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IDEO : Les Domaines Oubliés

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Alors comme ça...

RP privé
Le Monde des Rêves : Les rêves sont un moyen d'échapper à la réalité quotidienne. On peut rencontrer d'autres rêveurs dans le monde des rêves, mais ces rencontres floues, si elles sont parfois enrichissantes n'ont jamais valeur de communication. Pas de diplomatie ni de serments ici car les rêves sont avant tout ... des rêves.

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Elysabeth Delyra
Kohrienne,Haute Consule,Baronne,Disciple de Dallia
Empire de Kohr

le Dolink 12 Logalios du 1557ème cycle à 22h43

En ouvrant les yeux, la première chose qu'Elysabeth vit se fut le service à thé. La coupe était classique, la porcelaine, blanche et un liseron doré courait sur le tour de la théière, des tasses et des soucoupes. Atrocement classique comme choix mais plutôt élégant à son goût.
La seconde chose fut la table. Bien évident, le service à thé ne flottait pas dans les airs. Il fallait qu'il repose sur quelque chose. En l'occurrence, il s'agissait d'une table en fer forgé comme on en voyait très peu. Le fer coûtait cher après tout et n'était pas privilégié pour la décoration mais pour les armes et autres outils. Le fer était gris et n'avait pas été peinturluré de manière ridicule. Dans la lumière froide de la Nuit, c'était une couleur agréable et peu agressive.
La table s'accompagnait de chaises. Ces dernières étaient d'ailleurs assorties avec elle. L'ensemble était vraiment joli. Pour les goûts de la baronne, là encore. Et avec les chaises s'accompagna l'impression très simple d'être assise. Deux chaises, l'une sous ses fesses, l'autre en face : elle attendait donc quelqu'un.
Ensuite, elle réalisa qu'il y avait du sable sous ses pieds et, par la même occasion, que ses pieds étaient nus. Allons bon... Encore une excentricité d'un de ses rêves. Parce qu'à ce niveau, ça ne pouvait qu'être un rêve : elle ne possédait rien de tout ce qu'elle avait vu et, étant donné qu'elle venait de quitter Danor, elle voyait mal comment elle aurait pu se retrouver sur une plage...
Enfin elle entendit l'eau.
C'est là qu'elle se rendit compte qu'elle était assise sur une chaise en fer forgé, devant une table du même matériau, avec le thé prêt à être servi, sur un îlot qui était à peine plus large que l'espace nécessaire à faire tenir la table, les chaises, elle-même et certainement la personne qu'elle attendait. Tout autour la mer s'étendait, grise elle aussi.
Chouette, pensa-t-elle avec ironie.

Et qui attendait-elle au juste ? Et pourquoi ? Elle ne savait pas vraiment. Ça lui reviendrait quand elle verrait la personne.

Pour patienter, elle regarda sa tenue. Simple, dénotant de ses origines nobles et grise.
Le gris était à l'honneur aujourd'hui.
Sa coiffure donc ? Elle attrapa une cuillère et utilisa le dos pour la regarder. Cheveux tressés en un natte lâche... C'était mieux que rien.
Elle en profita pour noter les boucles d'oreilles argentées qu'elle portait. Pas de pierres. Que du gris.
Et elle était pieds nus.
Et elle n'était pas vraiment maquillée, pas du tout même.
Bon...
Ça n'était pas comme si elle avait le choix de toute façon.

Reposant la cuillère en silence, elle attendit. Pas comme si elle avait autre chose à faire après tout.

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Chronique
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Calmacil Malloréor
Kohrien,Émissaire de Délémia,Ambassadeur Intérimaire
Empire de Kohr

le Mirion 15 Logalios du 1557ème cycle à 22h21

Il faisait nuit; et puis d'un coup, il eut de la lumière. L'esprit presque dérangé du délémite était apaisé, jusqu'à ce que, comme par un siphon, il fut aspiré dans cette bulle étrange, si différente des tempêtes ordinaires.

L'air était curieux familier, bien qu'il n'eût pas besoin de respirer. Il y avait une acidité et une légèreté que l'esprit du délémite, encore embué par la transition brutale qu'il venait de subir, reconnaissait. Et le goût, sur sa langue, était piquant.

