche. Par contre, le reste de la troupe ignorait toujours la destination.

Vers où allons nous, Hierarque ?
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Requiem
Keldarien, Paladin
Royaume de Keldar

le Valkin 6 Fagilias du 1561ème cycle à 19h12


...

Mutin pendant quelques secondes, mon visage pâle contrastait avec celui de la chancelière, vif, intense et brûlant. Elle avait retrouvé cette flamme que j'avais perdu depuis un moment, sans savoir si elle allait pouvoir se rallumer un jour.
Car face à : "
Vers où allons-nous, Hierarque ? ", jamais mon esprit n'avait semblé si vide d'idée. Jadis premier décideur du Royaume, aujourd'hui incapable de me projeter plus loin que demain.

Ces derniers cycles étaient enfers. L'enfer de passer de la lumière à l'ombre, presque du jour au lendemain. L'enfer de ne plus reconnaître le Royaume qui dans ses décisions profanait les fondements du passé. L'enfer de ne plus se reconnaître dans ce qui était entrepris. Et même ne plus me reconnaître dans ce que j'entreprenais.
Depuis le feuilleton Supras et la nomination de cet ancien Kohrien au titre de Paladin ; décision contre laquelle je m'étais insurgé et avais perdu mes galons de Hiérarque ; la descente aux enfers avait été rapide et douloureuse.

Reclus dans mon manoir de Gardebois, ayant perdu jusqu'à mon titre le plus cher de Seigneur des Landes, j'observais en spectateur impuissant mon Royaume qui s'effondrait. Lentement, bouffé de l'intérieur par quelques opportunistes qui avaient su gravir les échelons du Royaume sans mal.

Jusqu'à cet épisode Gaharro, pauvre orphelin d'à peine dix cycles que l'Inquisition voulait brûler pour seul crime d'avoir tenté de se défendre. Je ne m'y reconnaissais plus...

Au delà des noms et des visages que j'avais appris à détester, chaque soir en lisant les nouvelles du Livre de Keldar, l'un revenait sans cesse. Et pourtant, il n'y avait pas de trace, pas ou peu d'intervention. Mais elle régnait en secret.
Arrivée de nulle part, remplaçante fantôme d'un Rédemption déjà bien absent, dirigeant dans l'ombre et au gré de décisions inconnues un peuple mourant qui ne savait pas quoi et contre qui protester. Invisible mais toxique, la reine autoproclamée se faisait adouber reine sans que personne ne cherche à en redire. Véritable avatar de Keldar ou sorcière ayant pour seule mission de faire pourrir le Royaume de l'intérieur ? Le doute était permis.


L'ïle des Roys.

Sur place, nous saurions la trouver.
Probablement entourée d'une horde de protecteurs tous plus puissants les uns que les autres qui ne nous laisseraient pas l'approcher. Mais qu'importe, il fallait savoir. Qui est véritablement Clotide de Douarse ?


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Thaïs Rwenaln
Balance du Saint-Royaume
Royaume de Keldar

le Lüdik 10 Tilomias du 1561ème cycle à 19h17

*** Et ils partirent, d'un coin les plus reculés du Royaume vers son centre névralgique, comme s'il eut fallu descendre au plus profond de la terre pour trouver le chemin vers les cieux, au plus près des enfers pour toucher la Sainte Vérité.

C'était en quelque sorte la voie qu'ils devaient emprunter tous les deux pour exorciser leur passé, pour l'un sa piteuse déchéance, pour l'autre sa tragique disparition. C'était le chemin de retour vers leur gloire. Pourtant une ombre grave planait sur leur triomphe à venir.

Thaïs n'était guère surprise par cette destination. Eut-elle à choisir, elle aurait certainement fait le même choix. Les raisons des difficultés rencontrées par le Royaume n'étaient pas à aller chercher au delà des frontières. Elles étaient là, toutes proches, dans ce lien supposé unir tous les keldariens, qui lâche, pendouillait mollement avec l'élégance d'un boyau de porc, à défaut de prendre au tripes chaque fidèle. Un lien qu'il fallait renouer, tisser solidement, si on voulait que ce Royaume cesse de se briser à la moindre péripétie ; et ce n'était pas en forçant à l'extrême sur ce fil déjà distendu, en éparpillant les fidèles vers Kohr, vers les marais, ou que sais-je, qu'il pourrait devenir plus solide et plus fort.

Chemin faisant donc, la Chancelière partageait ces considérations avec son compagnon de chevauchée. Elle ne craignait pas de parler à voix haute, et peut-être pour une fois parlait-elle de manière très ouverte et sincère de son ressenti sur les maux du Royaume. Du moins en donnait-elle l'impression. Les propos qu'elle tenait étaient toujours clairsemés d'ésotérisme et les grands silences qui les suivaient laissaient libre court aux extrapolations.

