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IDEO : Les Domaines Oubliés

137 Joueurs sur Ideo (4396 inscrits) : 77 humains (2273), 32 elfes (1377), 28 orcs (746) | 7 joueurs connectés | Liste des joueurs | IDEO V3.1.0

La cascade des mélodies chantantes

Le Monde des Rêves : Les rêves sont un moyen d'échapper à la réalité quotidienne. On peut rencontrer d'autres rêveurs dans le monde des rêves, mais ces rencontres floues, si elles sont parfois enrichissantes n'ont jamais valeur de communication. Pas de diplomatie ni de serments ici car les rêves sont avant tout ... des rêves.

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Aïlinel
Kohrienne, Naturaliste, Maîtresse de cérémonie , Agent contre la nécromancie
Empire de Kohr

le Valkin 29 Goliarmos du 1562ème cycle à 15h23

Une petite cascade se déverse ici de très haut, mais lorsqu'elle atteint le lac paisible en contrebas son flot n'est plus qu'un nuage de fines gouttelettes, irisées par la douce lumière d'un soleil de printemps.

Sur les berges, marche une jeune nis à la longue chevelure, d'un blond si clair qu'on hésite à la comparer à l'or ou bien à l'argent. Elle est vêtue d'une robe blanche diaphane qui dévoile légèrement le rose pâle de sa peau délicate comme celle de n'importe quelle jeune nis idéane. Son regard est brillant comme celui d'une enfant, bien que les formes de son corps ne lui donnent aucune allure enfantine.

Autour d'elle, de nombreux animaux vaquent à leurs occupations sans crainte. Biches, lapins, écureuils, renards, blaireaux, hérissons et autres petites créatures cohabitent aussi simplement que les résidents d'un HLM de la forêt elfique (Habitat Léger et Magique).

Sur un arbre, la nis a accroché toutes ses affaires, lui donnant un air de fruitier fantastique. Il ne s'agit cependant pas de robes, de chaussures ou d'accessoires divers qu'on trouverait dans le sac à main d'une kohrienne... Il n'y a que des instruments de musique : classiques de l'Empire, d'autres pays, instruments de lutherie... L'arbre en est couvert et on ne voit pas ce qui pourrait lui manquer.

La nis se dirige soudain vers une grande harpe posée aux racines de l'arbre. L'instrument vibre de magie : une Harpe de la Vitalité, un des plus précieux instruments de musique d'Ideo, issue d'Arténie. L'origine profane de cette magie ne semble pas gêner la jeune nis, prêtresse élevée dans la Grande Forêt des Elfes. Elle se contente de commencer une mélodie à la fois douce et entraînante. Une mélodie de bienvenue... Apparemment, elle attend quelqu'un.

*** ***
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Elysabeth Delyra
Baronne, Mère supérieure, Conseillère de la Faculté
Empire de Kohr

le Mirion 1 Dilannel du 1562ème cycle à 23h37

Le bruit de l'eau qui chute.
Les animaux qui remplissent l'endroit de leur vie.
Le doux son de la Harpe.

Ces sons frappent d'abord Elysabeth.
Puis les lieux s'imposent à elle.

Paix et harmonie. C'est ce que lui évoque l'endroit.
Tout comme la personne qui joue avec tranquillité

Elysabeth sourit.

Ses pieds nues foulent l'herbe tandis qu'elle s'avance à la rencontre de son amie.
Elle aussi est vêtue de blanc.
Ses cheveux commencent d'ailleurs à s'en teinter légèrement.
Elysabeth vieillit doucement.

Elle s'installe dans l'herbe et ne prononce pas un mot.
Pour l'instant, elle écoute.
Et profite de l'instant.

Thème (27-07-1557)

Chronique
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Aïlinel
Kohrienne, Naturaliste, Maîtresse de cérémonie , Agent contre la nécromancie
Empire de Kohr

le Joriol 2 Dilannel du 1562ème cycle à 14h48

Comme un songe, exactement comme si la jeune femme était sortie de l'air de musique lui-même, il y eut soudain une joueuse et une auditrice.

