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IDEO : Les Domaines Oubliés

122 Joueurs sur Ideo (4354 inscrits) : 64 humains (2247), 29 elfes (1365), 29 orcs (742) | 1 joueurs connectés | Liste des joueurs | IDEO V3.1.0

Une très belle nuit

HRP : seule Laya est invitée...
Le Monde des Rêves : Les rêves sont un moyen d'échapper à la réalité quotidienne. On peut rencontrer d'autres rêveurs dans le monde des rêves, mais ces rencontres floues, si elles sont parfois enrichissantes n'ont jamais valeur de communication. Pas de diplomatie ni de serments ici car les rêves sont avant tout ... des rêves.

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Tébaldeo Lyriel
Kohrien
Empire de Kohr

le Mirion 17 Logalios du 1550ème cycle à 11h50

*** Au détour des rêves, un chemin appelle l'attention du visiteur nocturne. Une ombre passe parmi les arbres, et l'herbe crisse sous ses pas. C'est un jeune homme, le regard perdu et plein d'espoir, qui marche dans la forêt, vers une source de lumière, un peu plus loin.

Il écarte quelques branches, et découvre une petite clairière, alors qu'un animal fuit à son approche. La nuit enveloppe tout, et seule la lune éclaire en demi-teinte l'endroit où un petit ruisseau berce le lieu d'une légère musique cristalline.

Tébaldeo s'assoit sur une souche, et la lune semble garder sous son oeil la scène silencieuse. De lourds vêtements de nomade enveloppent le épaules du jeune homme, qui en extirpe une flûte en bois toute simple.

Il n'en joue pas tout de suite, comme semblant goûter la fraicheur de la nuit et le silence de ce rêve. Le Domaine de Shadaliel accueille les ombres dansantes à la limite de son champ de vision, et tout semble s'animer, dans une farandolle un peu inquiétante et pleine de mystères.

Il porte l'instrument à sa bouche et ferme les yeux, ne cherchant pas à établir de prise dans cette nuit de rêve. Les ombres semblent danser au rythme lent de la flûte, comme s'animer avec la musique.

La Vie semble s'exprimer dans ce lieu baigné de lune, et quelques animaux reviennent dans la clairière paisible. C'est une très belle nuit. Le visiteur nocturne continue sa mélodie, mais ouvre les yeux, et parcourt l'assemblée des vivants autour de lui. Il semble attendre quelqu'un...

C'est vraiment une très belle nuit. ***

Mourir n'excuse rien. Et, je vous l'assure, ne résout pas grand chose non plus...
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Laya Tintallë
Kohrienne
Empire de Kohr

le Mirion 17 Logalios du 1550ème cycle à 14h08

*** La magie de la nuit fait de cet endroit une clairière universelle et unique à la fois.
Combien de sommières ainsi apparues abritèrent de rêves apaisants ?
Tant, et aucune à la fois.

La nis n’est pas tout à fait endormie, ou du moins est-elle entrée en état de veille ;
De fait, si elle distingue confusément les contours du lieu qui l’abrite, c’est elle qui apparaît floue dans ce cadre enchanteur.
Mais peu importe ; car pour l’instant, simple chimère dans la pénombre, elle écoute.

Pas un mot ne vient troubler la quiétude de l’instant ; mieux encore, un son cristallin s’élève, une mélodie qui se fond dans le tableau plus qu’elle ne l’oriente.

Et tandis que son attention se fixe sur la mélopée légère et gracieuse, les contours du paysages s’affinent, révélant de nombreux détails ; elle peut à présent sentir l’humidité dans l’air, et l’odeur suave du sous-bois ; et tout autour d’elle, une multitude de petites consciences éveillées ; les nocturnes s’affairent, inintéressés par le déroulement de ce rêve. Les insectes, les animaux rêvent-ils ? Ou sont ils le fruit de l’attention miséricordieuse et précise du créateur de ce rêve ? Où est-ce simplement elle qui les imagine, en cet instant ?

Elle dort à présent ; elle le suppose.
Sous le regard de la lune, légèrement en retrait du cœur de la clairière, sied un homme.
Celui qui est à l’origine du Songe ; Celui dont émane la Musique ; Celui dont elle désire et craint à la fois la rencontre.

Un poids pèse sur son cœur, comme chaque fois qu’elle s’apprête à prendre une décision dont les conséquences s’étendent plus loin qu’elle ne pourrait le prévoir.
Elle hésite ; Peut-être ne devrait-elle pas ?
La curiosité une fois de plus la démange, et elle est prête à sortir de l’ombre pour le rejoindre ; est-ce un pas symbolique ?

Très certainement s’inquiète t’elle inutilement, comme toujours. Mais elle fréquente si peu le Monde des Rêves; ses règles ne lui sont pas familières…

Les dernières notes se meurent sur la petite flûte de bois, avant de ressurgir, de s’élever à nouveau.
Accompagnée, poussée par cette renaissance de la musique, elle quitte le couvert des feuillages et l’obscurité, et gravit doucement le talus sur lequel repose la souche.

Brièvement, la question de l’apparence lui traverse l’esprit ; Reflète t’elle ce qu’elle est aujourd’hui ? Celle qu’elle a été hier ? Ou peut-elle choisir de la modifier à loisir ?
Tant d’efforts pour s’effacer, elle s’en voudrait de tout anéantir aujourd’hui….
Mais elle se rassure. A son cou pend la petite pierre de lune noire, aussi sépulcrale que sa robe, aussi ténébreuse que ses cheveux. Elle est Cléïs ; tout va pour le mieux.

