Il s'agit d'un ensemble de textes historiques qui retracent l'évolution des mœurs à travers l'histoire du peuple de Keldar concernant les relations familiales, le mariage, etc.
Évolution du rapport des Keldariens à la sexualité, de l’an 0 à aujourd’hui.
Extrait du Codex de Justice - Cycle 734
Article 4-1 : Les relations incestueuses sont un crime grave au yeux du Dogme et de la Moralité.
Est considérée comme incestueuse tout relation d'ordre charnel impliquant plusieurs membres d'une même famille liés par le sang.
Article 4-2 : Le viol est un crime capital aux yeux de la Loi, et constitue en même temps une agression
Est considéré comme viol le fait d'imposer, par coercition physique, magique ou morale, une relation charnelle à un tiers non consentant.
Article 4-3 : L'adultère est une insulte au sacrement de l'union devant Keldar et constitue une négation du caractère sacré de cette union, c'est donc un crime capital.
Est considérée comme adultérine toute relation charnelle entre deux individus de sexe opposé ou identique dont au moins l'un est uni à un autre homme ou une autre femme devant Keldar.
Article 4-4 : La prostitution, de par sa nature subversive, est un commerce interdit et fortement réprimé. Est considéré comme prostitution le fait de monnayer ses charmes contre une rémunération matérielle ou des faveurs. Le client et le tiers faisant commerce de ses charmes encourent la même peine car encourager un commerce illicite revient à le pratiquer.
Article 4-5 : Les relations charnelles entre deux individus dont l’union n’a pas été bénie par Keldar sont prohibées. De telles relations sont l’expression de désirs impurs, que les Fidèles ne sauraient laisser dominer leur comportement.
Article 4-6 : Prévenir la naissance d’un enfant de Keldar est un crime. Le Juste décide s’il donne la vie, le Fidèle doit se plier à Sa volonté. Il est donc interdit de mettre volontairement un terme à une grossesse mais également de chercher à s’en prémunir par avance, quelle que soit la méthode employée.
Extrait du traité : la Justice des Mœurs de Kimarl à Dalriel, rédigé en 1235 par l’Inquisiteur Fenil Umbra.
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Ainsi le contrôle par l’Inquisition des pratiques sexuelles déviantes de la population, mis en place comme nous l’avons démontré dès les premiers temps du Royaume, fût-il pendant le règne de Jolarial IV dévoyé par une application extrême des principes jusque-là acceptés de tous.
Des fautes qui auraient été punies légèrement au premier siècle, pour ramener l’Ithorien sur le droit chemin et lui faire comprendre son erreur, étaient régulièrement punies de mort.
Cette chape de plomb qui pesait sur toute la société faisait perdre tout sens à ces interdits, car les campagnes étaient emplies de fidèles qui auraient pu encourir une peine exemplaire si l’on s’était penché sur leur cas.
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Après l’établissement de la lignée de Dalriel, on retrouve très rapidement dans les Archives de l’Inquisition des peines plus conformes à ce qu’elles étaient au début de l’histoire du Royaume, les articles 4-5 et 4-6 en particulier sont de moins en moins sévèrement réprimés. Les peines prononcées sont le plus souvent des pénitences, qui se reposent sur l’Ordre Ecclésiastique pour ramener les auteurs des faits jugés dans le droit chemin.
Extraits du discours du Cardinal Enguerrand de Fermond en 1262 dit “Contre la luxure”
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Ainsi la vie de Lernel D’Aufaran nous enseigne-t-elle que le Fidèle du Juste doit avant toute chose faire passer le dévouement au Juste et au Royaume avant tout autre chose. Et pour atteindre ce dévouement, il faut se détacher des plaisirs trompeurs et impurs qui détourne l’Homme et la Femme de la lumière du Juste.
Heureux est l’abstinent qui ressent plus fort l’Amour de Keldar. Béni est celui qui refuse de succomber à ses désirs pour rester sur le Chemin de la pureté. Mais justes aussi sont les époux qui accomplissent leur devoir conjugal et élèvent leurs enfants légitimes sous Son regard.
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Mais le chemin est ardu, la route est longue et la chair est faible. Nombreux sont ceux qui succomberont un jour à son appel. Il ne vous appartient pas de leur jeter la pierre, mais de les aider à trouver la force de renoncer à ces satisfactions de leurs bas instincts et de retrouver la simplicité de l’Amour de Keldar. Père, Mère, Amis, Amants ! Tous, incitez ceux qui s’égarent à se confesser et à parler à un Chapelain plutôt que de vouloir punir et châtier.
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Keldar aime ses enfants et Ses enfants peuvent s’aimer mais jamais en se détournant de Sa Lumière.
Décret de l’an 1317, signé de la main du Prêtre-Roy Thadel IV
Par les pouvoirs conférés par le Rédempteur, Nous Thadel IV, Élu de Keldar, déclarons que les articles 4-5 et 4-6 du Codex de Justice sont abolis. Nous maintenons l’interdiction du meurtre d’un enfant du Juste, quel que soit son âge, par l’article 2-3 du Codex.
Nous confions désormais ces sujets à l’Ordre Ecclésiastique. Charge lui est donné de guider Ses enfants dans la Lumière du Juste face à la tentation.
Note d'un agent des services de renseignement Kohrien infiltré en Ithoria datée de 1317
Nous estimons que la fin de l’interdiction légale des relations sexuelles hors mariage a pour objectif de favoriser la naissance d’enfants et d’ainsi alimenter à terme les armées du Royaume en chair à canon.
