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IDEO : Les Domaines Oubliés

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Tabatha - Chapitre 4 - Le cimetière des domaines oubliés

Sur les routes de l'Empire
Les contrées d'Ideo : Parcourez les contrées d'Ideo, découvrez et contez ce qu'il se passe aux quatres coins de ces domaines oubliés...

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Information détaillées
Tabatha Defrancie
Aspirante Traqueuse
Empire de Kohr

le Malina 29 Logalios du 1562ème cycle à 16h57


Les sables


Les deux femmes chevauchaient sans échanger un mot depuis le tout début de l’aube. Tabatha prenait de plus en plus d’initiatives dans les jeux de l’amour et leurs nuits avait été houleuse.

— Tu dis que tu n’as jamais rencontré une magicienne comme ma mère ? Jamais ? Vraiment ?
— Jamais ! J’ai connu un mage très puissant. Son visage trahissait sa concentration. Ta mère ne bougeait pas un cil en te collant sous plénitude. Elle pouvait même te parler alors qu’elle était sous vision ultime. Non Tab… Je n’ai jamais rencontré un mage comme l’est ta mère.
— Elle est si puissante que ça ?

Alyss jeta un coup d’œil à la traqueuse.

— Quand tu maitriseras plénitude, ton sort sera tout aussi puissant que celui d’Aliénor. Ni plus ni moins. Mais j’espère pour toi que tu auras sa puissance de travail. Elle est infatigable. Impressionnante et infatigable. Rien ne la distrait. Elle ne manque jamais un sort. Ce qui est incroyable avec ta mère, c’est qu’elle donne l’impression de ne rien faire, quand d’autres peuvent suer sang et eau sur une passe de magie. Alors que je l’ai vue tirer la langue, concentrée et appliquée dans la préparation d’une sauce un peu complexe !

Les deux femmes se sourirent et Tabatha talonna sa jument. Il était temps de la fatiguer un peu.
Au loin, la grande muraille se dressait comme un gigantesque rempart.

— Quand ma mère et toi, avez commencé à… Enfin tu vois ?

Tabatha, sans regarder vers la voleuse, savait que cette dernière souriait.

— Cette fameuse nuit… Celle de l’histoire. Ta mère s’était effondrée sur ses couvertures, sans même partager notre repas. J’avais posté mes filles de garde aux alentours du feu. De toute façon, personne n’aurait pu dormir cette nuit-là. L’aura de ta mère, sa magie… Nous étions dans un drôle d’état. Surexcitées et pourtant pleines de béatitude. Autant occuper mes filles. Alors j’ai été voir si ta mère allait bien… Et voilà.
— Aliénor Defrancie l’infatigable ? Effondrée ?

Alyss souriait toujours mais son ton devint le plus sérieux du monde.

— Je crois… Je crois que si on n’a pas assisté à ce combat, on ne peut pas vraiment comprendre. En fait, il est possible que ta mère n’ait pas eu besoin de nous. Elle aurait tout aussi bien pu tuer toute cette racaille toute seule… C’est de s’occuper de nous, tout le temps de la bataille qui l’a épuisée.
— Oui… Certainement.

Alyss eut un petit rire.

— J’étais la première femme avec qui… Tu vois parfaitement ce que je veux dire. Elle a découvert mon amour sans trop avoir à faire d’efforts…
— Oui… Ca va ! Je n’ai pas envie de détails.
— Au petit matin elle était dans une forme éblouissante. Oh oui, elle est infatigable ! Infatigable Aliénor !

Le rire d’Alyss couvrit les jurons de la traqueuse.

— C’était plus fort que moi ! Pardon Tab !


Le grand mur


Cette fois, elles y étaient. Le grand mur.
Les pierres blanches de la muraille semblaient luire faiblement sous le soleil hivernal. Un étrange silence régnait sur les environs. Pesant. Angoissant. Aucun bruit, aucun animal, pas le moindre piaillement d’oiseaux. C’était comme si la nature avait décidé de respecter les lieux.
Le sol était par endroits, jonchés d’ossements. Certains plus ou moins enterrés dans le sable, d’autres éparpillés et blanchis par le soleil. Le grand mur avait donné des festins aux corbeaux et aux charognards. Les protagonistes n’avaient pas daigné prendre soin de leurs morts. Un écœurement étouffant prit Tabatha à la gorge. Elle contemplait le vrai visage de la guerre.

— Voilà ce que Keldar et notre bon Empereur ont fait… Va-t’en donc parler d’honneur et de gloire à ceux-là ! Les imbéciles…

Alyss Timora, le regard sur un petit monticule jonché de parties de squelettes et de débris divers, porta sa gourde à ses lèvres et but à la régalade. Tabatha resta silencieuse. Armures cabossées et rouillées, armes de toutes sortes, elles aussi abimées par le temps, gisaient sur le sable. Sable et rocaille. Lieu maudit des dieux…


De l’autre côté du mur


— Les hautes landes…

L’air était plus vif mais Alyss ne semblait pas s’en soucier. Certes, la voleuse avait le sang chaud, en amour, comme en toutes choses mais Tabatha s’étonnait de la résistance au froid de cette femme. Elle portait une autre chemise, sans manches et aussi blanche que les autres, comme tout aussi décolletée. Son éternelle cape noire sur les épaules n’était pas un manteau et ne suffisait pas à la protéger du froid.