Il est de dos.
Elle choisit de ne pas l’interrompre, et vient s’asseoir silencieusement à coté de lui, sur le sol, sous les rayons opalins. ***


Ce qui éclaire demeure dans l’Ombre
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Tébaldeo Lyriel
Kohrien
Empire de Kohr

le Mirion 17 Logalios du 1550ème cycle à 14h37

*** Clair obscur incertain, la clairière plongée dans la nuit semble animée d'une vie propre, et tout se meut et change sous le regard de Tébaldeo, qui savoure le don de l'Ombre Nocturne.

Les sons, les odeurs et les sensations se mêlent en cet instant, et les lièvres semblent regarder le jeune homme d'un air moqueur. Comme s'ils comprennaient bien plus que lui en ce lieu les trames invisibles du destin se liant selon une Providence malicieuse et subtile.

Sommes nous ton rêve ou toi le nôtre ? Si la question n'a pas été formulée, celle-ci semble flotter dans l'air, dans ce lieu où le temps semble durer plus qu'il ne devrait. Domaine de la nuit, de l'illusion et du mystère. Lieu de tous les possibles...

Le frémissement de la nuit lui parcourt l'échine, comme une caresse, un presque rien de sensation et pourtant si intense, si long et si savoureux. La musique tremble une seconde, un doute s'est emparé de l'esprit du rêveur : est-ce seulement la nuit ? Est-ce seulement le contact de l'air ? Est-ce seulement l'odeur de la nature ?

Lentement, la musique s'achève, et Tébaldeo baisse l'instrument, puis s'humidifie les lèvres en les faisant jouer l'une contre l'autre. Encore ce contact... Des cheveux. De longs cheveux féminins, odorants et épais, se fondant dans la nuit.

En posant sa flûte à côté de lui, il devine une présence... Il ramène les mains entre ses genoux et croise les doigts. les secondes passent, et les deux formes se découpent, immobiles, dans le clair de lune. Personne ne semble décider à rompre le silence, de peur de rompre l'atmosphère si particulière du rêve.

Au bour d'un temps, dans un murmure, le jeune homme sans se retourner, finit par engager la conversation tant attendue : ***


Bonsoir, ma Dame...
Mourir n'excuse rien. Et, je vous l'assure, ne résout pas grand chose non plus...
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Laya Tintallë
Kohrienne
Empire de Kohr

le Joriol 18 Logalios du 1550ème cycle à 01h05

*** L’air ambiant se fait épais, le temps ralentit, et ses gestes avec lui.
La nis ferme lentement les paupières et les ouvre, geste habituellement anodin, mais ostensible en cet instant.
Son cœur résonne sourdement, puissamment, et l’inspiration qu’elle prend pour répondre semble résonner d’un écho vibrant, avant de revenir jusqu’à elle.
L’étrangeté de la situation l’interrompt d’ailleurs, et elle coupe son souffle un instant, les poumons emplis de cet air nocturne et pur.

Les lèvres légèrement entrouvertes, elle finit par laisser imperceptiblement s’échapper l’air prisonnier dans sa poitrine ;

Le vertige n’en finit pas de la saisir, et il lui semble qu’elle vacille à l’intérieur.


Elle ne tourne pas la tête ; elle ne désire pas encore mettre des traits sur la Voix, sur la Pensée, sur l’Ame.
Chaque chose arrivera au fur et à mesure ; et l’instant est précieux, elle ne veut rien gâcher.

La Voix n’est pas différente de ce qu’elle aurait pu imaginer ; Profonde, mais pas pesante, juste assez présente pour être rassurante.

Elle réalise qu’elle décortique chaque instant qui se passe, et s’efforce de réfréner ce tic incessant. ***


- …Insondable ; immuable, éternel, absolu…

*** Les quatre premiers mots franchissent doucement le bout de ses lèvres, à peine retenus ; elle ferme les yeux, et le temps reprend alors son cours habituel. ***


- Face de vision ; être qui toujours crée ;
Centre ; rayonnement d'épouvante sacrée ;


*** L’intonation se fait plus assurée, à mesure que les murmures laissent place à une voix en demi-teinte ; la fièvre voilée qui l’anime va crescendo, et son application à cacher cette folle inquiétude ne fait que la souligner un peu plus. ***


- Toute-puissance ayant des devoirs et des lois ;
Présence sans figure et sans borne et sans voix ;
Seul, pour prunelle ayant l'immensité sereine ;
Regardant du même oeil ce qu'un puceron traîne,
Ce que dévore un ver, ce qu'un ciron construit,
Et le fourmillement des soleils dans la nuit ;
Volonté, d'où le monde en jets vivants s'élance,
Qui pour matériaux a la nuit, le silence,
Le vide, le néant, rien ; et pour canevas
L'infini reflétant de vagues apsaras…


*** Elle s’interrompt un instant et s’apaise.
Sa tête, légèrement penchée, est en partie dissimulée par ses cheveux, et l’on ne peut clairement distinguer les traits de son visage, ni même l’humeur qui l’anime.
Le silence est tout juste troublé par le souffle nocturne, qui porte sur ses ailes les voix des enfants de la nuit, êtres humains, animaux… jusqu’à la flore, qui s’épanouit secrètement loin du regard inquisiteur de la lumière.

Et puis, à nouveau, un murmure : ***


- Pensée aboutissant, lumineuse, aux prodiges ;
Moi, gouffre où tous les moi tombent, pris de vertiges ;
Essence inexprimable en qui tout se confond ;
Tourbillonnement d'ombre et de lueur au fond
D'on ne sait quoi de grand, de splendide et de sombre ;


*** Elle redresse la tête, et lève les yeux vers l’astre de la nuit ; ainsi nimbée par les rayons pâles, elle termine sa stance. ***


- Espèce de forêt de facultés sans nombre ;
Il est là, formidable, unique, illimité,
Stupéfiant les cieux de son énormité ;
Et, sous le porche immense et brumeux de l'abîme,
Au degré le plus noir du chaos, sur la cime,
Tous les êtres créés, en haut, en bas, partout,
Astres, globes, édens, enfers dont le flot bout,
Les rochers, les volcans, les monts, les mers houleuses,
Les âmes, les esprits, les foules nébuleuses,
La bête dans les bois, l'ange dans l'éther bleu,
Se courbent effarés devant l'horreur de Dieu.