La libéralisation qui l’a accompagné concernant les relations entre hommes, les relations entre femmes et les mesures de contraception peuvent sembler contrevenir à cet objectif, mais en réalité les prêtres encouragent les couples à confier leurs enfants aux nombreux orphelinats financés par le temple s’ils ne peuvent s’en occuper et leur contrôle sur la population est tel que les paysans se reproduisent sans retenue. Par ailleurs, il n’est pas rare que les enfants abandonnés soient confiés aux couples qui ne peuvent en avoir par des moyens naturels, tant qu’ils les élèvent selon les vœux du clergé.
Ainsi, le clergé garde la mainmise sur la vie des Ithoriens, la noblesse peut continuer à nourrir ses velléités guerrières tout en ne diluant pas ses héritages dans des lignées trop nombreuses, et le peuple a l’impression d’être plus libre.
Extrait du manuel de formation des Prieurs de l’Ordre Ecclesiastique Ithorien, édition de 1505
Dans vos fonctions de Prêtre, vous serez amené à aider les Fidèles à faire les bons choix dans leur relations amoureuses et familiales. Il vous appartiendra de leur permettre d’appliquer les préceptes du Dogme, parmi lesquels la Liberté et le Libre Arbitre sont essentiels.
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Ainsi, si longtemps les relations hors mariages furent interdites et si elles sont encore souvent mal vues dans les campagnes les plus reculées, elles peuvent être bénéfiques à la communauté. En effet, lorsque deux Keldariens font vœu devant le Juste de s’unir, c’est un serment qu’ils ne pourront briser. Et l’on connaît trop d’exemples dans l’histoire de mariages malheureux entre deux Fidèles qui n’avaient pas assez pesé le poids de cet engagement.
Donc si deux Ithoriens nouent une relation, ce peut être une bonne chose pour leur permettre de se découvrir et de pouvoir ensemble faire le choix éclairé de lier leurs destinées. Bien entendu, si votre congrégation accueille un Keldarien qui vole de rencontre en rencontre et multiplie les relations charnelles, il vous faudra le ramener à la raison et lui faire comprendre que de tels plaisirs le détournent de Keldar. (On peut par exemple citer Saint D’Aufaran, évoquer les vœux des Paladins ou comparer son comportement aux déviations Délémites).
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Si un enfant naît hors des liens bénis du mariage, que ce soit par veuvage ou célibat, cet enfant doit être intégré à la communauté des Fidèles comme les autres enfants. En aucun cas la mère ne doit être forcée à se marier, son libre arbitre doit être respecté selon la volonté du Juste.
Sa situation sera bien difficile, pour assurer seule la marche de son foyer, et elle aura besoin du soutien de vos ouailles. Agissez en ce sens pour que les enfants du Juste ne manquent de rien.
Si le parent élevant seul ses enfants se marie, la charge de parenté s'impose à l'épousé. Si les enfants n'ont pas déjà été reconnus par un père, ils deviennent devant Keldar et la communauté les enfants légitimes de l'épousé. Dans le cas contraire, ils gardent les liens de filiation déjà reconnus. Assurez-vous que ces responsabilités soient bien claires et comprises avant de nouer un tel mariage.
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Vous pourrez être amenés à guider des hommes ou des femmes qui éprouvent une attirance pour les personnes du même sexe. Ces relations ne sauraient être bénies par le Juste, car elles ne peuvent donner naissance à de nouveaux fidèles et perpétuer le Royaume. Pour autant, comme le dit le Dogme, Keldar laisse ses enfants libres et ne les contraint pas. Ces fidèles n’ont pas renié leur foi parce qu’ils n’éprouvent pas les mêmes sentiments que la majorité et ils mentiraient et bafoueraient leur être profond en se forçant à vivre une relation traditionnelle. Plus coupable encore serait celui qui prononcerait un voeu de mariage en dépit de ses aspirations réelles. Nous devons donc les encourager à vivre tels que les autres fidèles dans la communauté. Les couples unis et solides peuvent se voir confier des enfants s’ils le souhaitent car un enfant grandit mieux dans un foyer Keldarien aimant que dans nos orphelinats. Il vous appartiendra de décider de l’opportunité de telles adoptions, en tant que confesseur des concernés et berger de votre troupeau.
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On ne faute pas par la pensée ou le rêve. Seuls les actes sont le reflet du libre arbitre d’un être pensant et c’est sur les actes d’abord que Keldar nous juge. Si un de vos fidèles vient à vous pour confesser des pensées impures, contraires à nos enseignements, il vous faudra le renforcer dans sa résolution à ne pas passer à l’acte. Tant qu’il résiste à la tentation, il est dans la Lumière. Les exemples de droiture ne manquent pas pour lui donner des modèles à suivre.
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Mais si un ou une de vos Fidèles confesse avoir commis des actes d’inceste, avoir contraint quelqu’un à des actes sexuelles contre son consentement, avoir commis des actes de bestialité, avoir eu recours ou pratiqué la prostitution, avoir demandé ou pratiqué le meurtre d’un enfant à naître ou d’un nouveau né, avoir commis l’adultère, alors il vous faut condamner son acte et seule l’Inquisition pourra juger de la sentence qui s’impose. Il appartient au confessé de se dénoncer à l'Inquisition pour assumer sa faute. S'il ne le fait pas, vous êtes dans l'obligation de le faire pour lui, comme pour tout crime avoué en confession.
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