Et puis, d'un coup, l'ouïe revint aussi et il entendit ce bruit lancinant, étrange, répétitif et musical, comme un chant religieux, comme une litanie. Il fut d'un coup pris par l'absolue certitude qu'il aurait dû reconnaître ce bruit; mais une espèce de vide, qu'il recherchait avec avidité, résistait encore au monde qui l'entourait, dans ses pensées.

Brutalement, Calmacil ouvrit les yeux; et il se retrouva sur cette agréable petite chaise, en ferronnerie. Parfois, en début de rêve, l'esprit est désorienté par cet afflux brutal de sensation. Chez Calmacil, c'était d'autant plus vrai qu'il embrassait le vide avec l'avidité du loup qui trouve un cerf en plein hiver. La peinture était légèrement grumeleuse, là où on avait fait les soudures. Le dossier était délicatement ajouré de motifs géométriques. Les tiges qui le portaient était si délicatement élancées que le jeune homme entrouvrit la bouche, un instant, comme s'il y voyait une extraordinaire métaphore de quelque idée obscure, absconse et incompréhensible de quiconque ne revenait pas du rien.

La mer retint tout son attention. Il avait peut-être bien noté, quelque part dans les tréfonds de son cerveau reptilien, qu'il y avait un être vivant sur la seconde chaise, mais ce n'était pas important. Pour une raison obscure, les vagues semblaient converger vers le banc de sable. Microscopiques, elle arrivait de façon parfaitement perpendiculaire à la côte, de toute les côtés. Au niveau des extrémités du banc; cela formait comme de larges demi-cercles qui se resserraient petit à petit pour ne former qu'on onde minuscule, s'abattant sur le minuscule largeur de sable. L'attention de Calmacil fut enfin sortie de sa torpeur par un détail trop étrange pour qu'un sardânais comme lui ne s'en rende pas compte: il n'y avait pas de vent, en pleine mer.

Il cilla fortement; et se retourna d'un bloc avec l'air d'un hibou sorti de sa grange, par erreur, à midi.


Oh. Bonjour.
Je sais que la poésie est indispensable, mais je ne sais pas à quoi.
Chapitre 54: la mer en Volganor. 25 Volganor 1556
Thème
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Elysabeth Delyra
Kohrienne,Haute Consule,Baronne,Disciple de Dallia
Empire de Kohr

le Lüdik 20 Logalios du 1557ème cycle à 19h22

Elle le vit apparaitre sous ses yeux. La première pensée qui lui traversa l’esprit fut « oh bien sûr, qui d’autre ? » Il était un peu perdu. Il n’était donc pas complètement là. Il arrivait. Restant silencieuse, la baronne le regarda arriver.
Soudain ses yeux s’ouvrirent pourtant, il ne la vit pas immédiatement. Il voyait mais ne la voyait pas. Elle le regarda découvrir le décor avec une sorte d’avidité. Comme s’il lui manquait quelque chose. Sa bouche s’ouvrit mais il ne dit rien. L’air se bloqua et il resta ainsi la bouche ouverte. Presque ridicule. Un sourire échappa à la baronne avant qu’elle ne se souvienne qu’il méritait qu’elle lui renverse la théière sur le crâne.
La phase suivant fut l’observation de la mer. Il l’aimait tellement. Elle était un peu trop redondante durant leur rencontre.

Enfin il cilla. Ses yeux passèrent de la mer à la plage. « On y était presque. » Il se retourna. Enfin, il la vit.
Un sourire aussi crispé que faux apparut sur ses traits et disparut environ trente secondes plus tard. « Oh, bonjour, mes f*****… »
Au lieu de ça, elle répondit :


Bonjour.

Nouveau sourire complètement faux et absolument pas caché.

Du thé ?

Sans attendre la réponse, elle prit la théière et se servit une tasse. Cependant, elle ne poussa pas l’insolence à reposer la théière avant d’avoir obtenu une réponse. Si celle-ci n’arrivait pas plus tard que dans les deux minutes qui allaient suivre. Hors de question de rester la théière en l’air durant toute la conversation.

Il ne fallait pas être un génie pour comprendre qu’Elysabeth était en colère. Après, il était évident pour elle qu’elle était en colère après lui. Ce qu’il en déduirait pouvait être différent par contre.