La nis n'arrêta pas de jouer pour la saluer, se contentant de répondre à son sourire. Quel mot de bienvenue peut dépasser le regard et le sourire, surtout avec le son cristallin d'une harpe magique qui ressemble au chant d'une ondine ?

Tout doucement, les mains de la nis cessèrent de tendre les cordes de l'instrument, mais la musique ne s'arrêta pas. D'ailleurs, ce n'était pas bien clair si c'était le chant de l'eau courante, ou bien la harpe enchantée elle-même qui continuait de vibrer.

Tu es là ! se contenta de dire Aïlinel tandis qu'elle s'était levée pour s'asseoir à côté de l'humaine.

Tu ne peux pas savoir comme cela me fait plaisir !

Une ombre de tristesse passa cependant dans ses yeux, ce qui dénotait très fort avec sa joie apparente. Son regard avait quitté celui de la Baronne pour se poser pensivement sur quelques cheveux moins châtains que le reste de sa belle chevelure.

Je t'ai vue tellement peu ces derniers cycles. Et je sais que...

La nis déglutit. Elle ne réussit pas à le dire, mais Elysabeth aura certainement deviné que l'espérance de vie d'une amie humaine terrorisait la jeune elfe.

Elle se pencha sur elle et l'étreignit brièvement pour lui poser un baiser sur la joue. Püis elle se rassit face à elle en tailleur.


Je sais que je ne veux pas regretter. Des moments comme celui-ci resteront gravés dans mon coeur et je pourrai toujours penser à toi avec joie.


Elle ouvrit la bouche pour continuer mais n'arriva toujours pas à dire que même si une espérance de vie humaine était ridicule, elle était beaucoup plus intense et on était obligés de la considérer à sa juste valeur.

Elle se sentit obligée de changer de sujet.


Comment vas-tu, ainsi que ta petite famille ? Es-tu heureuse et parviens-tu à associer avec bonheur ta vie intime avec les charges impériales qui sont sur tes épaules ?
*** ***
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Elysabeth Delyra
Baronne, Mère supérieure, Conseillère de la Faculté
Empire de Kohr

le Solior 18 Dilannel du 1562ème cycle à 19h25

Elysabeth attrape la main de son amie elfique.

Je t'aime, Aïlinel, mais tu ne pourras pas me faire survivre plus longtemps que je ne le puis.

Son sourire est si doux. Elle pense ce qu'elle dit. Cette nis lui a toujours apporté une joie pure et solide. La réalité paraît si lumineuse à ses côtés. Tout s'éclaire.

Comme tu le dis, profitons de chaque instant qui nous est offert. Ainsi, même après mon départ, je serai toujours là...

Elle touche le front d'Aïlinel.

... Et là.

Puis son cœur.

Mourir, en réalité, c'est être oublié. Tant que tu vies et que tu te souviens, je serai aussi immortelle que toi.

Elysabeth lui fait un clin d'œil.

Puis la nis change le sujet de la conversation. La baronne ne veut la fâcher, aussi décide-t-elle de la suivre.


Hummm...

Elle tente, par des gestes, d'attirer l'attention d'un chat qui passe par là. Peut-être réussira-t-elle à lui faire quelques caresses.

Je viens d'accoucher de ma petite dernière Violet. Je ne veux plus d'enfants...

Son sourire est plus pensif désormais.

J'adore les miens, je te rassure. Mais je veux pouvoir m'en occuper dignement. Et avec quatre, cela devient compliqué. Alors plus ? C'est irréaliste. Je veux pouvoir profiter de chacun d'entre eux et les aimer de tout mon cœur.

Le chat renifle sa main avec méfiance.

C'est pourquoi j'ai laissé de côté mes devoirs ces derniers temps. Personne ne me l'a reproché pour autant. Je suis restée à Delnam pendant plusieurs mois, avec mes petits derniers, en attendant mon accouchement. Blanche et Hame s'occupaient d'Evran.

Ils me l'ont presque réquisitionné de force
, précise-t-elle en riant.