*** Elle laisse les derniers mots mourir sur ses lèvres, et paraît un instant méditer sur ces paroles.
Puis ; ***


- L’homme qui a fait don de ces vers à l’humanité était sans nul doute un poète visionnaire. Vous retrouvez vous dans ses propos ?


*** Deux phrases, à mi-chemin entre la retenue farouche et la détresse.
Elle tourne finalement la tête vers lui, apparemment calme et sereine, et pose deux yeux perçants, à l’expression incertaine, sur son âme. ***


- Bonsoir, Messire...

Ce qui éclaire demeure dans l’Ombre
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Tébaldeo Lyriel
Kohrien
Empire de Kohr

le Valkin 19 Logalios du 1550ème cycle à 21h42

*** Choc... Stupeur et émotion indicible. Le Hiérophante n'est plus. C'est un Tébaldeo vibrant, larmes aux yeux, enfant rêveur et sensible qui contemple l'Absolu fait acte.

Le jeune homme est levé à présent, il ne sait plus, il ne sait pas comment. Il est l'ombre de lui même devant l'Ombre qui s'exprime de la lumière la plus pure en la personne et la bouche, bouche si sensuelle de Cléïs, nom longtemps caressé sur des parchemins merveilleux de profondeur, nom à présent rayonnant de beauté sur cette figure d'ange qui lui fait face.

Il n'avait jamais mis un visage sur sa mystérieuse correspondante, il n'avait même jamais tenté, jamais eu l'idée d'incarner cette pensée si forte et si pénétrante, dans laquelle il s'était si parfaitement retrouvé.

Tébaldeo ne pensait pas vraiment à tout cela, en cet instant... Pour ainsi dire, il ne pensait pas du tout. Les animaux oniriques le faisaient à sa place, et commentaient intérieurement ce dédoublement autoscopique, où eux pouvaient connaître de l'exterieur ce Moi qui se redécouvrait en cet autre être, cette autre particularisation de l'universel que le frêle Tébaldeo avait tant cherché dans sa jeunesse.

Après tout, n'avait il pas le droit de trouver cette douceur, et cette profondeur si familière, après tant de temps à cotoyer la peur et l'abîme de la pensée ? Les oiseaux taisent alors leur pensée, pour à nouveau écouter l'âme de Tébaldeo vibrer, et nul doute que l'importun rêveur, qui ne partage pas ces deux pensées, en ce moment, doit se sentir troublé...

Tébaldeo regarde cette femme, plus belle qu'il n'aurait jamais pu l'imaginer. Blanche comme la nuit, blessure blanche dans l'obscurité, lumière pâle dans le noir de ces cheveux si longs et si doux qui semblent jouer avec la nuit. Moitié cachés, moitié cachants, apparition pour ainsi dire irréelle, dans ce qui était déjà censé être un rêve.

La féminité de Cléïs seule donne une présence à la majestée si inaccessible de la vision, et Tébaldeo se sent comme vide devant celle qu'il domine de toute sa stature. Il voudrait baisser les yeux, mais ne le peut pas, captivé par son rêve, comme craignant un instant d'inattention, un retour à la réalité.

Les deux rêveurs se font face, mais l'obscurité est telle à présent qu'ils ne forment plus qu'une seule sombre silhouette. Une silhouette dans un même rêve. Une même fragilité, une même quête dans les yeux de l'autre d'un Absolu qu'on fuit et qu'on espère. ***


- Oui... Ces vers sont... tout ce que j'ai souvent tenté d'exprimer... Je suis tellement... étonné, abasourdi... Il me semble trouver des réponses à présent que j'attendais depuis toujours.

*** Le jeune homme s'interrompit un instant, afin de goûter pleinement encore le vert des yeux de Cléïs, qui semblaient briller comme ceux d'un animal sauvage.
***


-Mais je suis à la fois terriblement tourmenté et parfaitement serein. Comme si mon âme entière vibrait sans bruit. Comme... une résonance.

*** Il y avait dans ces seuls mots bien plus qu'il ne pouvait en dire. Un accord, deux âmes pour une seule mélodie. ***

Mourir n'excuse rien. Et, je vous l'assure, ne résout pas grand chose non plus...
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Laya Tintallë
Kohrienne
Empire de Kohr

le Lüdik 22 Logalios du 1550ème cycle à 00h28

*** Elle hoche la tête.

Elle comprend, car elle sait.

Non pas ce savoir approximatif, borné à la compréhension de la sémantique et du principe; mais cette certitude absolue, issue uniquement de l'expérience vécue; de cette reconnaissance intime d'une même expérience, subie et souhaitée.

La lune luit derrière le jeune homme, et l’ombre étirée plonge la nis dans un croissant de pénombre. Elle se demande un instant si Tébaldéo n’est pas une manifestation de son esprit, non pas en tant que perception, mais création, pour pallier à la solitude qu’elle pense pourtant être son choix ; Elle imagine fugacement que si elle venait à poser sa main sur le jeune homme, ses doigts ne viendraient à rencontrer que l’air brumeux de la nuit.

Le jeune homme, ou son apparition, est à la fois radieux et plein d’espoir ; et l’aura particulièrement bienfaisante qui émane de lui ne cesse de questionner la nis. Ils sont différents en tout point, opposés parfaits ;
Lui, Lumière masculine, à la fois puissante et apaisante, Guide spirituel affichant clairement sa confiance en l’humanité, et dont la mansuétude innocente redonne espoir à qui l’attend;
Elle, que seule la nuit épanouit, fille des Ténèbres, femme de l’Ombre, sibylline et secrète, et habitée par la défiance;
Et pourtant, ils ont tout deux vu.
Comment ?
Pourquoi eux ?