Tous deux, ils devisèrent. Chemin faisant, ils passèrent Montargent, Gardebois, avant de foncer vers l'Est. Ils ne s'arrêtaient que peu, s'offrant seulement quelques heures de répit. Lorsqu'enfin Waldemen apparut à l'horizon, ils consentirent à baisser l'allure. Plutôt que s'y arrêter, ils campèrent aux abords, souhaitant sans doute rester discrets. Ils n'avaient rien à y faire de particulier. Il n'y avait d'ailleurs jamais rien à faire à Waldemen, si bien que ses habitants passaient leur temps à colporter les commérages, choses qui ne sauraient profiter à nos protagonistes.

Des commérages, ils y en avait nombre sur cette complicité insolite. S'il était de notoriété que la Chancelière et le Hiérarque partageaient des vues radicalement différentes, l'un comme l'autre rêvait de grandeur pour ce Royaume, et ils chérissaient cette même ambition comme un enfant né d'une liaison illégitime, si bien qu'à la mort de la Chancelière, certains supposèrent que le Hiérarque avait commandité l'assassinat, quand d'autres juraient qu'il était ivre de chagrin. La vérité était loin de ces extrêmes. Elle avait le goût acre et ingrat d'un gâchis qu'ils tentaient aujourd'hui de réparer.

Le lendemain, ils furent en vue du guet, menant à l'Île des Roys. Thaïs se tourna alors vers Requiem.
***

- Et maintenant ?
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Requiem
Keldarien, Paladin
Royaume de Keldar

le Valkin 21 Danurmos du 1563ème cycle à 13h55


Nous n'irons pas plus loin.

Ce voyage, quelques années plus tôt, eut été impossible. Nous nous cherchions, il me semble, alors comme chiens et chats. Et malgré toute l'affection et l'admiration que je pouvais lui porter, elle se dissimulait lourdement dans des joutes verbales interminables. Ce temps a du tenir quelques mois, quelques cycles peut-être, pour finir par s'essouffler, s'épuiser et disparaître. Thaïs dans la mort, et moi dans un mélange de léthargie et d'alcool.

Les années passèrent, pour nous retrouver à emprunter ce même chemin pour une destination que tous deux nous envisagions : redonner la grandeur à ce Royaume.


Tous deux, nous savons intimement que le pouvoir réside à l'intérieur de ces murs imposants.

L'Île des Roys n'était pas forcément la place la plus imposante en terme d'aspect physique et d'infrastructure militaire. Mais elle en imposait par ce qu'elle représentait. Le poids des réputations qu'on lui prêtait, des rumeurs qui en découlaient, faisait de ce lieu mystique, caché et inaccessible du keldarien lambda, un endroit à part berceaux de toutes les illusions.

La réalité est que le poids du pouvoir incommode ceux à qui on le confie. Je ne connais pas la reine actuelle, mais ...

Fou? Délirant? Inconscient? Sans doute les trois à la fois.
J'osais remettre en cause la reine. L'avatar même de Keldar. Le simple fait d'écorcher son nom de famille causerait ma fin. Et pourtant...


... il nous faut comprendre les raisons de ses souffrances.

Un temps de silence.

Sont-elles causées par Keldar ? Sommes-nous en responsables ?
Depuis trop longtemps le Royaume n'est même plus l'ombre de ce qu'il a été. Chaque jour suffit à sa peine, et chaque jour je m'étonne que l'héritage de notre civilisation soit ainsi bafoué.


...

Des choses doivent changer, Dame Rwenaln.
Et vous comme moi savez l'importance que nous devons prendre dans ces changements.

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Thaïs Rwenaln
Balance du Saint-Royaume
Royaume de Keldar

le Valkin 21 Danurmos du 1563ème cycle à 15h08

Rappel : les faits narrés ici ont lieu en 1561

*** Le visage de la Chancelière demeura impassible. Dans cette pérégrination, le but n'avait jamais été une finalité. Seul comptait le chemin.
L'Île-des-Roys, devant laquelle ils siégeaient, n'était qu'une étape vers un renouveau. Brisant le sceau de silence barrant ses lèvres, Thaïs dit enfin : ***


Cette Île est à l'image de Son Royaume : un pouvoir aussi insulaire qu'esseulé. J'ignore ce que Keldar attendait de nous en nous isolant dans les Terres de la Révélation. J'ignore à nouveau quel message il nous a envoyé en faisant émerger cette Île comme le siège de Son Avatar. J'ignore enfin pourquoi Ses Elus sont fatalement occultes. Sa volonté est si absconse...