Ils avaient envie de lui apprendre d'autres choses, que je ne penserai pas à lui apprendre selon eux. Mais peut-être veulent-ils juste avoir un peu de temps avec leur filleul ? Aucun des deux n'a d'enfants.

Désormais, le chat a mis sa tête contre la paume d'Elysabeth. Elle suppose donc qu'elle est adoptée.

J'ai peu vu Galiad. J'ai peu vu de gens ces derniers temps, à vrai dire. J'ai ressenti le besoin de m'isoler...

Elle offre de nouveau un sourire éclatant à la nis.

Et toi ? Qu'as-tu fait ? Qu'as-tu vu de beau ?

HRP : plaçons-nous avant la mort de Hame si ça ne te dérange pas :)
Thème (06-05-1562)

Chronique
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Aïlinel
Kohrienne, Naturaliste, Maîtresse de cérémonie , Agent contre la nécromancie
Empire de Kohr

le Dolink 19 Dilannel du 1562ème cycle à 20h52

HRP : avec plaisir !!

Elysabeth rendit Aïlinel réellement songeuse. Généralement, la nis était la plus subtile, dans un environnement humain. Mais avec son amie, les rôles semblaient inversés... Même les pensées de l'humaine étaient si lumineuses que les quelques nuages qui avaient assombri ses propres pensées étaient maintenant totalement dissipés.

C'est magnifique, sourit l'elfe. Je n'arrive même pas à penser comment ce doit être, d'être mère... autant de fois, si vite. Je comprends tout à fait ton attitude ! Pour dire vrai, ce sont plutôt les attitudes humaines contraires, que je ne comprends pas. Je vois constamment des humains qui gâchent plus de la moitié de leur vie à des tâches futiles. Comment peut-on savoir qu'on vit quelques battements d'aile, et oublier de s'immerger dans l'essentiel ?

Un léger rire sortit de sa gorge.

Mais tu as toujours été une elfe dans le coeur !

...Encore que non. C'est plus que ça. Mais à quoi te comparer ?


Elle plongea son regard dans l'azur de ses yeux. Elle devait baisser un peu la tête, Elysabeth étant un peu petite... Du reste, sa petite taille allait extrêmement bien avec son tempérament discret et sa douceur.

Même si je sais que c'est important pour toi, je te suis reconnaissante de ne pas trop t'isoler. L'Empire me semble toujours un peu vide, quand tu n'es pas là...

Ces derniers temps, j'ai rendu honneur à la chaire de Naturaliste. Et quel plaisir pour moi de me rappeler que c'est toi qui me l'a donnée ! Le seul problème, c'est que ça pourrait m'isoler aussi. Quand je suis dans la campagne kohrienne à rechercher des plantes, j'aurais tendance à oublier le reste.


La nis lui fit un radieux sourire :

Dans ces cas-là, je parle aux arbres ! Mais je préfère te parler à toi !

Elle ferma les yeux un instants, puis :

Pour en revenir à ce que tu disais, je suis bien d'accord avec toi. Certains sentiments nous murmurent ainsi cette certitude d'immortalité...


Elle lui prit les mains et soupira profondément. Referma les yeux encore, en serrant toujours ses mains dans les siennes...


Tu es un rêve dans le Rêve
, sourit-elle en rouvrant doucement les yeux.
*** ***
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Elysabeth Delyra
Chambellan de Delnam, Baronne, Mère supérieure, Conseillère de la Faculté
Empire de Kohr

le Joriol 2 Rastel du 1563ème cycle à 20h32

Elysabeth sourit avec toute la force de l'amitié qu'elle ressentait pour la nis. Qu'il était simple de se lier ainsi. La douceur d'Aïlinel n'avait d'égal en ce monde.
Bien sûr, sa mémoire lui faisait peut-être défaut, après tant de cycles, mais elle savourait la sensation.

Elle ne chercha pas à retirer ses mains.


N'as-tu donc aucune élève pour t'accompagner ? La faculté semble si vide et je doute être la meilleure pour lui rendre sa vitalité.

Elle ferma les yeux à son tour.

Un rêve oui. Peut-être suis-je ça. Ton rêve mais aussi un rêve qui passe et ne dérange que quelques papiers.