Qu’ont-ils en commun qui ai pu les conduire à emprunter cette même route, chemin escarpé bordant le gouffre insondable de la folie ?

Elle se relève doucement ; le jeune homme la domine de toute sa hauteur, et même debout, elle a l’impression d’être toujours assise. Son doigt effleure subrepticement l’avant-bras du jeune homme ; elle sait maintenant qu’il est tout aussi réel qu’elle, du moins aussi réel qu’on puisse l’être dans un rêve.
Et puis, il n’est pas possible qu’elle ai rêvé ces missives ; ou alors, elle aurait basculé dans ces abysses qu’elle craint et qui l’émerveillent ? ***


- Vous êtes réel ;
*** quelques mots murmurés sur le ton de l’évidence.

Au delà de l’apparence, il y avait quelque chose au fond des yeux du jeune homme qui fredonnait quelque air connu, comme la rengaine d’une ritournelle ancienne et universelle, à fleur de conscience.
Un miroir ?
Une mise en abîme… ***


- Je dois vous avouer être prise au dépourvu… Par où commencer ? Qu’annoncer lorsque tout est dit, mais rien révélé ?

*** Elle secoue un instant la tête, et finalement : ***


- Je ne sais si cette question a un sens ; la réponse en elle même m’aiderait-elle ? et le fait de nous rencontrer ici ne la changerait-il pas ?

*** Elle pose un regard clair et franc sur le jeune homme. ***


-… L’avez vous vaincue ?


Ce qui éclaire demeure dans l’Ombre
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Tébaldeo Lyriel
Kohrien
Empire de Kohr

le Joriol 25 Logalios du 1550ème cycle à 15h40

*** Réel, réalité, vérité... Peut-on parler de véracité du senti, peut-on seulement se raccrocher à quelque chose de stable dans un monde où rien ne demeure ? La vie n'est elle pas qu'un long rêve éveillé ?

Mais dans ce rêve, la brûlure qui reste sur le bras du jeune homme est plus réelle qu'aucune autre sensation. Ce n'est pas le froid de la nuit qui le fait trembler, mais cette indicible sensation, un contact plus léger qu'un souffle mais qui laisse des traces plus puissantes dans l'esprit du jeune homme que la plus forte des douleurs.

Le jeune homme ferme les yeux, tandis que l'émotion le gagne, et que tout son corps réclame un nouveau contact. Mais ce presque rien perdure, et ne disparaîtra plus. Tébaldeo le sait à présent, jamais il n'oubliera ce moment chimérique, ni les yeux de cette femme en face de lui. Ses doigts ont touché sa peau, ses yeux ont vrillé son âme, plus rien ne sera comme avant.

Le Hiérophante se calme doucement, alors que son coeur explose dans sa poitrine. Les yeux plongés dans ceux de Cléïs, il écoute la question de la jeune femme sans ciller. Il se taira, il gardera au fond de lui cette brûlure, il le sait à présent. Choisir l'Universel, choisir la voie des dieux permet à celui qui l'emprunte de sentir au fond de soi ce souffle infini, cette puissance cristalline invincible qui apaise et exalte. La folie prend un visage, et tout le monde se dévoile aux yeux de celui qui met sa vie au service de son Idéal... L'Amour est ce gouffre, cet autre versant de l'immensité, cette brêche insondable où l'on se perd.

Il n'a pas le droit. Il n'a pas le droit d'hurler son égoïsme et sa faiblesse à celle qui réclame la voix du Hiérophante qu'il a choisi d'être. Cruelle destinée. ***


-Vous avez raison. Tout a été dit, mais effectivemment, rien n'est révélé...

*** Un sourire un peu triste passe sur le visage du Hiérophante, qui cherche à se noyer dans ces yeux immenses. ***


-Il ne s'agit pas de vaincre ou de perdre ma Dame. Il s'agit d'accepter. Oui, j'ai eu peur, trop souvent, de sombrer inéluctablement. Mais j'ai ouvert les yeux, j'ai accepté de regarder l'infini en face. Il est terrifiant pour celui qui le fuit, mais il ne brûle pas les yeux pour celui qui accepte cet... amour

*** Tébaldeo lève la main vers le visage de Cléïs, se retient, se ravise. ***


-Je ne sais plus trop pourquoi je suis ici... Il y a cette voix, cette voie... Qui nous a réuni. Il y a la beauté, il y a ce que nous avons tout deux contemplé, et retrouvé en l'autre... Il y a les dieux, bienveillants, qui nous regardent en cet instant. Il y a la Nuit, qui n'attend que vous.

*** Un temps ***


-Oui, je l'ai vaincue, cette peur, cette folie qui me guettait. J'ai dévoué ma vie aux dieux, et j'en ai compris l'envers. J'ai compris que ce gouffre n'est un danger mortel que pour celui qui sent son appel mais qui résiste. J'ai accepté, et... mais... mais parler avec vous efface tous ces mots. Cette rencontre change... beaucoup de choses en effet...

*** Tébaldeo laisse retomber sa main, il sent qu'il en a trop dit, ou pas assez... Il sent une responsabilité si lourde, et ce contact sur son bras qui n'en finit pas. Il n'ose plus regarder Cléïs en face, de peur de voir dans ses yeux l'incompréhension... ou la compréhension. ***

Mourir n'excuse rien. Et, je vous l'assure, ne résout pas grand chose non plus...
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Laya Tintallë
Kohrienne
Empire de Kohr

le Solior 27 Logalios du 1550ème cycle à 03h25


*** La nis ne baisse pas les yeux, et elle fixe toujours le jeune homme.
Néanmoins, derrière l'écran vert, elle sent qu'elle vacille; ses idées s'agitent, à toute vitesse, et une multitude de pensées défile sans qu'elle puisse y mettre bon ordre.