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Calmacil Malloréor
Kohrien,Émissaire de Délémia,Ambassadeur Intérimaire
Empire de Kohr

le Lüdik 20 Logalios du 1557ème cycle à 23h15

Il ouvrit la bouche en souriant pour poursuivre, mais elle répondit avant. Calmacil eut l'air étonné qu'elle réponde, étrangement. Son visage exprimait une espèce de joie enfantine à voir quelque réaction, soudainement.

Qu'aurait-on vu, dans l'esprit du délémite, si on avait pu y lire quelque chose ? Rien. Il y régnait tantôt un noir d'encre, tantôt un camaïeu de couleurs, bleues, rouges ou vertes; comme de la peinture lancée contre un mur. Les nuages, à droite, étaient massifs, ronds et alignés; mais, à gauche, ils étaient plutôt hachés, clairs, aux limites floues. Fallait-il y voir la marque subtile d'une volonté facétieuse ou bien le fruit du hasard ? A quel point pouvait-on parler de hasard, si tout n'est que la suite logique des jeux de la chaleur, de l'eau et de la lumière ?

Ce genre de questionnement, on aurait tout aussi bien pu l'appliquer à la projection de Calmacil qui habitait ce rêve. Les émotions brutes, étranges et changeantes qui habitaient son esprit pouvait, d'un point de vue microscopique, se suivre de façon logique pour un observateur froid et révéler à quel point le délémite, dans la vraie vie, se sentait oppressé, libre, inquiet ou triomphant. Ou, on n'aurait pu voir dans les milliers de nuances étranges qui l'habitaient la même créativité aléatoire que celle des ombres colorées que l'on voit, en fermant les yeux face au Solior.

En somme, son esprit en roue libre "créait".

Il se grignota l'ongle du petit doigt de la main gauche.


Oh, je n'ai jamais aimé ça, mon Oncle dit que c'est pour les femmelettes. Vous connaissez mon oncle ? Vous n'auriez pas du vin, plutôt ?

Il eut l'air soucieux, un instant, puis sourit violemment, sans raison, d'une façon presque effrayante.

Je m'appelle Calmacil; et vous ?

Il fronça les sourcils et regarda son hôte de la tête au pied, l'air critique.

Vous êtes jolie, pour une si petite personne.

Et puis, satisfait de son compliment et parfaitement illettré en matière de lecture d'émotion, il replongea dans la contemplation et la perfection progressive de son ongle.
Je sais que la poésie est indispensable, mais je ne sais pas à quoi.
Chapitre 54: la mer en Volganor. 25 Volganor 1556
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Elysabeth Delyra
Kohrienne,Haute Consule,Baronne,Disciple de Dallia
Empire de Kohr

le Malina 21 Logalios du 1557ème cycle à 17h08

La surprise la figea. Qui était cet homme ? Ça ne pouvait pas être Calmacil. Ou alors c’était un de ses tours. Oui sûrement, c’était un de ces tours.
Il faisait semblant d’être surpris.
Il faisait semblant d’avoir l’air heureux.
Quoi que, il pouvait être heureux du fait qu’elle soit furieuse. Il savait peut-être qu’elle était au courant. Il savait que ça ne lui plaisait pas. Et il le faisait pour l’embêter.
Mais non.
C’était bien trop paranoïaque. Calmacil Malloréor ne lui portait pas assez d’intérêt pour coucher avec sa cousine pour le simple plaisir de l’ennuyer
Cependant le fait que Blanche lui plaise vraiment ne faisait pas plus plaisir à la baronne. C’était sa cousine, bon sang ! Sa cousine à elle. Personne n’avait droit de la toucher. Et le fait qu’elle l’avait découvert alors qu’elles avaient 27 et 28 cycles respectivement n’était absolument pas significatif. Ou peut-être que si, si vous étiez psychologue… Bref.
En plus il était bizarre. Clairement dans la Lüdik. Et en plus il se rongeait les ongles. Pas qu’il ne puisse pas être du genre à le faire mais plutôt qu’il n’était pas du genre à le faire en public.

Enfin il prit la parole et Elysabeth se demanda avec plus de certitude ce qu’il lui arrivait.
Son oncle ? Et elle ? Jolie ? Ah « petite personne » quand même. Ça n’était pas le plus ironique qu’il ait pu faire mais c’était déjà ça.
En revanche, elle ne se formalisa pas du sourire aberrant. Habituel en général.