Elle soupira et rouvrit les yeux.

Mais qu'importe, joue pour moi, Aïlinel.
Thème (06-05-1562)

Chronique
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Aïlinel
Kohrienne, Naturaliste, Maîtresse de cérémonie , Agent contre la nécromancie
Empire de Kohr

le Dolink 5 Rastel du 1563ème cycle à 10h06

HRP: Si ça te va, je propose un saut spatio-temporel dans l'Empire actuel pour pouvoir évoquer plus librement le jeu plus récent de nos personnages (donc, on passe de "comme si c'était avant la mort de Hame" à "la mort de Hame est tellement ancienne qu'on n'a plus du tout à en parler" :)


Les mains de la nis passèrent d'Elysabeth à la harpe dans un geste harmonieux. La mélodie reprit mais, contrairement au début, elle semblait raconter une histoire.

Le lac bouillonna soudain et de majestueuses formes liquides en sortirent, parfaitement accordées à la musique. Il s'agissait d'une sorte d'ode à la vie, où les elfes, les hommes et les animaux mêlaient leurs aventures avec tous leurs enfants et petits - puis les petits devenaient grands et cela recommençait, mais les animaux devenaient des hommes, les hommes devenaient des elfes, et les elfes devenaient des arbres.

Aïlinel arrêta doucement de jouer et revint étreindre brièvement son amie, avant de se reculer les mains dans le dos avec un sourire mi heureux, mi contrit.


Je te demande pardon, mais veux-tu savoir pourquoi je me comporte ainsi avec toi ? Je veux dire, je ne fais pas partie de tes enfants, et je ne suis ni ta mère ni même ton mari, alors pourquoi pas une distance amicale normale comme cela se fait dans les relations humaines ?

Elle pencha légèrement la tête. Il était impossible de décider si son regard brillant exprimait la joie ou bien la nostalgie, car il semblait y avoir les deux en même temps.

C'est parce que ta douceur me semble toujours dissimuler quelque chose de la mélancolie. Tu m'as apporté beaucoup depuis les premiers instants de ma vie kohrienne, je te dois beaucoup de mes joies, peut-être même mon aventure dans l'Empire, car serais-je ici si tu n'avais pas été là pour moi à l'époque ? Mais...

... Mais voilà, j'ai toujours pensé que ta joie est cachée derrière des brumes. Et tu es tellement touchante. J'ai toujours envie de te prendre les mains, de te prendre dans les bras tout court, en espérant que cette chaleur dissipera ces nuages. Mais ça ne marche jamais. Ou pas assez, en tous cas. Et tu dois te dire que je suis une personne étouffante, alors que ce n'est pas du tout mon tempérament.


Elle s'assit en tailleurs face à elle, abordant un autre sujet pour ajouter de la légèreté dans l'air.

Non, pas d'élèves ! Je ne donne que quelques cours de toute façon, l'essentiel de mon temps de Naturaliste est avec les plantes. Je n'apporte plus grand chose à la Faculté sans doute, mais ces derniers temps, j'ai effectivement été accompagnée d'une jeune fille. Flamboyante et sensible à la fois. Une artiste... Je pense avoir été pour elle ce que tu as été pour moi quand je suis arrivée moi-même, miséreuse, dans l'Empire. C'est joli, n'est-ce pas ?
*** ***
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Elysabeth Delyra
Chambellan de Delnam, Baronne, Mère supérieure, Conseillère de la Faculté
Empire de Kohr

le Dolink 5 Rastel du 1563ème cycle à 20h05

HRP : ça me va ^^

La musique l'emporta et elle se laissa porter par l'histoire qui lui était contée. Ses yeux suivirent les figures d'eau avec un plaisir qui se traduisit par un léger sourire. Il naquit sur son visage avec innocence et la baronne, portée par l'ensemble, ne devait guère se rendre compte de sa présence.

Les messages d'espoir étaient toujours plus merveilleux quand la magie des rêves venaient les sublimer.