Accepter....
L'idée est séduisante, se laisser aller, se fondre dans le Tout, s'ouvrir à cet Amour omniscient, sans plus craindre d'obscures conséquences...

Mais elle sent confusément que cela n'est pas si simple; que toute la bonne volonté ne suffirait pas à s'abandonner à l'Infini; car cet acte suppose une forme d'Amour Universel, une sincérité dans l'élan , une sublimation de l'altruisme, du sentiment d'affection envers l'autre et le reste du monde; le reste du monde, et le Monde lui-même.

Comme chaque fois qu'elle s'apprête à faire un pas en avant, il lui semble que tout devient chaotique, que tout se brouille, se précipite violemment, et elle ne peut s'empêcher de désirer s'enfuir, instinctivement, de se réfugier quelque part pour échapper à ce qu'elle perçoit comme un effondrement terrible. La sensation terrifiante de n’être rien ou presque, traquée par le vide comme une proie épouvantée et inéluctablement condamnée.

Alors, oui, elle vacille sur ses jambes, son regard se trouble, et au fond d'elle-même elle perd brutalement pieds, voilà qu'elle se noie...

Nouvelle sensation de chute vertigineuse; suffocation intérieur, et la panique qui monte, qui monte, qui croit comme la marée....

Elle hoche subrepticement la tête, comme pour s'encourager et se reprendre en main, et son regard, un instant figé, s’éclaire à nouveau.
Un instant seulement, car elle perçoit la tristesse au fond des yeux de Tébaldéo, une émotion douce-amère qui cristallise la frayeur enserrant son cœur quelques instants plus tôt.

Elle a lu ces manuscrits qu’il a mit à sa disposition ; elle a lu ce qu’il y a consigné, mais elle a également auguré ce qui n’y figurait pas.
Les mots, malgré leur pouvoir, malgré leur puissance, ne parviennent pas toujours à déployer, décrire, libérer le sens, la sensation, l’expérience.

Le silence se prolonge, ils se font face, à la fois isolés dans leur pensées respectives et plongés dans le regard de l’autre.

Elle est curieuse de le découvrir, en deçà de ce qu’elle devine ; de comprendre plus intimement comment cet homme, si différent d’elle, a pu passer au travers des voiles et contempler la Beauté ; elle est également intimidée de contempler celui qui a eu la hardiesse, le courage et la passion nécessaires à ce dépassement absolu de l’être au profit de l’Infini des Dieux.

Reconnaît-il en elle une partie inachevée de son âme ? Ou peut-être celui qu’il aurait pu être s’il n’avait eu ce courage…
Une sorte de brebis égarée, que la pitié le conduirait à secourir ?
Comme pour confirmer cette idée émergente, comme s’il l’avait entendu songer, le jeune homme baisse les yeux ;
Elle ne tique pas, mais s’assied lentement ; l’instant troublant a laissé la place à une sorte de mélancolie ambiante, qu’elle s’efforce de combattre. ***


- Savoir ce que cela change n’est, je le suppose, guère possible en cet instant ; c’est évidemment et seulement plus tard que cette rencontre prendra tout son sens, par ce qu’elle aura mis en lumière ou jeté dans l’ombre ;

*** Elle s’interrompt et semble méditer sur cette dernière phrase ; puis elle reprend. ***


- Vous savez, j’ai réussi à mettre un nom sur ce qui m’effraie tant dans cet Infini ; le plus ironique est que cette chose est certainement la moins quantifiable qui soit donnée.
***
Elle lève les yeux. Désire t’il s’asseoir ? Elle parle doucement, et ses mots s’apparentent parfois au murmure, manière informelle et involontaire de signifier toute l’intimité de ces révélations. ***


- Le Néant.

*** Elle réprime un frisson en laissant s’échapper le mot. ***


- Concevez vous la différence entre le bruit, le silence, et l’absence de bruit ? Ou la lumière, l’ombre, et l’absence de lumière ?
Le Néant tient à cela ; cette négation tellement ultime quelle n’en est plus une, qu’elle se suffit à elle-même, et qui finalement n’est jamais très loin… Que peut la Beauté, que peut l’immense Bienveillance Divine contre cela ?
Mon problème est simple ; j’ai la Foi, et c’est cette Foi qui me permet de voir au-delà, après les frontières de la finitude et au-delà encore de l’Infini, là où ne réside plus que le Néant. Et ce dernier, s’il ne remet pas ma Foi en question, me presse pourtant d’un effroi tragique et inexorable…


*** Elle lève les yeux et cherche son regard. ***


- Je crois qu’il n’y ai pas de solution à mon problème. Et pourtant, contre toute logique, vous existez, et vous êtes ici. Voilà ce qui me déconcerte…


Ce qui éclaire demeure dans l’Ombre
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Tébaldeo Lyriel
Kohrien
Empire de Kohr

le Lüdik 29 Logalios du 1550ème cycle à 19h18

*** Tébaldeo pose la main sur son coeur, tandis qu'il retient ses larmes. Il suffoque presque. Son coeur bat dans sa poitrine comme une machine devenue folle. Tout lui échappe, tout se désagrège. Il sent qu'il fait fausse route, il sent qu'il sombrre à nouveau. Il se sent seul et perdu, il sent que tout s'achève ici...

Il ferme les yeux, et lève la tête, pour ne pas que ces satanées marques de faiblesses apparaissent. Il ne veut pas réveiller cette peur en lui, la peur du vide. Ce vide insondable qui le réveille la nuit, cette peur si humaine et inhumaine qui l'empêche parfois de vivre.