Quel genre de vin ?

Ensuite, elle réalisa ce qu’elle venait de dire et grogna en reposa la théière.

Non ! Non, non, non !

Ça ne devait pas faire beaucoup de sens pour lui.
Un verre de vin sardânais de qualité respectable – mais pas excellente, il ne fallait pas rêver – apparut sur la table tandis qu’elle jetait hargneusement du sucre dans son thé.


Petit un : gardez vos compliments à d’autres, vous et moi n’avons aucun penchant l’un envers l’autre et ça n’arrivera jamais même si l’on devait vivre l’espace de cinq vies humaines.
Petit deux : nous nous connaissons, n’essayez même pas de me faire croire que ce n’est pas le cas et que vous ne vous souvenez pas de moi. Je suis Elysabeth Delyra, la cousine de celle que vous avez décidé de tringler ! Blanche, ça vous dit quelque chose ?


Ouh langage Elysabeth ! Mais elle était trop furieuse pour se rendre compte de la diminution de son niveau de langage.

Petit trois : il n’y en a pas, sauf si vous prenez une tête de crétin. Dans ce cas vous risquez de vous prendre la théière dans la figure.
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Calmacil Malloréor
Kohrien,Émissaire de Délémia,Ambassadeur Intérimaire
Empire de Kohr

le Joriol 30 Logalios du 1557ème cycle à 23h44

Calmacil ouvrit et ferma attentivement la bouche, comme un poisson hors de l'eau, en écoutant qu'Elysabeth Delyra lui disait. Son visage, d'ordinaire, aurait été d'une glace de bon aloi, feignant ou exprimant une véritable indifférence à l'égard de l'avis d'une demoiselle qu'il considérait curieusement.

Il renifla délicatement et s'humecta les lèvres avant de répondre.


Vous êtes comme les petits chiens; vous mordez et aboyez autant que vous êtes petite, alors qu'on essaie d'être gentil et qu'on ne se connait pas.

Je n'ai aucune espèce d'idée de qui vous pouvez bien être; je ne tringle personne et vous avez le nez rouge, si vous voulez savoir, d'abord.


Il croisa les bras avec un calme étrange.

Et vous êtes vraiment très petite. Et vous braillez comme si vous travailliez sur les docks, alors que vous portez des vêtements de riche.

Il haussa les épaules.

Je suis sur que votre mari serait très peiné de vous voir ainsi. Vous voulez une cigarette ?

Il hocha le menton, les joues légèrement rougies, comme s'il venait de se sentir grossier. Puis, un sourire d'une aberrante naïveté naquit aux commissures de ses lèvres. Et, de sa poche, il sortit un étui d'argent.

Oh, et je m'excuse si je vous ai blessée. Enfin, on peut coucher ensemble quand même, hein, même si vous êtes très petite, si ça peut me faire pardonner. C'est assez mignon, le rouge aux joues, sur vous.
Je sais que la poésie est indispensable, mais je ne sais pas à quoi.
Chapitre 54: la mer en Volganor. 25 Volganor 1556
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Elysabeth Delyra
Kohrienne,Haute Consule,Baronne,Disciple de Dallia
Empire de Kohr

le Valkin 31 Logalios du 1557ème cycle à 10h08

Au fur et à mesure qu’elle avait parlé, Elysabeth se demanda si tout allait bien pour l’arrogant délémite face à elle. Non pas qu’il fut moins arrogant que d’habitude. En fait il l’était toujours comme elle n’allait pas tardé à s’en rendre compte. Mais il n’était clairement pas dans son état normal. Son état normal ne consister pas à faire le poisson hors de l’eau. Calmacil Malloréor vous coupait la parole, vous déstabilisez en vous empêchant de finir vos phrase, vous faisait perdre le fil de la conversation, vous noyait sous un débit de parole impressionnant avant de vous laisser vous échouer sur le rivage, vide et retourné. Il ne prenait pas le temps de vous écouter, cela ne l’intéressait que peu dans ces cas-là, ceux où vous vous plaisiez à lui faire sentir votre fureur.
Mais non. Le marbre de son visage était fissuré. Une émotion, la curiosité, remplissait les fissures. Pourquoi ? Pourquoi fallait-il que, le jour où elle voulait l’engueuler et avoir affaire à l’être qu’elle aurait fui en temps normal, il soit comme ça ? Il lui niait ce droit. C’était presque plus insultant que toutes les paroles qui pouvaient sortir de sa bouche. Presque.
Une petite voix à l’arrière de la tête de la baronne lui glissait qu’il n’était peut-être pas responsable de cet état de fait. Les rêves avaient leurs règles propres et se moquaient bien de ce que vous vouliez. Aurait-elle était aussi vulgaire si cette conversation avait eu lieu éveillé ? La petite voix disait non mais une autre partie d’Elysabeth voulait répondre oui. Il était assez agaçant pour faire ressortir le pire chez elle.