Bientôt, la musique s'arrêta et Elysabeth fut dans les bras de la nis. À peine eut-elle le temps de rendre l'étreinte que déjà Aïlinel s'était reculée. Cette dernière la contemplait avec un visage où le bonheur et l'excuse se disputaient. L'humaine enroula une mèche de cheveux autour de ses doigts pour dissimuler sa gêne.

Et son amie parla.

Elysabeth se rendit compte que les cheveux qu'elle enroulait était trop blonds pour être les siens.
C'était les cheveux de son amie. Elles étaient toujours assez proches pour que l'humaine eut saisit une mèche blonde par erreur.
Elle ne la lâcha pas pour autant.

Puis Aïlinel s'assit et ses cheveux échapèrent à Elysabeth. Elle haussa les épaules et vint la rejoindre au sol.


Je trouve ça, en effet, beau de voir l'évolution des relations entre les êtres. Comme une rencontre peut en influencer une autre, puis une autre. Je suis heureuse que tu ne sois pas seule et que tu trouves à t'occuper.

Répondre à la dernière question était très pratique pour réfléchir au long discours de la nis. Son regard songeur traduisait cette réflexion.

Qu'est-ce qu'une amitié normale ? Qu'est-ce que la famille ?
Dallia nous apprend que la famille est celle que l'on choisit de construire et que l'on garde près de son cœur. Le sang est un lien, mais il ne suffit pas comme définition.
Je n'ai jamais ressenti de gène à ce que tu ais ce comportement avec moi. Est-il intime ? Oui, je ne l'accepterais pas de tous. Mais, pour moi, il est la marque de notre amitié et du lien qui nous unit.


Elysabeth soupira de nouveau, les yeux baissés vers le sol, et son sourire se fit amère.

Je suis une personne cynique, qui gueule, manipule, cherche à servir son empire du mieux qu'elle le peut. Je suis loin d'être parfaite et, pour beaucoup, je ne suis même pas ce qu'on appelle une bonne personne. Mon but a toujours été le même : que mon empire perdure et que ma famille soit protégée. J'aime deux hommes, l'un est devenu mon mari, l'autre est mort en servant ce même empire. Avant eux, j'ai aimé d'autres personnes. Après eux, continuerai-je à aimer. C'est ainsi que mon cœur est fait.

Son regard croisa de nouveau celui d'Aïlinel et il s'emplit de douceur.

Tu as été ma bouffée d'air frais dans un monde qui exige que je sois dure et que je contrôle mon environnement d'une main de fer. Tu m'as permis d'exprimer de la douceur, dans une relation pure, dénuer de passion. Tu es mon repos.

Elle marqua une pause et ses yeux se tournèrent vers le lac où plusieurs Elysabeth d'eau circulaient plus ou moins aléatoirement.

Je ne dirais pas que je suis pas l'Elysabeth que les autres connaissent. Je suis Elysabeth l'ancienne légionnaire, Elysabeth la diplomate, Elysabeth la femme, Elysabeth l'amante, Elysabeth la mère, Elysabeth la baronne, Elysabeth l'érudite. Et d'autres encore... Je suis chacune de ses Elysabeth. Mais elles ne peuvent être innocente.

Elle attrapa la main d'Aïlinel.

J'ai cessé d'être innocente à quinze cycles. Grâce à toi, je peux toucher du doigt ce que j'ai perdu à l'époque. Ne te soucis donc pas de changer ton attitude envers moi et continue sans te soucier du monde. Tu me fais du bien et c'est moi qui ait une dette envers toi depuis plusieurs cycles désormais.
Thème (06-05-1562)

Chronique
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Aïlinel
Kohrienne, Naturaliste, Maîtresse de cérémonie , Agent contre la nécromancie
Empire de Kohr

le Lüdik 6 Rastel du 1563ème cycle à 15h27

Les yeux grand ouvert, comme si les mots d'Elysabeth rentraient en elle à la fois par les oreilles et par le regard, la nis écouta son amie. Elle était émue. Baissant légèrement la tête, elle parut presque désemparée l'espace d'un instant, mais se ressaisit très vite en serrant la main qu''Elysabeth avait remise dans la sienne.