Il tente de fermer sa main sur son coeur, de réprimer cette angoisse terrible qui étreint parfois tout son être, mais la forêt paraît morte en cet instant, et nulle chimère pour remplir ce gouffre intérieur qui s'effondre sur lui même. La peur le rattrape, évoquée, invoquée par cette voix si douce et si juste.

Puis, simplement, Tébaldeo craque.

Entre volonté intérieure et nécessité, entre mouvement insondable qui part du fond de l'être et simple accord, acquiescement, Tébaldeo se met à parler.
***


Oui... Le Néant, le vide absolu, cette peur qui vous serre de l'intérieur, dans la poitrine, quand vivre même devient insuportable, parce que l'on sait que tout celà n'est rien par rapport à l'Infini, mais que cet infini, une fois atteint, représente la fin même de tout. Tout se fond, et se perd. On ne peut même pas mourir pour échapper à cette terreur, car c'est cette terreur même. On suffoque, on panique, on voudrait sortir de soi et rester, on voudrait fuir la vie et la garder...

*** Tébaldeo tremble en parlant, il semble se fondre dans la nuit, alors même que toute vie semble avoir déserté la clairière. Tébaldeo tremble de plus en plus, et les larmes coulent silencieusement sur ses joues. ***


Peut-être avez vous cru un moment que j'ignorais ce sentiment ? Peut-être avez vous été trompée par mon assurance ? Mais, ma Dame...

*** Tébadeo s'agenouille devant Cléïs, et plonge son regard au fond des yeux de la jeune femme. Il se tait, et le jeune homme se calme à mesure qu'il la contemple. ***


Ma Dame... Je... J'ai fait fausse route. J'ai cru que vous vouliez entendre... Je ne sais pas quoi d'ailleurs. Cléïs... J'ai cette peur au fond de moi, la vôtre, la même... Je ne sais pas à quel point vous dire... Comment vous dire... Jusqu'à présent, j'avais un but, mais pas de sens à ma vie. Ce but, le divin, je l'ai acquis, je l'ai découvert et aimé. J'ai goûté la joie de cette vie, la joie de la découverte, de l'exaltation que l'on a lorsqu'on découvre les Dieux et leur parole... Mais sachez le : le doute a toujours été mien, et la peur, ma compagne la plus fidèle depuis des années. Qu'y a-t-il... au delà ? J'ai touché les dieux, me suis fondu en eux, mais avec cette certitude de rester... d'être seulement quelque chose.

*** Un temps ***



Plus je vous parle, et plus je découvre en vous ces pensées qui m'ont toujours accompagné, cette part de moi que personne n'a jamais découvert... Vous lisez en moi comme dans un livre ouvert. Non, vous lisez en moi plus que ça. Vous êtes la couleur de mon encre, l'intuition qui me guide, vous êtes...

*** Tébaldeo, doucement, saisi les mains de Cléïs dans les siennes. Sensation sans mots. Le silence à nouveau. ***


J'aime la vie, j'aime tant cette vie. Il y a la peur de la perdre, mais aussi celle de la manquer. J'ai peur, depuis toujours, de ne pas la vivre, de rater quelque chose... C'est pour cela que Dallia, plus qu'Otharn, par exemple, guide mes pas : ne manque pas ta vie. Nous sommes tous ici pour quelque chose... Pour découvrir et vivre quelque chose...

Et j'ai hésité, j'ai paniqué, j'ai eu peur à nouveau, j'ai cherché tous les prétextes du devoir pour faire ce qui pourrait être l'erreur de ma vie. Manquer ma vie...


*** Tébaldeo relève les yeux sur Cléïs. ***


Vous manquer.

*** Long moment. Peut-être pas, mais très long moment malgré tout. ***


Alors, je ne ferai pas cette erreur, et je veux que... Que vous sachiez.... Je... Vous êtes celle que j'ai toujours cherché et attendu. Quand je vous regarde, mes peurs s'évanouissent, le vide se remplit, et je sens tout ce que je n'ai jamais pu dire être compris déjà. Je tremble à chacune de vos paroles, je vis dans vos pensées comme vous ne quittez plus les miennes, depuis que je vous ai rencontrée.

Je vous aime.


*** Et voilà. Tout est dit. Tout échappe et tout se passe, finalement. Toute cette émotion réservée, entre silence et frémissement, toute cette communion, cette caresse se dissipe et laisse place à la lumière, au tremblement réprimé, à une autre suffocation, une autre peur. Mais l'essentiel est là. L'essence de cette nuit. ***



Mourir n'excuse rien. Et, je vous l'assure, ne résout pas grand chose non plus...
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Laya Tintallë
Kohrienne
Empire de Kohr

le Valkin 2 Danurmos du 1550ème cycle à 00h49

*** Qu'il est étrange, cet instant;
Le temps à la fois se fige et s'accélère, et la symphonie inéluctable aborde un nouveau mouvement, plus marqué, plus mesuré.

Plusieurs pensées traversent la nis en cet instant; d'abord la question de la sincérité, qui la dérange; elle s'est présentée ici sous un nom d'emprunt, dans un soucis, au fond, de confort personnel; mais doit-elle vraiment le regretter? Le nom signifie t'il réellement quelque chose? N'est-ce pas une simple préhension sur l'âme cachée derrière, l'âme qui elle, ne peut se travestir au regard d'une lumière si pure?

Puis, la question de la résonance; Cette question là est un réel problème, car d'elle découlent toutes les autres, toutes celles qui amènent la nis à cette même conclusion.

Toujours, les pensées se succèdent à une vitesse enivrante, trop rapides pour qu'elle ai le temps de les saisir et les exposer clairement. De la pensée évoluée elle doit remonter le chemin afin de l'exposer, et parfois le lien se fait difficile.