*** Elle se tut, laissant le vent emporter ses paroles dont seul Requiem fut le témoin. Puis lorsque même l'écho bruissant des bourrasques drainant feuilles, sable, poussière et histoires cessa, elle reprit : ***


En revanche, je sais une chose. J'étais morte.
J'étais morte, Hiérarque ! Je n'ai aucun souvenir de ces six cycles disparus. Cependant, il m'a ramenée sur Ses Terres. S'il m'a restituée à ce monde aujourd'hui, il a donc un dessein pour moi à ce moment précis. Il m'a rouvert Son Livre, à ma charge d'y écrire.


*** La voix de Thaïs se fit plus tremblante. Le visage d'ordinaire impassible et lisse de l'Inquisitrice trahissait une vive émotion, alliage d'effroi et de ferveur. Exaltée, presque mystique, Thaïs reprit : ***


Il m'appelle à une œuvre, qui va au delà de l'Inquisition. S'il avait souhaité me voir redresser celle-ci, il m'aurait renvoyée il y a six cycles, afin que je finisse ce que j'avais commencé, mais il n'en a rien fait.
S'il a choisi de me ramener aujourd'hui, certainement qu'un grand dessein peut être accompli.


*** Elle laissa planer ses propos équivoques, avant de les balayer : ***


Mais nous n'iront pas plus loin, aujourd'hui. Il est des réponses que seul le temps permet de déceler. Sire de Tyr, vous connaissez ma destination désormais. Que cela prenne un cycle, deux, quinze... viendra le temps où je franchirai ces eaux, avec l'intention de les relier.

*** Ses yeux couleur Serpentine quittèrent l'horizon fluvial pour planter leurs deux crocs acérés dans le regard azur de l'adolescent qu'elle avait connu. ***


Et vous, Sire de Tyr, que ferez-vous ?
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Requiem
Keldarien, Paladin
Royaume de Keldar

le Valkin 21 Danurmos du 1563ème cycle à 18h34


J'étais resté un moment silencieux. Le souvenir de la disparition de la chancelière et les années marquées par son absence me rappelait ces moments d'errance. Un vagabondage dans les nombreuses ruelles de la dépression, une nage dans l'océan de la fatalité que les litres d'alcool, ingérés comme on boit la tasse, ne permettaient ni de couler, ni de refaire surface.

Vous étiez morte.

Reprenais-je en répétant sur le même ton les mots de la chancelière.

C'est à ce moment que j'ai compris que seul, je ne pouvais rien.

Je lâchais un soupir. Incontrôlé. Et peinais à reprendre une respiration lente.

Le hiérarque que vous avez connu n'est plus. L'homme que vous avez connu non-plus. Je me suis enfoui face à des combats que mon cœur, mon âme et ma Foi me sommaient de mener.

On y était. Comme si je venais de soulager ma conscience.

Sans vous, je peinais à trouver la force. Sans être capable de justifier cette faiblesse et cet abandon, sans trouver le mal qui me rongeait, le remède qui me permettrait de m'ériger comme autrefois.

Je me livrais, sans appréhension aucune ni crainte de la réaction de mon interlocutrice. Ces paroles étaient comme la destination d'un chemin de croix, d'une marche où seules m'accompagnaient le doute et la souffrance.

Mais vous êtes là, désormais. Et moi aussi.

Mécaniquement, mon visage se décrispa. Bien longtemps que les muscles faciaux ne s'étaient pas relâchés. Mes traits, automatiquement, se détendirent alors, mes mâchoires se déverrouillèrent, et mes sourcils reprirent leur position normale.
Comme un murmure finalement à l'oreille de celle qui l'inspirait :


Et pour répondre à votre question : je vous suivrais, Chancelière.
Quels que soient les combats.


Ma respiration était désormais bien plus détendue. Soulagé, je posais mon regard sur celui de Thaïs.
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Thaïs Rwenaln
Balance du Saint-Royaume
Royaume de Keldar

le Valkin 21 Danurmos du 1563ème cycle à 23h13

*** Dans ce chassé-croisé de regards, Requiem put discerner une profonde affection dans les yeux vert trouble de Thaïs. Devant eux, milles souvenirs se succédaient les uns après les autres, de cette époque ou le Hiérarque et la Chancelière étaient rivaux. Cette époque où l'une crachait le fiel, lorsque l'autre bavait de miel. Cette époque où elle usait des pires vices pour guérir le Royaume de ses maux, et lui brandissait quelques nobles principes. Opposés ils l'étaient, permettant par l'alliance de leur deux tempéraments un harmonieux équilibre, tantôt doux tantôt violent, mais jamais impuissant.