C'est définitif, sourit-elle, l'âge ne représente pas grand chose. Regarde-nous : je suis plus vieille que toi, et pourtant tu es plus sage.

Son sourire devint un peu amer :
Il faut avouer que l'influence des hommes est difficile à gérer pour une elfe. Tu ne parles pas comme eux et tu me rappelles les choses qui étaient pour moi essentielles dans la Grande Forêt. Le mot "normal" est peu usité là-bas... Mais si tu regardes les hommes, dans l'Empire, c'est bien loin de tes paroles si vraies. Tout est si figé... Mais après tout, c'est plutôt cela qui est anormal. Je crois que je voulais plutôt dire : "que ce qui se fait d'habitude, chez les humains".

Mais je suis bête d'oublier que tu penses si vrai.


Cette fois-ci, la main d'Elysabeth se retrouva prise en otage entre les deux mains de la nis, lesquelles ne semblaient plus envisager sa libération.


En tous cas, je te fais confiance pour ne pas hésiter à me dire si je deviens étouffante quand même !


Elle dévisagea un moment sa figure délicate. Il y avait beaucoup de force derrière ce beau visage. Nombreux devaient avoir été ceux à regretter un jugement trop hâtif...

Je ne pense pas que je vois une seule Elysabeth, juste une amie douce et sensible, sage et bienveillante. Je sais que tu as porté l'armure. Je sais que si on s'attaquait à ceux que tu aimes, tu pourrais te transformer en guerrière redoutable. Je sais que tu es une diplomate éprouvée. Une noble. Une humaine cultivée dont la connaissance se mêle heureusement à la sagesse. Une Dallite qui incarne ces idéaux tellement précieux que Dallia nous montre ! Mais je n'aime pas seulement la partie de toi pure et parfaite, belle et lumineuse, je t'aime en tant que personne, en tant qu'amie, en tant que famille selon la vision de Dallia. C'est à dire toutes les Elysabeth, peu importe ce que tu penses de certaines parties de toi...

Quand à l'innocence...


Sa pression sur sa main se fit beaucoup plus légère, et elle la lui caressa doucement.


Lorsqu'on est tristes d'avoir perdu son innocence, on ne se rend souvent pas compte que ce sont nos larmes qui nous empêchent de continuer à la voir. Qu'est-ce qu'une relation normale, me demandais-tu. Moi je te demande : qu'est-ce que l'innocence ? Est-ce que Dallia ne nous apprendrait-elle pas que c'est la force du coeur, que c'est la lumière du coeur, que rien ne peut atteindre ? Ce qui fait mal... Ce qui fait le plus mal, le plus profondément, dans notre coeur, c'est aussi ce qui nous fait grandir. Et alors, la vie nous rend responsable de certaines personnes, notre coeur nous conduit à les aimer, à la protéger, mais comment le faire si on n'a pas grandi ? Un enfant doit-il prendre soin d'un autre enfant ? Tu as perdu quelque chose, tu n'es plus celle que tu étais avant quinze ans, mais ne te rends-tu pas compte de celle que tu es ?

Puis, dans un léger éclat de rire :

Cela ne m'étonne pas que tu aies aimé deux personnes en même temps ! Ce mariage humain, quelle fixité... Le vestale elfique est tellement plus sensé ! Je n'ai jamais compris comment on pouvait penser qu'aimer une seule personne était plus convenable qu'en aimer plusieurs. ça dépend des coeurs, pardi ! Un petit coeur ne peut qu'aimer une personne à la fois, sans doute. Un grand coeur comme le tien, par contre !

Elle la regarda dans les yeux, ajoutant : Quand on aime véritablement quelqu'un, l'amour qu'on lui porte revient décuplé dans notre coeur. Tu me fais du bien, et moi aussi, et on ne s'en rendrait même pas compte. Je pense que j'ai une dette envers toi, et toi aussi ! C'est amusant, n'est-ce pas ? On est deux miroirs, et on se dit : "oh, merci de me refléter ! Je te dois beaucoup !" Mais en fait, on oublie qu'on reflète l'autre aussi !
*** ***

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