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Les Chroniques de Ghèlaer Sancho
Chapitre 17 : [BG]Le fruit de nos entrailles est maudit
Ecrit le Mirion 26 Filandor du 1557ème cycle.
Le fruit de nos entrailles est maudit.

Sa naissance avait été planifiée depuis près de 200 cycles auparavant. Une petite communauté secrète, exilée des Landes du Nord, s’était réfugiée sur une parcelle de terre isolée dans le but de vivre pour une seule raison :
Faire venir en Ideo l’enfant du Chaos.

Issu d’un culte non reconnu sectaire, un frère et une sœur extrémistes prirent les paroles de leur religion et l’interprétèrent à leur manière…

Après plusieurs nuits blanches et nombre de repas négligés, le frère et la sœur vinrent à finaliser ce qui pouvait l’être. Textes écrits, individus contactés et rassemblés. Il ne restait plus qu’à mettre en œuvre leur plan. Tout était prévu à l’avance, minutieusement calculé.

De l’Ordre naitrait le Désordre.

Ce petit culte était composé de trois groupes. Le premier étant constitué de frères et sœurs tandis que le second intégrait différents individus choisis pour leur beauté et leur charisme naturel. Le dernier rassemblait ceux qui croyaient au projet, qui mettraient tout en œuvre pour en faire un franc succès. Des Gardiens.
Ainsi regroupés, les membres du culte commencèrent l’Ordre.

Les frères et sœurs avaient une mission particulière; enfanter suffisamment d’humains consanguins pour que ceux-ci puissent, à leur tour, en engendrer d’autres.
Les individus dotés de la prestance digne des Elfes s’occupaient à copuler, eux aussi, avec les membres les plus parfaits physiquement d’Ideo pour obtenir des enfants d’une beauté inégalée.

Le dernier groupe s’assurait que le culte survive; que les gens sélectionnés pour leur beauté joignent leur groupe, sinon, d’organiser leur rapt pour les violer. Hommes ou femmes.


Le culte avait des règles strictes. Les consanguins ne devaient et pouvaient s’accoupler qu’entre eux et les individus au corps pur ne devaient jamais entrer en contact physique avec consanguins.

Pendant près de 200 cycles cet ordre fut respecté. Il y eut beaucoup d’enfants mort-nés, beaucoup de viols furent commis, quelques trahisons vinrent compliquer le tout mais le clan parvint à survivre aux chasses à l’homme et des autres fanatiques.

Tout faisait parti d’un plan à la fois précis et imprécis. Tout, absolument tout. Même cette fois où, près de 200 cycles après les premières naissances des enfants du Culte, l’Ordre fut perturbé. L’infraction aux règles avait été prédite mais surtout, nécessaire.

Un jour quelconque, un membre de la secte, homme à la prestance hors du commun, fils de générations contrôlées, fit le constat du ridicule profond et le non-sens de la communauté; de sa communauté. Des horreurs naissaient encore, issus de génération consanguines centenaires et la mentalité aliénée du groupe ne laisserait rien ni personne changer. Il était l’esclave physique d’un dogme qu’il ne partageait pas. Rien ne lui aurait permis de s’enfuir; le troisième groupe veillait à conserver et utiliser les membres reproducteurs. Au fil du temps, ceux-ci avaient développé des techniques et un réseau social rendant impensable la fuite ou l’exil.


L’homme n’avait qu’une seule option autre que le suicide. Mettre un terme à cette mascarade en tuant les hommes et femmes issus de générations contrôlées.


Et il s’exécuta. Il n’était ni guerrier, ni prêtre, ni mage. Il n’avait qu’un coutelas et beaucoup de chance. Trop de chance. Gorges tranchées, estomacs évicérés et cœurs percés. Il tua sans s’arrêter. Pratiquement tous les membres du clan furent assassinés. Mais sa chance eut une fin. Quelques fanatiques vinrent à le maintenir en place le temps de répondre à la situation d’urgence; faire le décompte dans chaque division et sauver l’Ordre qui prenait des odeurs de Désordre.
Il ne restait plus personne autre que les membres Gardiens, sauf une femme, laide, fille-sœur de ses propres parents et ancêtres. Elle fut emmenée près de l’homme meurtrier alors qu’elle arrivait à peine à rester consciente sous l’effet de ses blessures. Mais, malgré tout ceci, chacun savait ce qui devait se produire.