— Oui… J’ai du mal à imaginer que le sol que nous foulons était Ithoria, il y a encore quelques cycles.

La traqueuse frissonna et s’enroula dans son épaisse cape. Manteau plus que cape par ailleurs. Pourtant, elle sentait le froid piquant engourdir son corps.

— C’est pourtant vrai que tu sembles ne jamais souffrir du froid.
— Gamine, je dormais dans les rues. C’est peut-être une histoire d’habitude. Une sorte d’endurcissement.

La voleuse eut un drôle de sourire et elle désigna l’horizon.

— Bientôt, il fera plus froid encore. Mais nous serons vite à Blancastel. C’est l’histoire de quelques jours. J’adore nos nuits à la belle étoile mais j’avoue qu’une bonne flambée me ferait plaisir. Et une bonne bouffe me ravira. Je n’en peux plus de tout ce petit gibier.

Tabatha ricana et elle donna une tape légère à la voleuse. Aussitôt, elle dut retenir sa jument qui n’attendait qu’un signe, pour quitter le pas imposé par sa cavalière. Elle calma sa monture d’une caresse entre les oreilles.

— Tu parles d’une aventurière… Tu es devenue une véritable bourgeoise.
— Parfois, je me demande ce qui me fait encore courir… Je suis assez riche pour passer mon temps à me prélasser au lit toute la journée.
— C’est vrai qu’un bon lit au matelas épais… Délémia ! Moi aussi j’ai aimé ce voyage avec toi Alyss... Seule, je m’en serai lassée. Mais un bon lit…
— Un bon feu… Un bon morceau de bœuf grillé sur la braise.
— Des pieds de porcs vinaigrette.
— Des légumes ! J’ai envie de carottes… De pommes de terre !
— Des fruits !

Les deux femmes rirent de bon cœur et Alyss soupira.

— J’ai vieilli… C’est vrai ! Je le sais. C’est la vie…
— Tu dis ça parce que je suis meilleure épéiste que toi…
— Et meilleure archère également. Non Tab… Je n’ai jamais excellée aux armes. Ce n’est pas dans mes os que la lassitude s’est installée. C’est dans mon âme. Je n’ai plus le tempérament d’autrefois.
— Tu es loin d’être vieille ! Tu es une belle femme pleine d’allant. Intelligente et forte. Plus tard, j’aimerai être comme toi, Alyss.

La voleuse jeta un regard amusé à Tabatha et se pencha vers elle pour caresser doucement une joue fraîche.

— Tu seras plus belle, plus forte et bien plus intelligente que moi ma jolie. J’en suis convaincue.
— Ouais… Pour l’intelligence je suis d’accord avec toi. Ce ne sera pas très difficile.

Un court silence et le rire grave d’Alyss résonna. Tenant son étalon d’une poigne ferme pour ne pas créer d’incident, la voleuse s’approcha au plus près de Tabatha. Ses yeux dorés brillaient de malice.

— Tu sais ce que j’aimerai là, maintenant ?
— Oh Alyss ! Tu es insatiable ma parole. Il fait trop froid pour que je retire ne serait-ce que mes gants...
— Que vas-tu imaginer jeune obsédée ! J’ai simplement envie de courgettes et de tomates farcies… Porc, persil et épices… Un rouge de Sardân. Léger et fruité…
— Ce n’est pas la saison des tomates.
— L’un de mes fermiers produit des tomates en hiver. Il a emplit une vieille bergerie de terre fertile, bouché le moindre trou pour isoler la bâtisse du froid et il recouvre les plans de paille sèche. J’ai des tomates même en hiver.

Tabatha lâcha un rire cristallin. De la buée s’échappait de ses lèvres. Son ton était celui d’une bourgeoise guindée et imbue de sa personne.

— L’un de mes fermiers prôôôduit des tômâââtes…J’ai des tôôômâââtes même en hiver… Non mais tu t’entends parler…
— Parfaitement. A certains moments je pourrai jouer à la grande dame. J’ai de l’or dans mes poches et dans des banques. Je possède des maisons dans chaque ville impériale et trois gros domaines, en Arténie. Je suis propriétaire de terres et je gère des fermages... Mais tout cela m’emmerde terriblement…

Les deux femmes se sourirent et Tabatha découvrit que leur petite discussion lui avait ouvert l’appétit.

— Une tourte à la viande… C’est ça que je voudrais. Pâte épaisse et croustillante. Bœuf et porc, épicés. Du cidre doux. Une tarte aux pommes… Ma mère m’a parlé de l’auberge de Blancastel et de son ami Vladimir. J’ai hâte d’arriver. Une tourte brûlante… Hum !
— Moi aussi j’ai hâte. Toi entièrement nue dans un large lit à baldaquin hum…
— Oh ! Alyss !
— D’accord ! D’accord ! Toi nue, du vin et une tourte à la viande…



Carpe diem

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