Les yeux verts de la Chancelière s'adoucirent. Elle semblait apaisée en cet instant. Sa bouche s'arrondit, comme si elle eut voulu tracer quelques mots aux consonances étrangères, mais ils restèrent bloqués dans sa gorge. Elle déglutit, péniblement. L'instant de grâce était passé. Les souvenirs suivants étaient plus sombres. Elle se remémorait des geôles, des cris de prisonniers, des crissements d'ongles sur la pierre, des craquements d'os, des suppliques... Les insultes, les menaces reçues, les malédictions lui revenaient à l'esprit comme un crachat dans la figure. Elle avait libéré tant d'affliction, car ainsi en allait sa mission. La Justice n'était ni amour ni haine, elle était droite, comme la lame d'une épée, tranchant sans distinction ni détour.

D'une voix rauque, empreinte de sentiments, Thaïs poursuivit : ***


Je n'ai à vous offrir, Paladin, que de la sueur, du sang et des larmes. Les voies que nous empruntons seront parcourues d'ornières. Nous avons devant nous une épreuve des plus douloureuses, qui durera certainement bien des cycles, et probablement jusqu'à notre trépas. Mais si vous me demandez dans quel but ? Je vous répondrai que tel est le prix de la Justice, aussi long et dur que soit le chemin qui nous y mènera ; car sans Justice, il n’y a pas de survie. Est-ce à ce prix là que vous voudrez me suivre ? Quel tribut êtes-vous prêt à sacrifier sur Son autel ?
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Requiem
Keldarien, Paladin
Royaume de Keldar

le Dolink 23 Danurmos du 1563ème cycle à 08h02


Le temps des serments et des promesses semblait venu. Pas de ceux qu'on accouchent sur l'oreiller pour combler une dernière fois la personne aimée, non. Mais de ceux qui, même s'ils ne raisonnent que dans l'esprit de ceux qui le contractent, impliquent tout un être, toute une âme, tout un destin.

A la croisée des chemins, revenue de la mort, tiré de son errance, mon regard balayait l'horizon et la découpe exiguë des murailles de l'îles des Roys. Les défenses de la cité se dessinaient dans le lointain au fusain, vue brouillée par le mélange de brume, de brouillard ou de volutes de fumées qui se dégageaient des cheminées. Et je les contemplais. Probablement qu'il était plus simple de les fixer que de se plonger dans le regard de la Chancelière.

Les questions s'étaient multipliées. Je les avais écoutées d'autant plus qu'elles me parlaient. Le serment qui se devinait était-il fraternel, fratricide, ou plus encore ? Jamais je n'avais pu mettre de mots sur notre relation. Et de ma vie de Paladin, jamais je ne pouvais admettre autre chose que de l'admiration et une grande proximité avec celle qui me tançaient alors de prendre position.


Le prix de ma vie n'est rien à côté de ce combat que nous devons mener.
Je suis prêt à le payer et à le supporter à jamais.


Les derniers cycles, confortablement teintés d'absence et d'inaction, se terminaient vraisemblablement. Une page de mon histoire, pas la plus glorieuse, pouvait se tourner. Il était désormais temps de dépoussiérer mon armure et mes blasons.

" Maintenant que tu es là, je sais pourquoi je me bats. " M. Pokora.

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Thaïs Rwenaln
Balance du Saint-Royaume
Royaume de Keldar

le Mirion 26 Danurmos du 1563ème cycle à 14h21

*** Pour le commun des keldariens, l'issue de ces retrouvailles aurait été écrite. Évidente et fatidique, mais d'un ennui éternel.
Lorsque les deux protagonistes sont un paladin sacré, et une étoile montante du Royaume, les lois terrestre cèdent aux voies célestes. Des années peuvent s'écouler sans que ces deux âmes ne puisse se recroiser dans une parade astrale. Lorsque leurs orbites pouvaient enfin s'enlacer, ces moments pourtant éclipsaient toute l'attente et le chemin endurés, mais l'étoile et le temps filants, ils n'étaient que passagers, car qui saurait commander au temps de s'arrêter ? Bientôt leur course lunaire devrait reprendre, et satelliser leurs toquades, pour peut-être un jour, mieux les retrouver.

Après un silence qui parut éternel, Thaïs reprit pourtant la parole : ***


- Votre fidélité et loyauté me touchent, Paladin, mais le temps n'est pas encore advenu. Cependant, lorsque les planètes sera le bon, alors votre soutien sera plus que nécessaire.

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