L’angoisse et la détresse envahit le bel homme, couvert de sang et de sueur. L’hideuse femelle restait là, devant lui, au sol, et pris soin de baisser les couvertures qui lui faisaient office de vêtements.

Paniqué, le meurtrier tentait de se débattre pour s’échapper de leur entrave. En vain…

Un gardien utilisa un couteau pour déchirer le pantalon de l’homme, libérant son sexe.

Aucun homme ne pouvait éprouver une attirance pour une telle chose, mais le Clan avait développé ses propres techniques pour soutirer ce dont ils avaient besoin. Ainsi, ils commencèrent à stimuler de force le corps de l’homme qui, dans une détresse ultime, vint à libérer un de ses bras en faisant culbuter celui qui le maintenant.

Chance ou malchance, peu importait. Il avait une opportunité de mettre un terme à ceci. Le couteau utilisé pour le dévêtir était à sa portée de main. Jamais il ne pourrait réaliser à nouveau son exploit d’homicide. Et alors, il leva le couteau dans les airs et vint charcuter son scrotum. Un coup, puis un deuxième qui lui arracha un cri de douleur et le plongea dans l’inconscience.
Il était désormais immobile, l’entrejambe sanguinolent, et les protecteurs de l’Ordre revinrent s’occuper de lui afin d’obtenir ce qu’ils avaient à la base désiré, stimulant à la fois son membre couvert de sang et sa prostate. Vint alors le liquide convoité, poisseux mélange d’hémoglobine et de semence humaine.

L’homme qui avait recueilli le fluide dans sa main s’approchait alors de la dernière descendante fille-sœur. La femme laide était toujours allongée au sol, impuissante physiquement, mais luttant intérieurement pour survivre et enfanter. Être la porteuse de l’Enfant du Chaos.

On vint alors lui enfoncer un poing fermé dans ses entrailles pour ensuite en ressortir une main ouverte, vidée, mais toujours couverte de sang, encore plus qu’auparavant d’ailleurs.


Du clan de l’Ordre ne restait plus que des Gardiens et une femme, enceinte, qui accoucha d’un enfant qui ne pleura pas. La première chose qu’il fit en venant au monde fut de tuer sa mère en emportant sa vie de par sa naissance. Et les Gardiens ne purent résister. L’enfant était horrible, bien pire que tout ces enfants consanguins, à un point tel qu’ils vomirent de dégoût à la vision d’un tel être, hideux, recouvert de sang.

Le plan de l’Ordre était arrivé à terme. L’Enfant du Chaos était là, sur Ideo.

Pendant leur marche dans le désert en direction de la Confédération Arténienne, les Gardiens, satisfaits, vécurent une expérience hors du commun, inattendue. Alors qu’un membre laissait la trace de la prophétie du dogme bicentenaire sur le sol à l’aide d’un bâton, l’enfant reposant sous une toile tendue vint s’interposer.

Au sol était inscrit ceci : Le chaos règnera. Et l’enfant-créature s’approcha des lettres gravées dans le sable, pointant dans un ordre insensé une lettre, puis une autre.

Tous froncèrent les sourcils en voyant le produit de l’horreur s’exécuter. Il venait de réorganiser les lettres. Il venait à la fois de se baptiser et de confirmer qu’il était bien le fruit des efforts du Clan. L’Enfant du Chaos. L’homme au bâton réinscrivit unes à unes les lettres pointées pour ainsi former d’autres mots.

G-H-È-L-A-E-R S-A-N-C-H-O

Quelques lettres furent ignorées et une autre utilisée plus d’une fois. Les gardiens sourirent en constatant ceci. C’était la preuve qu’il respectait les lois du Chaos. L’irrespect des règles pour les respecter. L’Ordre du Désordre.

Quelques années passèrent et les Gardiens veillaient à s’assurer que l’enfant puisse survivre, le temps qu’il engendre le Désordre. Ils vinrent donc s’installer à Émédésia, dans des recoins mal famés de la Vieille Ville.
Ils observaient l’enfant jouer, tantôt avec une bande de voyous, tantôt avec quelques Chiméristes. Tout allait bien
.
Les derniers gardiens restant moururent, le sourire aux lèvres lorsqu’on nomma le fils prodige Archimage.

Il mènerait une nation au Chaos.

Ce qu’il fit avec brio, trahissant confrères et citoyens, vendant informations et matériaux précieux. À ce jour, jamais la Confédération Arténienne n’avait été si près du gouffre.


Il avait mené l’Arténie au Désordre.

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