Ses yeux sont de jade, moins brillants car voilés par le manteau des pensées virevoltantes.
Et c'est presque une surprise lorsque ces quelques mots franchissent lentement le mur de ses lèvres, portés par un souffle indécis. ***


- "A tout jamais mon âme restera marquée par ce jour, mais ce n’est que promesse, car à l’aube de la mort cet amour que je ressens n’est que détresse..."
***
Au dernier mot ses yeux regagnent leur éclat, et elle trouve le regard du jeune homme. ***


- Je comprends maintenant ces paroles autrefois énoncées; comme si elles avaient été écrites pour ce seul instant; pièce ultime d'un puzzle complètement ignoré, et révélé à l'apparition seule de cette dernière. Tout est si clair; si clair et si confus à la fois...
***
Peut elle seulement expliquer ce qu'elle perçoit comme une évidence? Comment savoir sans essayer... ***


- Amour est un sentiment étrange qui revêt tant de forme qu’il serait folie de chercher à enfermer ; mais est-ce bien d’amour dont il s’agit ce soir ?

*** Doucement, elle dégage ses mains de celles du jeune homme pour s’en saisir. Sa main droite retourne celle du jeune homme, et elle en caresse la paume, l’observant du bout des doigts avant d’y poser son regard sibyllin. ***


- Courir à deux ne nous permettrait pas d’échapper à ce que nous fuyons. Y faire face ensemble…

*** Elle laissa de nouveau courir ses doigts sur la paume du jeune homme avant de la remettre en place.
Puis, elle parla d’une voix hésitante. ***


- Je crois.. que nous sommes les deux faces d’une même pièce. Lumière et Ombre, Lune et Soleil, ou tant d’autres choses…
Et je crois qu’à ce titre, la question d’amour ne se pose pas, ou peut-être plus, entre nous.
N’y voyez aucune dérobade… je songe simplement que l’amour est l’union de deux être en un sentiment commun du cœur ; et il me semble en cet instant que nous sommes plutôt un tout divisé en deux, deux pans différents d’une unique inspiration, éléments éclatés d’une conscience indivise…
De même, les penchants du cœur dépendent de l’être et de ses inclinaisons et perceptions sentimentales ; Amour fluctue et souvent s’étiole…
Mais ne ressentez-vous pas qu’en dehors, qu’au-dessus de tout cela, indépendamment de nous, de notre volonté ou de notre désir, ce lien existe et subsiste en dépit et malgré tout ?


*** Elle s’agite ; elle ne parvient pas à mettre les mots sur ce qui paraît pourtant si clair en son esprit, et cette impuissance l’insupporte. ***


- Je ne sais pas comment vous faire partager cette conviction, je ne suis même pas certaine d’en avoir le droit, dans la mesure où elle ne pourrait se révéler être que la simple opinion d’une rêveuse illuminée, et effrayée…


Ce qui éclaire demeure dans l’Ombre
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Tébaldeo Lyriel
Kohrien
Empire de Kohr

le Dolink 4 Danurmos du 1550ème cycle à 17h26

Cléis...

*** Quelle est cette douleur qui saisit le jeune homme en cet instant ? Quelle est ce poison qui vient s'insinuer dans sa poitrine ? Pourquoi cette blessure ?

Il y avait cette confession, son coeur à nu, toute son âme dans les mains si fines de la belle rêveuse... Il y avait son amour, si pur, si troublant, si terrible et effrayant, la certitude d'avoir trouvé l'autre moitié de son âme... Alors pourquoi ce sentiment de regret, au fur et à mesure que celle dont il rêve depuis toujours répond, répond à son abandon ?

Doutes et réticences... Peurs et paroles... Détresse et surtout des des mots... Des mots entre eux... Des mots qui occupent tout l'espace, et qui se rebellent, qui manquent à leur devoir. Ne devraient-ils pas exprimer l'âme de ceux qui les prononcent ? Ne devraient-ils pas être cette transparence parfaite pour ceux qui tentent de se regarder au fond de l'autre ?

Mais il y a ces mains, ces caresses, il y a la nuit surtout qui les enveloppe, il y a ce battement de coeur commun... Les sentiments si forts qu'ils étouffent la communion des deux âmes...

Prise de conscience.

Il l'aime, c'est tout. Le reste n'est qu'illusions. ***


Cléïs...

Ai-je parlé de désir ? De volonté ? Ai-je dit que j'avais de l'attirance pour vous ? Ai-je à ce point trahi mon âme ?


*** Il cherche la lumière au fond des yeux si verts de Cléïs... Il cherche cette transparence qui les unissait dans les lettres et dans le silence... Il écarte une mèche de ses cheveux, pour dégager la perfection du visage. Son pouce effleure la joue de l'elfe... Il reprend, tremblant, plus faible et fragile qu'il n'a jamais été... ***


Je vous aime... C'est ce que j'ai dit...

Je ressens ce lien, au plus profond de moi. Plus fort que les penchants, plus fort que nos simples incarnations... Je ressens cette unité de nos deux consciences, ce mouvement qui vient du haut, pas une découverte, mais une révélation.

Mais si nous sommes les deux faces d'une même pièce, nous nous regardons pourtant en ce moment. Et si nous sommes deux fragments éclatés, nous nous sommes pourtant retrouvés... C'est tout cela que je voulais dire par... ces mots.


*** Tébaldeo sent qu'il ne pourra plus les redire... Pas tant qu'ils resteront sans écho. La distance est trop dure pour l'instant. ***


Vous n'avez pas à me faire partager cette conviction... car c'est la mienne. La nôtre. Les mots sont absolument incapables de traduire ce sentiment d'absolue certitude... Et c'est à mon tour d'avouer mon impuissance à lever ces doutes que je ressens en vous... Mais ces mots que j'ai prononcés... Je les pense, je les sais... Et pour moi ils sont très clairs...