Elle eut droit à un reniflement dédaigneux soudain puis le délémite passa sa langue sur ses lèvres trop sèches et elle sut qu’elle devrait se préparer, à quoi elle n’en savait rien, mais il fallait qu’elle se prépare psychologiquement. Parce que même un Calmacil pas tout à fait Malloréor pouvait se montrer redoutable.
Et elle avait raison.

Venait-il de la comparer à un petit chien ? Bon l’entendre dire qu’elle était petite n’avait rien d’une nouveauté. Bien sûr… Il ne tringlait personne. Elle allait le croire tiens ! Quel était le rapport avec son nez ? Qu’il soit rouge ou non. Et non elle ne vérifierait pas ! Elle l’avait déjà fait quand elle regardait son maquillage ! Encore une fois « petite »… Ah son vocabulaire l’avait marqué, bien. Mari ? Une cigarette ? Il s’excusait ? Coucher pour se faire pardonner… Mignon ?
Voilà les pensées qui passèrent rapidement l’esprit d’Elysabeth alors qu’il parlait.
Un autre coin enregistra son attitude physique. Lorsqu’il croisa les bras, elle avait retenu un haussement de sourcil, c’était un geste de défense la plupart du temps. Le voir l’employer alors qu’il était plutôt en train de l’attaquer était déplacé. Hausser les épaules n’avait rien d’extraordinaire par contre contrairement à ses joues rougies. Oh elle l’avait vu rougir déjà mais c’était très léger, comme s’il contrôlait même cette réaction. Ça ne ressemblait pas au rougissement d’un adolescent pris en faute. Un adolescent. Oui c’était ça. Il avait l’air d’un adolescent depuis le début. Avait-elle Calmacil-adolescent devant elle ? Pitié non… Et enfin vint le sourire naïf. Malloréor n’était pas naïf. Ce genre d’émotions ne faisait pas partie de son répertoire. Elle détestait ce qu’elle avait en face d’elle plus encore que ce qu’il était en temps normal.

Finalement ses pensées se reconcentrèrent sur deux points, n’arrivant pas à déterminer lequel la rendait la plus furieuse. Petit chien. « On peut coucher ensemble quand même. » Les deux tournoyaient dans sa tête assombrissant son regard un peu plus qu’il ne l’était déjà. Et il n’exprimait clairement pas du désir. Loin de là. Très loin de là.
Ses doigts se crispèrent sur la tasse. Elle envisagea de lui en jeter le contenu à la figure. La pulsion était violente et enflait en elle de manière exponentielle. Pourtant elle se retint. Comment et pourquoi resterait sûrement sans réponse. Peut-être parce qu’une toute petite partie de son esprit était complètement abasourdie par ce qu’il avait osé dire.
Ses doigts étaient désormais si crispés que les jointures blanchissaient. La baronne semblait cependant ne pas s’en rendre compte. Son regard était fixé sur son interlocuteur, sa bouche serrée en une fine ligne désapprobatrice. Pourtant, encore une fois, sa première phrase ne fut pas celle qu’elle aurait voulue.


Passez-moi une cigarette oui, dit-elle d'un ton cassant.

Puis encore une fois, elle réalisa ce qu’elle venait de dire et tachant de reprendre en surveillant son vocabulaire cette fois-ci.


Donc vous ne mettez personne dans votre lit mais « on peut coucher ensemble quand même » si ça peut me faire vous pardonner. Vous vous contredisez.

Ses yeux se plissèrent.

Quel âge avez-vous ?