Je sais ta peur en ce moment, je sais l'idéal que tu ressens, immense et invincible, je sais le sentiment d'envol lorsque tu lis de la poésie, je sais cette insondable beauté qui toujours nous dépassera, et qui te fais tant douter... Mais je ne sais pas comment te dire tout ça... Tous les mots me semblent échouer...


*** Sans s'en rendre compte, je jeune homme a brisé une distance, mais il ne voit que ces yeux, les yeux de celle qui est déjà toute sa vie, alors qu'il ne fait que murmurer, dans un souffle, ces derniers mots... ***

Mourir n'excuse rien. Et, je vous l'assure, ne résout pas grand chose non plus...
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Laya Tintallë
Kohrienne
Empire de Kohr

le Joriol 8 Danurmos du 1550ème cycle à 02h07

***
Elle ne sait pas si l'affolement qui la guette est du à une surprise teintée de joie, ou à un effroi grandissant.
Il est toujours troublant de découvrir que le plus secret de ses jardins n'est plus terre infoulée; que ce soit en bien ou en mal, cette découverte ne peut qu'être déstabilisante.

La nis est perdue, elle sent qu'elle ne maîtrise plus rien, et cela l'agace, et cela l'effraie; elle ne supporte pas d'être dépassée par les évènements, c'est ainsi qu'elle se sent le plus vulnérable.

Pas de mots, plus de mots; ils n'ont pas su remplir leur office, ils n'ont pas su indiquer la direction, et ils semblent étirer ce moment de communion jusqu'à l'en rompre.
Elle n'a pas su les choisir, certainement... Ou peut-être ne lui obéissent-ils plus?

Elle croyait, elle croit tellement que cette rencontre n'est pas fortuite; cela est-il inhérent au destin? Cela devait-il se passer ainsi?
Elle est acculée, acculée par ses propres mensonges, par ce qu’elle est, ce qu’elle n’est pas non plus, par ce à quoi elle ne sait si elle peut prétendre ; elle n’en avait rien prévu, elle qui prévoit tout, elle qui se méfie de tout, elle n’a pas su découvrir cette évidence qui existait derrière les fils enchevêtrés de la destinée, avant même qu’ils ne se connaissent.

Cette distance qu’elle impose farouchement au reste du monde a disparu…
Elle croyait marcher à la rencontre de son destin sur un chemin sinueux et ténu, et voilà que le zéphyr en soufflant l’a saisie dans ses bras, effaçant par ce contact l’éloignement qui la protège habituellement.
Elle est vulnérable, et quand bien même ce rapt n’a rien de douloureux elle n’est pas certaine de maîtriser la peur qu’il engendre.
Cette insondable particule de créature sauvage se dresse toute entière, se cabre, la presse de fuir – se lier est si dangereux, si dangereux, on est toujours plus faible à deux, et l’autre est ta pierre d’achoppement…

"Punie de n’avoir su rester seule, punie de n’avoir su rester seule"…

Les mots la hantent, se jettent violemment contre les barrières de son esprit, dans tout les sens, et brouillent son jugement.
Occupent sa raison, l’aveuglent, la noient, et apprêtent le terrain pour la crainte, la peur, les réactions farouches et instinctives…

Il est là, finalement, cet instant où les mots se sont dressés contre elle ; mais elle leur refuse le droit d’influer sur son jugement, elle veut voir, elle veut savoir, elle désire comprendre ; elle ne peut accepter de les libérer, et de les fourvoyer, lui, et elle, par la même occasion.

Elle s’efforce de garder son calme, elle ne veut rien laisser transparaître, même si elle devine qu’il lit en elle comme en un livre ouvert. ***


- Les mots…. Que je pourrais ou voudrais prononcer en cet instant ne sont pas les miens ; soit ils ne m’appartiennent pas, et je ne peux te les offrir ; soit ils ne sont pas dictés par mon esprit, ni par ma volonté ; et je me refuse à les prononcer.
Rien de tout cela…. Pas ici ; pas en rêve.
Je dois te voir. Je dois comprendre… il faut que je sache…


Ce qui éclaire demeure dans l’Ombre
Information détaillées
Tébaldeo Lyriel
Kohrien
Empire de Kohr

le Solior 10 Danurmos du 1550ème cycle à 14h05

*** Les contours du rêve semblaient déjà s'estomper, alors que le visage d'ange de Cléïs devenait flou. Elle glissait, disparaissait peu à peu, et Tébaldeo sentait déjà les sensations du réveil sur sa peau.

Ces instants de rêve où l'on peut encore contrôler un peu le cours de l'histoire, ces moments où l'on refuse de se réveiller, car la réalité est toujours moins vraie que le songe dans ces moments.

Tébaldeo voulait parler, voulait agir, mais aucun son ne sortait de sa bouche, et aucun des gestes ne semblait vouloir aboutir. Quand tout vous échappe, quand tout s'effondre, il reste l'espoir du lendemain.

Demain. Demain il fera jour, et si la nuit est ce qui révèle, le jour est ce qui dévoile. Demain il prendrait sa plume, fébrile, et écrirait, avec l'espoir de ne pas avoir seulement rêvé tout ceci...

Quand la vie ne paraît être qu'une illusion, il reste l'espoir de voir ses rêves se réaliser, il reste l'espoir de voir le rêve de toute une vie prendre forme. Entre destin, fatalité et providence, tout se jouerait plus tard, sous un autre astre, bien plus terrible, car ne laissant aucun endroit où se cacher...

Les brumes emportent les rêveurs, qui ne sont bientôt plus qu'un souvenir. La clairière reste illuminée par cette confidente muette, qui observe le silence de son oeil entrouvert.

Les animaux redeviennent possession des lieux, et comme tout moment d'éternité, celui-ci retourne à l'oubli. Les songes portent ailleurs le visiteur nocturne... C'était une très belle nuit. ***

Mourir n'excuse rien. Et, je vous l'assure, ne résout pas grand chose non plus...

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