Sa voix était très basse et mesurée comme si elle formait une digue pour retenir la colère qui menaçait de la submerger complètement.
Elle avait d’ailleurs écarté de son esprit toutes les informations inutiles comme le fait qu’il la considérait mariée alors qu’elle n’avait pas d’alliance et qu’il avait osé dire qu’il la trouvait mignonne alors qu’elle savait que c’était faux.

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Calmacil Malloréor
Kohrien,Émissaire de Délémia,Ambassadeur Intérimaire
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le Dolink 2 Danurmos du 1557ème cycle à 15h40

Calmacil jeta un regard finaud profondément grossier à Eysabeth Delyra, comme s'il s'apprêtait à expliquer en quelques mots accessibles la théorie de la relativité et son lien avec la culture papoue du quinzième siècle à une illettrée.

Tringler, c'est fort péjoratif, vous ne trouvez pas ? Enfin, pour vous, c'est peut-être pareil, ceci dit.

Il éclata d'un rire beaucoup trop franc pour paraître normal, tira deux cigarettes de l'étui et fourragea au fond pour y trouver son briquet en amadou. Il alluma une cigarette à la flamme et l'autre contre la première. Puis, il en tendit une à Elysabeth Delyra.

Tenez. Elles sont un peu costaudes, je vous préviens. Enfin, je trouve qu'il y a un côté plus artistique. Tringler, cela évoque une tringle à rideaux, tout de même. C'est d'une indélicatesse.

Il sourit avec une extrême amabilité.

Enfin, si c'est votre truc, ma foi.

Il eut un semblant de regard interrogateur, d'un sans-gêne terrifiant.

Oh, j'ai, euh...

Il aspira langoureusement une bouffée de fumée, expira et sembla réfléchir un instant.

Vingt-sept ans, par là ? Mais je me sens souvent un peu plus jeune, quand je me fais draguer. Et vous ?
Je sais que la poésie est indispensable, mais je ne sais pas à quoi.
Chapitre 54: la mer en Volganor. 25 Volganor 1556
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Elysabeth Delyra
Kohrienne,Haute Consule,Baronne,Disciple de Dallia
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le Lüdik 3 Danurmos du 1557ème cycle à 11h24

Elysabeth ignora proprement et simplement le regard plus chargé d'insultes que tous les mots qu'il pourrait prononcés de Calmacil. Ça lui ressemblait déjà plus et cette note de normalité rassurait la baronne sur l'équilibre de l'univers. Il n'avait pas encore était remué au shaker.
Son rire par contre entrait dans la catégorie "soit la fin d'Ideo est proche, soit il se fout de ma gueule dans les grandes largeurs". Anormal pour résumer. Depuis quand monsieur avait-il des réactions franches ?

Pour l'instant, elle se contenta de rester muette se saisissant de la cigarette. Elle n'avait pas fumé depuis une éternité et même à l'époque on n'aurait pas pu la qualifier de grosse fumeuse. Ça avait été pour essayer, pour oublier. Et puis, elle avait dû arrêter.
Elle tira une longue bouffée et grimaça. Effectivement, elles étaient costaudes. Pourquoi avait-elle jamais fumé un jour déjà ? Lentement, elle expira en tournant la tête sur le côté. On pouvait détester quelqu'un et se montrer un minimum poli, même s'il s'agissait d'une personne qui n'était certainement pas dérangée par la fumée.

Et il continue dans ses actions complètement bizarroïdes. Mais la différence, cette fois-ci, fut qu'Elysabeth fut plus préoccupée par ses paroles que par ses actions.
Elle haussa les sourcils, hésitant sérieusement à s'étouffer d'indignation avant de juger que ça n'en valait vraiment pas la peine. Il trouverait ça amusant au mieux... Au pire ? En fait, elle ne voulait pas l'envisager.
Son choix se porta finalement sur l'absence de réponse. Ça ne le regardait pas et ça ne le regarderait jamais.

Et c'est à ce moment-là que le "quand je me fais draguer" arriva incitant la baronne a juste lâché sa cigarette, à peine entamée, dans le verre de vin de son interlocuteur. Le culot de l'homme la dépassait.


Oh pardon, fit-elle avec un grand sourire qui voulait dire qu'elle ne l'était pas du tout.

Quarante cycles, ajouta-t-elle après.

Ce qui était complètement faux. Mais elle s'en foutait. En attendant, elle reprit une gorgée de thé.

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